Biopole : valoriser les déchets pour réduire l'impact environnemental


Rédigé par - Angers, le 06/06/2011 - 19:12 / modifié le 17/04/2015 - 08:41


Toujours en phase d’essai industriel, le centre de valorisation des déchets ménagers de la métropole angevine, tourne pratiquement à plein régime et commence à sortir son premier compost. Piloté par le constructeur Vinci Environnement, ce nouvel équipement « high-tech », unique en France sera exploité, à compter d’Août prochain, par Veolia Environnement et suivi de près par un groupe d’angevins volontaires.



Les déchets lorsqu'ils rentrent à Biopole
Les déchets lorsqu'ils rentrent à Biopole
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Biopole est la résultante de la politique volontariste de gestion responsable des déchets, entreprise par la collectivité Angers Loire Métropole. « Nous avons un objectif : maximiser la valorisation des déchets ménagers et plus précisément des matières organiques qu’ils contiennent, dans l’esprit du Grenelle de l’Environnement, en faisant baisser les volumes incinérés ou enfouis », déclare Gilles MAHÉ, adjoint au Maire d’Angers et Vice-Président de l’agglomération pour ce qui concerne la gestion des déchets.

Ce dernier qui admet que des réglages sont encore nécessaires pour tirer le maximum des installations se montre toutefois satisfait que la métropole angevine ait retenu l’idée de se doter d’un tel équipement. « Nous avions deux solutions : rénover l’usine d’incinération de la Roseraie ou construire un nouvel incinérateur sur ce site », poursuit l’élu vert. « Nous avons eu des échanges assez vifs sur le sujet avec les citoyens angevins, mais nous partagions la nécessité de traiter nos déchets. Avec Biopole nous avons réussi a trouver l’outil qui fait consensus entre élus et administrés ».

Ce nouvel équipement ultra moderne qui s’étend sur 9 hectares emploiera 25 personnes, en deux équipes, chargées de veiller au bon fonctionnement d'une structure dont le coût, pour la collectivité, s'élève à 56 millions d’Euros. Il accueillera les déchets des 31 communes de la communauté d’agglomération, environ 60 000 tonnes par an, avec un objectif de baisse sur 5 ans par l'amélioration du tri par les particuliers. Toutefois la capacité de traitement de l’équipement qui est de 75 000 tonnes, peut être étendue à 90 000 tonnes. De quoi voir l’avenir avec sérénité, tout au moins pour les 25 ans à venir…

 

Des citoyens sentinelles pour alerter en cas de défaillance

les mêmes déchets lorsqu'ils sortent
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Biopole qui accueille les déchets dits « fermentiscibles » est un équipement nouvelle génération, unique en France, tout au moins dans sa conception. Pour être acceptés les déchets doivent être organiques. Sont exclus dès leur arrivée les matières plastiques, les verres, les métaux, les produits dangereux et le matériel électronique, c'est a dire les déchets pouvant être dirigés vers d'autres filières de recyclage. Digérée par des bactéries pendant une phase dite de « méthanisation » la matière acceptée, laquelle représente environ 58% du tonnage initial, sera transformée en « biogaz » pour le chauffage et l’électricité, rendant du coup l’ensemble autonome, mais aussi en compost pour l’agriculture.

« Nous avons passé une convention avec la chambre d’agriculture pour tester sur des parcelles témoin la qualité du compost », commente Gilles MAHÉ, conscient que ce genre de compost n’est pas accepté par tous les agriculteurs notamment ceux de la filière « Bio ». « Nous devons faire nos preuves en matière de qualité de compost », poursuit l’élu qui sait que des réglages importants sont à faire avant de produire un compost commercialisable et peut être « labellisé ».

Nouvel équipement, nouvelles méthodes : Gilles MAHÉ veut jouer la transparence avec les angevins et notamment avec les riverains, lesquels avaient refusés l’installation d’une nouvelle usine d’incinération. Pour éviter d’éventuels retour de bâton, il a mis en place un groupe de médiation composé de 35 volontaires dont 15 sont des relais sentinelles. « Tout au long du processus d’essai et même ensuite, ces volontaires se rencontrent pour faire le point et nous signaler les éventuelles anomalies. Les sentinelles peuvent intervenir directement auprès du constructeur pour lui signaler des odeurs ou des bruits insupportables ». Et visiblement ils ne s’en gênent pas…

Si ces derniers admettent bien volontiers que ce nouvel équipement de génère pas d’odeurs significatives, passé l’enceinte des bâtiments, ce sont eux qui ont alerté la métropole sur la qualité du compost. « Il y a encore trop de verre ou de plastique. Même si cela représente un petit pourcentage, nous ne pouvons pas accepter de les enfouir », déclare l’un d’eux.

Reste donc au constructeur et à la collectivité à trouver les bons réglages et surtout pour ce dernier à poursuivre l’éducation en matière de tri sélectif des ménages angevins pour que les déchets ménagers arrivant au centre de traitement soient les « plus propres » possible : la clé du succès pour une valorisation optimum.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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