Benoît Cailliau : « Il ne faut pas oublier les raisons d’être de cette réforme ! »

Dossier : La révolution territoriale est en marche 6/6


Rédigé par - Angers, le 14/02/2015 - 09:00 / modifié le 15/02/2015 - 20:17


Voilà bientôt 10 ans que le Conseil économique, social et environnemental des Pays de la Loire (Ceser) travaille sur la question de réforme territoriale. Son président, Benoît Cailliau, nous livre son impression sur l’actualité de cette réforme.



Benoît Cailliau est le président du Ceser des Pays de la Loire.
Benoît Cailliau est le président du Ceser des Pays de la Loire.
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Des objectifs, quels objectifs ? « La réforme territoriale est en train de s’accélérer dans sa forme définitive, mais on est toujours au milieu du gué. Sur la loi NOTRe, on tricote un jour et on détricote le lendemain… en perdant souvent de vue la raison d’être de cette réforme, alors qu’il ne faut pas lâcher les objectifs que l’on se donne. Le premier, c’est la lisibilité pour les citoyens : qui fait quoi ? ; le deuxième, c’est la simplification des mille-feuilles, et le troisième, c’est l’économie de moyens. Il ne faut pas perdre ce cadre de vue pour servir des intérêts particuliers. »
 
La région, un acte manqué ? « Notre conviction, c’est l’évidence du rapprochement des Pays de la Loire avec la Bretagne. Nous avons analysé près de 700 coopérations existantes : il y a une fraternité forte et un intérêt réel à avoir une stratégie commune. Je pense qu’en ne fusionnant pas, c’est 10 ou 15 ans de perdus. Ceci dit, je crois, dans les mois et années à venir, à de nouvelles coopérations avec la Bretagne et à son accélération. Mais je crois aussi à une concurrence cachée entre les deux régions : le jour où ça va un peu moins bien, chacun a tendance à tirer la couverture à soi… Maintenant, la taille et le poids de la région des Pays de la Loire telle quelle ne sont pas un handicap, si l’on compare, par exemple, à nos amis allemands du Schleswig-Holstein (Hambourg). Seulement, eux ont un budget de 10 milliards d’€, contre 1,44 milliard d’€ pour nous… »
"Il ne faut pas lâcher les objectifs que l’on se donne. Le premier, c’est la lisibilité pour les citoyens : qui fait quoi ? ; le deuxième, c’est la simplification des mille-feuilles, et le troisième, c’est l’économie de moyens. Il ne faut pas perdre ce cadre de vue pour servir des intérêts particuliers."

La question des compétences. « L’erreur originelle est de ne pas avoir dessiner les compétences de chaque collectivité en amont. Mais aujourd’hui, il faut bien essayer de « sortir les bébés » en étant le plus simple et le plus concret possible, même si c’est compliqué quand on commence à parler de tourisme, de culture ou de sport. J’ai un bon espoir : la création de la conférence territoriale de l’action publique, dont l’objet est de résoudre la question du porteur de compétences. »
 
L’enjeu de la proximité. « La proximité est toujours la meilleure des solutions. Quelle vision a le citoyen, à l’heure actuelle, de sa proximité ? La mairie. Mais honnêtement, quand y va-t-on ? La vraie proximité, c’est le bureau de tabac, les commerces dans une commune, les services. Dans la future organisation publique territoriale, il faut être attentif à cela. Mais de ce point de vue-là, je crois beaucoup aux forces de la société civile : tout ne doit pas être amené par l’Etat ou les collectivités territoriales. »

Les bons échelons ? « Dans l’idéal, Etat-région-métropole-intercommunalités : en gros, les collectivités qui pèsent sur le territoire, localement. Le département doit-il disparaître partout ? Je ne suis pas persuadé de ça. Mais il faut essayer de s’inspirer de ce qui se fait autour de nous, je pense notamment à ce que font les Lyonnais… »
 
Le rôle de l’Etat. « On peut dire que la réforme a été mal engagée, mais je fais confiance aux compétences et à la responsabilité des parlementaires pour sortir de ce bazar. Il me semble important que l’Etat, dans cette réforme, retrouve un certain poids. Il doit être le garant de la solidarité, de la justice entre les territoires. Plus l’économie est largement décentralisée, plus ça nécessite, aussi, une vigilance de l’Etat. »




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1.Posté par barreau le 14/02/2015 21:25 | Alerter
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ce monsieur est nantais. il plaide donc en priorité pour sa ville de Nantes qui peut se permettre de "jouer" sur 2 tableaux, du fait de sont appartenance à la Bretagne historique et sa place actuelle en région artificielle PDL.
Ce n'est pas le cas du reste de la région, angevins compris, qui n'ont pas d'origine bretonne mais du Val de Loire.
Les bretons restent et resteront des bretons: ils ne défendent QUE leurs intérêts, ils ne nous apprécient pas. Ce qu'ils veulent c'est UNIQUEMENT récupére...

2.Posté par iroq le 15/02/2015 13:58 | Alerter
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"Notre conviction, c’est l’évidence du rapprochement des Pays de la Loire avec la Bretagne" dit Benoît Cailliau

Mais quel est l'avantage précis et concret d'une fusion entre PDL et la Bretagne ? Au contraire, il ne faut pas éloigner le citoyen des centres de décision mais les rapprocher. La taille des régions n'est absolument pas un critère de développement et de réussite. Plus la structure est grande et complexe, plus nous rentrons dans un système bureaucratique couteux et lent.

Quant au dépar...

3.Posté par mathiou le 18/02/2015 13:18 | Alerter
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Quelle tristesse, nous sommes encore parti pour 70 années de guerre entre les bretons, les angevins, les vendéens et les sarthois. Tout ceci, pour nous forcer à adopter un grand ouest que personne ne veut. Cette réforme territoriale n'est pas à l'écoute des populations locales mais plutôt à l'écoute de ses élites politiques/associatives régionales. Vivement que les pays de la Loire disparaissent pour mettre au chaumage monsieur rochard, Auxiette et compagnie. Et là nous aurons à coup sur réal...















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