Biowatts Angers : le bois pour chauffer et éclairer


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Le Mardi 5 Mars 2013 à 07:36


Le bois a remplacé les déchets dans l'ancienne usine d'incinération de La Roseraie à Angers. Il chauffe les logements et produit de l'électricité. Une révolution technique et un levier de développement pour la filière. Mis en service à l’automne dernier, l’ensemble est officiellement inauguré ce mardi 5 mars.



Olivier Gaiffe, chef de projet Dalkia sur le site Biowatts à la Roseraie
Olivier Gaiffe, chef de projet Dalkia sur le site Biowatts à la Roseraie
Des bâtiments réhabilités, de grands espaces de stockage, 90 000 tonnes de bois par an et une fumée blanche qui rejoint le ciel : à première vue, pas de quoi crier au génie écolo. Le temps de réajuster ses lunettes et d’ouvrir bien grand ses oreilles, on comprend pourtant que la chaufferie bois de La Roseraie ouvre un champ de perspectives énergétiques jusque-là quasiment inexploré.

Angers est une des premières villes de France à mettre en place une co-génération biomasse adossée à un réseau de chaleur. Le principe est simple : l’air chaud né de la combustion du bois, met en route une turbine qui elle-même actionne un alternateur, produisant, dans le cas de Biowatts, 7,5 Mégawatts d’électricité par an.

Pour parler clair, c’est peu ou prou la consommation annuelle de 10 000 logements. L’électricité produite est revendue à ERDF. L’air chaud, lui, n’a pas fini de travailler. Après avoir actionné la turbine, il est récupéré pour chauffer l’eau du réseau de chaleur.

Lutter contre l’augmentation de la facture énergétique

L’avantage est d’abord économique, puisque Dalkia, le partenaire privé sans qui l’opération n’aurait pu se monter, revend l’électricité à un prix garanti pour 20 ans, très avantageux. « Ça permet de maîtriser les coûts sur le long terme, en étant moins tributaire de l’évolution des prix du pétrole ou du gaz », explique Jean-Claude Bachelot, adjoint au maire d’Angers en charge des bâtiments.

Au delà de l'abandon du très impopulaire principe d'incinération, la principale raison d’être de Biowatts, « c’est une volonté politique de lutter contre l’augmentation continue de la facture énergétique ». Pour les particuliers comme pour les collectivités.

Pour maîtriser encore un peu plus cette facture, la Ville et Dalkia ont décidé d’étendre le réseau de chaleur existant. De 6 000 équivalents logements à l’origine, Biowatts alimentera d’ici quelques mois 18 000 équivalents logements, rayonnant sur les quartiers de la Roseraie et d’Orgemont.

L’équation est limpide : plus il y a de monde relié au réseau de chaleur, plus les charges fixes sont maîtrisées.

Un appel d’air…

Côté environnement, la construction de Biowatts s’inscrit dans le cadre du Grenelle II, répondant à des exigences très précises. La mise en place de ce nouvel équipement sur le site même de l’usine d’incinération d’ordures ménagères est un signe fort. Les plaquettes forestières ont remplacé le contenu des poubelles, permettant de rejeter, à l’année, 40 500 T de CO2 en moins dans l'atmosphère.

Pas question de gaspiller ce gain dans le transport du bois. « L’approvisionnement est obligatoire dans un rayon de 100 km autour de la chaufferie », indique Olivier Aguesse, directeur régional de Dalkia. La filière bois régionale, plutôt bien structurée et qui surfe sur la mode « bois énergie », s’en frotte les mains. La filière bocagère locale en construction aussi : même à la marge (autour de 5 % de besoins de la chaufferie), elle devrait pouvoir profiter aussi de l'appel d'air de Biowatts.






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