Biopole : "La vraie question, c'est celle de l'équation économique"


Rédigé par - Angers, le 17/04/2015 - 08:04 / modifié le 17/04/2015 - 08:48


Lettre d'informations bi-mensuelle, spécialisée dans la gestion des déchets, Déchets Infos a publié début avril une enquête sur l'usine Biopole. Son auteur, Olivier Guichardaz, directeur de la publication, répond à nos questions au lendemain de la décision de Veolia Environnement de ne plus traiter de déchets sur le site.



Olivier Guichardaz, directeur de la publication et rédacteur en chef de Déchets Infos.
Olivier Guichardaz, directeur de la publication et rédacteur en chef de Déchets Infos.
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Etes-vous surpris par la décision de la société d'exploitation de Biopole ?

"Oui et non. Des bruits laissaient entendre que Veolia était décidé à cesser son activité. Mais je ne pensais pas qu'ils oseraient le faire. C'est une usine qui a coûté plus de 60 millions d'euros, qui ne marche peut-être pas aussi bien que ce qui était promis mais qui, je pense, pourrait mieux fonctionner. Il y a des exemples d'autres usines au fonctionnement un peu dégradé, comme celle de Montpellier, de Saint-Lô ou de Vannes, qui ont réussi a améliorer les choses."

Veolia présente la protection de la santé des salariés comme l'argument fondateur de sa décision. Qu'en pensez-vous ? Est-ce un problème que l'on retrouve dans d'autres usines qui combinent tri mécano-biologique et méthanisation ?

"Oui, dans ces usines, on retrouve des problèmes de conditions de travail. Maintenant, je ne sais pas s'ils sont suffisamment importants pour justifier un arrêt total d'activité. En tout cas, ce ne sont pas des arguments utilisés dans d'autres centres pour les fermer. Il existe aussi des moyens d'améliorer ces conditions de travail d'où ma surprise."
"L'un des noeuds du problème réside dans le montage contractuel du projet."

A Angers, précisément, personne ne veut prendre en charge ces travaux qui permettraient d'améliorer ces conditions de travail du fait de l'imbroglio qui oppose les trois protagonistes de Biopole. Quel regard portez-vous sur cet imbroglio ?

"D'après ce que m'a dit Vinci, ils auraient proposé de mettre 3 millions d'euros sur la table pour des travaux. Maintenant, je constate que l'un des noeuds du problème réside dans le montage contractuel du projet avec d'un côté un contrat de construction-conception (avec Vinci), et de l'autre, un contrat d'exploitation (avec Veolia) qui facilite le renvoi des responsabilités entre les protagonistes : l'exploitant accusant le constructeur et vice-versa."

Est-ce que ce type de contrat est fréquent dans le secteur du traitement des déchets ? Et est-ce qu'il est systématiquement porteur de problèmes ?
"Ca ne génère pas systématiquement des problèmes mais très souvent. Certains bureaux d'étude n'hésitent pas à dire que c'est le type même de montage à éviter."

Le sentiment qu'il n'y a pas de solution au problème finit par doucement s'imposer à Angers. Qu'en pensez-vous ?

"Ce qui s'est passé à Saint-Lô ou à Montpellier, où un terrain d'entente a été trouvé pour améliorer le fonctionnement des usines, prouve que c'est possible. Ca demande probablement des investissements en termes financier, en termes de matière grise aussi. Pourquoi à Vannes, arrive-t-on à faire marcher l'usine et pas à Angers ? Le process est très légèrement différent mais pas radicalement."
"Je ne pense pas qu'il faut condamner le tri-mécano-biologique"

N'est-ce pas pour Veolia un moyen aussi d'essayer de faire bouger les lignes, en prenant une décision forte ?

"La vraie question, c'est celle de l'équation économique de Veolia. Combien Veolia se fait-il payer pour les tonnes qui rentrent ? Et combien Veolia payera-t-il pour faire éliminer les déchets ailleurs qu'à Angers. Je ne connais pas ces prix, par contre j'ai des informations qui laissraient entendre que ça pourrait être très intéressant pour Veolia d'envoyer ses déchets en décharge plutôt que de les traiter à Angers. Ce serait bien que Veolia s'explique sur ce point."

N'est-ce pas la fiabilité du tri mécano-biologique (TMB) qui est en jeu dans ce dossier ?

"Je ne pense pas qu'il faut le condamner. D'après mes informations, le coût de traitement de Biopole serait de l'ordre de 70€ la tonne : si c'est le vrai prix, ce n'est pas surprenant que Veolia n'y arrive pas car le coût d'un bon TMB, c'est 100, 110 et jusqu'à 130€ la tonne. Faire un bon TMB, c'est un peu plus cher que l'incinération, il faut le savoir. Je ne suis pas anti, ni pro tri mécano-biologique, mais si on veut bien le faire, il faut s'en donner les moyens."

Le dossier complet de Dechets Infos est disponible sur abonnement ou vendu au numéro (15€) sur www.dechets-infos.com

 




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