Berges de Maine : un projet qui fait débat.


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 04/02/2010 - 08:08 / modifié le 07/02/2010 - 14:48


Le Maire d’Angers a fait salle comble hier soir à l’Ecole Supérieure des Arts et Métiers d’Angers. L’idée de requalifier les berges de la Maine ne laisse pas insensible des angevins qui, favorables ou opposés au projet, tenaient visiblement à entendre de vive voix les propos de leur Maire et à donner leur avis sur le sujet.



Le Maire d'Angers, Jean Claude Antonini, répondant aux questions des angevins
Le Maire d'Angers, Jean Claude Antonini, répondant aux questions des angevins
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Pour certains le Maire a eu l’idée de lancer le projet du siècle, un peu pharaonique certes, mais qui devrait donner de l’oxygène au centre ville et réconcilier, comme fera le pont du tramway, les deux cotés de la Maine. Pour les autres, le Maire a tout simplement déclaré la guerre à l’automobile. De tous bords, favorables ou opposés au projet, au vu du nombre de personnes présentes ce mercredi dans le grand amphi de l’ENSAM, trop exiguë, on sait déjà que ce projet n’a pas fini de faire débat.

Pour mieux faire comprendre le chantier que la ville d’Angers est en train de lancer, le Maire, Jean Claude ANTONINI, avait fait dépêcher dans la salle deux responsables des services de l’Urbanisme de villes en rien comparable à Angers, si ce n’est qu’elles sont traversées toutes les deux par une rivière dont les rives ont été aménagées. Francis BRIGNAC, Directeur de l’Agence d’Urbanisme de l’agglomération Lyonnaise et Francis CUILLIER Urbaniste de l’agglomération Bordeaux Aquitaine, ont présenté les travaux de reconquête de la Saône et de la Garonne. « Les habitants avaient une liaison forte avec leur fleuve. C’était l’axe économique de la ville de Lyon. Cela fait 25 ans que la ville travaille sur ce projet » affirmait M. Brignac tout en montrant à l’aide de superbes photos, les travaux réalisés.

« La voiture ça suffit, nous voulions rejeter tout le trafic en périphérie. Les habitants ont changé leurs habitudes » disait à son tour M. Cuillier, démontrant que les quais, réhabilités étaient devenus des lieux d’animation et qu’ils avaient fait l’objet d’une véritable appropriation sociale par les bordelais. « Cela nous a permis d’élargir le centre ville et le rendre plus agréable, comme ce sera le cas à Angers. »

Jean Claude Antonini a bien sûr repris tous ces propos à son compte considérant que la Maine avait aussi forgé la ville. « Le fleuve est un lieu d’échange et de vie familière » affirmait-il tout en prenant en compte le fait qu’il fallait revoir et repenser les projets de transport et d’aménagement. « La ville est coupée en deux par une rocade, une saignée. On parle de douceur angevine, mais peut-on en parler lorsque l’on est noyé dans les décibels (des véhicules). Ce pourrait être l’un des plus beaux sites du monde » Modeste, le Maire.... « Le no man’s land des trémies doit devenir un lieu de convivialité pour les angevins. Nous allons travailler vers un véritable projet de vie, le tramway entrant dans une stratégie de ville plus douce, dont les bords de Maine seront la continuité. ». Pour le Maire conscient que les travaux seront longs et couteux, il s’agit bien d’un projet unique qui devrait réconcilier les angevins avec leur rivière mais aussi les angevins des deux bords entre eux.


Les angevins appelés à participer au projet.

Un angevin interpellant le Maire, sous l'objectif de France 3 Ouest
Un angevin interpellant le Maire, sous l'objectif de France 3 Ouest
Dans la salle, des angevins très motivés par le projet, se sont emparés du micro pour interpeller le Maire. Au préalable ce dernier a tenu à rappeler qu’il ne s’agissait pas du projet des trémies, même si celui-ci vise à écarter le flux de voitures qui passe chaque jour, des bords de Maine et à privilégier les transports moins polluants. « Je vous mentirais en disant le contraire »

« Vous nous avez parlé de 300 hectares à Angers, qu’elles étaient les surfaces de Lyon et Bordeaux ? » Pour Bordeaux, le projet portait sur 10 hectares et 6 hectares pour Lyon, ce qui effectivement n’a rien de comparable, eu égard des tailles des villes concernées. « Ce qui fait la différence, c’est qu’à Angers il y a un cœur de ville qui s’étend de chaque coté du fleuve » répondait à son tour J.C. Antonini « Mais nous n’avons pas dit que nous allions remplir les 300 hectares, nous en serions incapables financièrement ».

« C’est un projet qui va couter très cher, où allez vous trouver l’argent ? » interroge une dame. « Angers est l’une des villes les moins endettés de France. Nous n’avons pas augmenté le taux d’imposition depuis plus de ... 20 ans. Et puis c’est un projet à long terme » affirme le Maire sous les huées du public. Malgré les travaux importants et le dépassement exponentiel du tramway, la Ville d’Angers trouvera donc, selon le Maire, les moyens de financer ces travaux de requalification des bords de Maine.

Certains ont accusé le Maire de manquer de concertation et de passer en force. « Je m’inscris en faux, ce projet était dans le Plan Local d’Urbanisme annulé par le Tribunal Administratif. Nous avons quand même organisé plus de 160 réunions pour ce PLU. Ce que je vous propose aujourd’hui c’est justement qu’il y ait des échanges constants entre les angevins ».

Des bulletins permettant aux angevins volontaires de s’inscrire pour un groupe de travail, ont été distribués. Quarante d’entre eux, tirés au sort, pourront partir visiter les sites de Lyon et Bordeaux et participer aux ateliers thématiques avec les équipes d’urbanistes, sociologues, paysagistes et architectes.

La mairie vient de lancer un concours européen. 41 équipes de concepteurs se sont portées candidates, trois seront retenues prochainement. Après avoir rencontré le groupe de travail, elles rendront leurs esquisses pour le printemps 2011. Ensuite les premières études et le chantier pourront démarrer. Fin des travaux, le ...?




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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