Benoît Jacquot, féru de premiers plans


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Lundi 19 Janvier 2015 à 12:45


Il en fut le président du jury en 2004 et revient dès qu’il le peut pour évoquer le jeune et moins jeune cinéma. Le cinéaste Benoît Jacquot présentait dimanche le mythique « La Nuit du chasseur » de Charles Laughton. L'occasion de l'interroger sur son attachement singulier au festival d'Angers.



Benoît Jacquot, féru de premiers plans
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Vous semblez aimer Angers et son festival..
« Je suis très lié aux 400 Coups où je viens parler de mes films avec le public. Mais mon amitié avec Claude-Eric Poiroux remonte au Club (l’ancêtre des 400 Coups) où j’ai présenter mon tout premier film. Ma vraie première fois à Premiers Plans, c’est l’année de ma présidence de jury. Et, dès que Claude-Eric a besoin de moi, dans la mesure de mes disponibilités, je viens à Angers. En 2013, c’était pour les musiques de films ; l’an passé, c’était pour la rétrospective Lars Von Trier ».
 
Qu’est-ce qui vous plaît autant à Premiers Plans ?
« Je trouve que l’idée de projeter des premiers films est passionnante. D’ailleurs, en dehors de ce festival, je m’intéresse beaucoup aux premiers gestes cinématographiques. Il y a une part mélancolique dans cet élan qui me pousse vers ces oeuvres. J’ai fait vingt-cinq films mais je pense chacun d’entre eux comme si c’était le premier… et le dernier ! C’est édifiant de voir, de sentir ce qui est en train de se faire, ou de ne pas se faire. Qu’est-ce qui va rester dans le cinéma ? Avec la technique, c’est plus facile de faire des films. La question de l’exigence se pose et ce festival est une occasion dorée d’appréhender cette nouvelle création ».
 
"Tourner, c’est un saut dans le vide mais ce vide est déjà exploré, imaginairement. C’est un peu comme un premier rendez-vous amoureux, non ?"

Avez-vous un souvenir de votre premier film ?
« J’aurais du mal à parler de souvenir car cela me paraît hier (rire). Je me souviens très bien du trajet de chez moi au lieu de tournage du premier plan. Mon calme m’étonnait. C’était comme si je déléguais quelqu’un qui était en moi pour faire ce que j’avais à faire. Je n’ai jamais retrouvé cet état. Mais, vous savez, il y a tellement de travail en amont avant de tourner. Tourner, c’est un saut dans le vide mais ce vide est déjà exploré, imaginairement. C’est un peu comme un premier rendez-vous amoureux, non ? ».
 
Vous avez présenté « La Nuit du chasseur » de Charles Laughton. Un bel exemple de premier film "coup de maître" ?
« Ce film est singulier à bien des égards. Je l’ai découvert à l’âge de 16-17 ans. C’était un film assez secret. J’ai vu qu’il faisait d’ailleurs partie d’une rétrospective sur le secret. Mais ce film, c’est le secret lui-même. Un secret qui va jusqu’au mystère. Bizarrement, il ne m’a jamais servi à rien mais je le cite à chaque fois que je parle de cinéma. Et je parle souvent de cinéma ! »
 
Vous avez une autre bonne raison d’être à Angers : apporter votre soutien à Hélène Zimmer, en compétition avec « A 14 ans ».
« Oui, je me sens un peu responsable de ce film. Hélène m’a fait lire son scénario et je l’ai fait lire à la coproductrice de mon film Les adieux à la reine. Depuis, j’ai vu A 14 ans et j’ai beaucoup aimé. Il y a une équation très difficile à résoudre avec ce type de sujet : il faut garder une tenue cinématographique tout en offrant de la vitalité. C’est un vrai geste de cinéma et Hélène a vraiment l’oeil. Et pus nous avons coécrit le scénario de mon prochain film, Le Journal d’une femme de chambre, adaptation du livre d’Octave Mirbeau. Je connaissais les deux précédentes adaptations de Renoir et de Bunuel, mais c’est Hélène, qui a étudié le livre , qui m’a convaincu de le lire et d’en faire un film ».
 
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui aimerait se lancer dans le métier ?
« Que si on veut faire un film, on le fait. En faire un deuxième, un troisième, et se faire une identité de cinéaste, c’est autre chose ».
 
Le Journal d’une femme de chambre sera présenter au festival de Berlin, le 7 février, et sortira dans les salles début avril. A l’affiche, Léa Seydoux et Vincent Lindon.












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