Birthday Party XXL : des hauts et débats extra larges


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Lundi 9 Juin 2014 à 12:45


Ce week-end, à grand renfort de com', s'est déroulé le troisième acte des 20 ans du Chabada. Avec, en marge de deux soirées inégales, des débats hardcore et des interrogations légitimes qui ont agité les méninges par ailleurs soniquement rassasiées.



Colt Silvers, l'un des temps forts indéniables de cette Birthday Party XXL.
Colt Silvers, l'un des temps forts indéniables de cette Birthday Party XXL.
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Pour commencer, un petit coup de léchouille : louable intention de la part du Chabada crew que d'avoir imaginé cette Birthday Party king size pour souffler ses vingt bougies. Ce fut l'occasion de découvrir un mélange des genres pertinent et des formations en pleine gestation, big up particulier au rock phallique des Strasbourgeois de Colt Silvers. Initiative festive en parfaite adéquation qui plus est avec le virage "Total découverte" que semble avoir pris la salle de musiques actuelles ces dernières années. Bonne idée donc. Mais prise de risques... XXL avec, forcément, une plus qu'éventuelle ventilation critique pour le coup pas toujours sympatoche. Et oui, les ami.e.s, le Chabada n'est plus tout jeune. Et les langues commencent à se délier. Ce week-end fut à cet égard le final season d'une année riche en déceptions et autres petites colères.

A l'issue de deux soirées asymétriques à tous points de vue - fréquentation et qualité des sets -, on se dit que le Chabada, c'est un peu comme une super série US. Prenez "Dexter", au hasard : une 4ème levée d'une incroyable densité. On en chiale encore. Puis advinrent les vaines saisons 5, 6, 7 et 8. Deux options ont alors vu le jour : les fans les plus accros ont continué de mater. Par fidélité. En espérant un sursaut. Et puis il y a ceux qui ont quitté le navire. Pour, on les comprend, "Breaking bad". Avec, le Chabada, c'est un peu pareil : depuis quelques mois, la fougue des débuts s'est étiolée, beaucoup y vont encore mais sans en attendre quoi que ce soit. Pire : de plus en plus, public et associations, boycottent. D'où cette question qui, en ce week-end-cliffhanger, est souvent revenue : que se passe t'il avec le Chabada ? Pourquoi cette alternance récurrente amour-désaffection?

Il serait malhonnête et méchant d'affirmer que la Birthday Party XXL fut un four total. Certes, il y eut ce vendredi objectivement calamiteux, à tel point qu'on se mit à imaginer l'équipe réunie en petit comité, dépitée comme la team de TF1 qui, le soir-même, apprenait l'absence de Ribéry au Mondial, genre : "on est mal". Et bien non, niquedouille : c'est à un François Delaunay total décontracté à qui nous avons causé vers 2h du mat'. Un mot pour résumer notre sentiment d'alors : le déni. On est toujours cruel avec les pères. Et Delaunay est musicalement parlant l'incarnation de cette figure rarement épargnée... Ainsi, quand on lui fait remarquer à la coole que, bon, un peu, quand même, sa fiesta manque cruellement de têtes d'affiche, il balaie d'un revers nadalien : "Ouais, je sais que c'est ton truc, ça.". Traduction : "Y avait quand même de la bonne came". Oui, nos oreilles ont sniffé du bon matos. Mais quand on fête ses 20 piges et qu'on y appose la taille XXL, on est en droit d'exiger du lourd. Et de trouver un compromis entre se faire plaisir et faire plaisir.

"Qu'as-tu fait de tes plaisirs ?"

Blitz the Ambassador (photo Fred Lombard - indiemusic.fr)
Blitz the Ambassador (photo Fred Lombard - indiemusic.fr)
Un Daho, un Foals, du Monkeys, du Ferdinand, une Lorde voire un Detroit feat. Cantat ? Autant de noms qui auraient eu de la gueule pour un vingtième anniv' XXL et qui ont enflammé les causeries nocturnes. Ce fut vif. Parfois plus posé : "Oui, nous sommes d'accord", souscrivaient quelques-uns déplorant le manque criant de stars indés ou d'envergure. D'où sans doute, une fréquentation malingre le premier soir. Mais plus relevée le lendemain. Carence en terme de Karchers live ultra connus, nous maintenons.

Pour autant, il n'est pas question de latter ceux qui étaient là. Car outre les très prometteurs sus-cités Colt Silvers, on a jubilé sévère devant les rythmes martiaux alliant habilement sonorités seventies et grove discoïde d'Octopus Project. Une trentaine d'happy few ont assisté à cette furie austinienne. Quel dommage ! En revanche, les Clermontois de Mustang, chouchous de Delaunay et de son programmateur Stéphane Martin, ont drainé un auditoire plus fourni. Leurs mélodies coulant de source d'une spontanéité renversante mixa, attention exploit, bon et mauvais goût sans que cela ne fasse tâche. Ces gars-là ont tout capté à la vie. Mieux, ce ne sont pas des techniciens froids, robotiques comme on en a trop vu ces deux soirs.

Des noms ? Dream on... Autre motif de réjouissance absolue, les New-Yorkais incandescents de Blitz The Ambassador. Armés de leur funk old school et de leurs samples à tomber, ils ont renversé la salle. Des Ricains qui ont fait le show, en somme. La routine. Un boulevard pour les Belges de Driving Dead Girl, passés au Chabada avec Ginzu il y a 10 ans. "Sauf que nous on fait du rock", plaisante leur leader au lancement d'une presta mêlant hymnes skatecore, influences type Hives ou Datsuns. C'est clair, carré, radical, sans effets de style à la noix avec en prime conclusive de cette bacchanale épileptique une partie du public envahissant la scène.

Alors, un plantage absolu cette Birthday Party XXL ? Honnêtement, non. Mais à l'instar d'une fin de saison de série qui nous a tant fait vibrer et qui à présent met nos nerfs en pelote, de rudes observations ont été officieusement verbalisées ce week-end. A l'aune desquelles, nous soumettons avec bienveillance ces quelques questions au Chabada : "Qu'as-tu fait de tes plaisirs ? Qui te procure l'abandon ? Qui te donne des illusions ? Qui vois-tu pour l'avenir ?". Elles sont issues du magnifique "Le Plaisir, les poisons" sur l'album "Ici-bas, ici même" de Christophe Miossec. Un antidote au poison des mécontentements ? A suivre...

Chaleureux remerciements à Fred Lombard d'indiemusic.fr pour ses images, tout au long de cette année . Retrouvez son live report de la Birthday Party XXL sur indiemusic.fr












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