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Musique

Benjamin BIOLAY, le dandy chanteur


Par Jone - le 12 Mars 2010 à 10:38

Mercredi dernier, le CHABADA, antre de la « musique actuelle » à Angers, accueillait l’un des meilleurs chanteurs à texte de la scène française, récemment auréolé de deux Victoires de la Musique. L'artiste en tournée hexagonale, présentait son dernier album « la superbe » . Benjamin Biolay n’a laissé personne indiffèrent.




Benjamin BIOLAY, le dandy chanteur
Force est de constater que la chanson française a trouvé en Benjamin Biolay, l’un de ses plus dignes représentants. Chanteur et compositeur, il se distingue dans un univers qui parfois déstabilise les mélomanes les plus exigeants…

Benjamin Biolay ne laisse personne indifférent, on l’adore ou on le déteste, c’est selon. D’ailleurs les critiques s’en sont donnés à cœur joie pour la sortie de ses 4 précédents albums. Aujourd’hui, il est encensé par cette même critique. Sacré meilleur interprète masculin lors des dernières Victoires de la Musique, il emporte en sus le prix du meilleur album de l’année avec « la superbe », un double opus avec quelques 23 chansons rien que ça…, c’est à dire 100 minutes de musique.

Les spécialistes disent que cet album est « classe », on y retrouve des influences de Gainsbourg et Bashung, avec un soupçon de Miossec, pour la couleur. Le moins que l'on puisse dire c'est que cet album ne respire pas la joie de vivre. Les textes évoquent, pour la plupart, des histoires d’amour, presque toutes douloureuses, avec des ruptures et un certain mal être ambiant. Ils relatent des situations vécues par bon nombre d’entre nous… Est-ce là, la cause d’une certaine appropriation et d’un certain engouement pour cet album ?

Benjamin BIOLAY, le dandy chanteur
Après son double succès aux Victoires de la Musique 2010 on aurait pu croire Benjamin Biolay, plus hautin, faisant des caprices de star. Rien de cela, le concert était prévu à 21h, l’artiste auteur compositeur entre en scène pile à l’heure. Il salue le public et déroule ses chansons.

Comme sur l’album, on retrouve un ensemble d’arrangement de cordes avec une superbe harpe, de guitare, piano, clavier, basse, batterie et même un Benjamin Biolay à la trompette.

Les textes sont bien là, avec une certaine profondeur et une recherche du mot juste. L’artiste qui maîtrise parfaitement ses mélodies ne doit pas regretter les années passées au Conservatoire. Celles-ci lui ont permis d’acquérir les bases, désormais il donne libre cours à ses envies. L’interprétation va de la ballade avec un Benjamin qui feinte l’émotion, à des titres plus accrocheurs, voire même un peu rock. Petite surprise, le public a eu droit à une reprise du groupe GORILLAS avec un « Clint Eastwood » plutôt réussi.

Le concert était sincère et entier. L’artiste commençait à être timidement en osmose avec le public, sur la fin de son set, après trois rappels… Il était temps.

Sur la fin, le public a pu sentir un Biolay beaucoup plus détendu. Le Benjamin, son « truc » c’est le studio, pour lui qui semble un brin introverti, la scène ce n’est pas son milieu naturel. Il semble sur la réserve, en retrait. Il ne sait jamais où se situer et reste en majorité au centre de la scène. On aurait presque de la sympathie, de la tendresse, pour un chanteur qui fait au mieux pour s’assurer une présence sur scène.

Seul bémol pour cette soirée et une question, qui faisait la balance, l’étalonnage, le mixage du son ? Nous n’avons pas eu le meilleur son de l’année… et une voix un peu sourde, granuleuse… dommage. Cela reste un détail, qui a certes son importance, mais qui fort heureusement n’a rien enlevé au franc succès de la prestation de l’artiste. Benjamin Biolay, a ravi bon nombre des spectateurs et remis à leur place ceux qui doutaient encore de ses talents.


Jone


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