Black Swan : Lorsque le cygne noir prend le dessus…


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Lundi 21 Février 2011 à 22:18


Nina, jeune danseuse étoile, fragile et innocente se retrouve propulsée à la tête d’un ballet où elle doit incarner un être majestueux à la fois pur et dangereux. Lorsqu’on lui demande d’oublier la perfection et de s’atteler à la sauvagerie, elle se retrouve en proie à d’effroyables hallucinations entre rêves et réalités …



Nina (Natalie Portman) face aux multiples facettes de sa personnalité.
Nina (Natalie Portman) face aux multiples facettes de sa personnalité.
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Darren Aronofski, jeune réalisateur qui s’intéresse tout particulièrement à des sujets sensibles tels que la drogue et l’image de soi dans « Requiem for a Dream », a choisi pour son dernier long-métrage de mettre en scène une étoile montante de la danse, baignant encore dans l’insouciance de l’enfance mais qui, très vite, va être soumise à un rythme de vie effréné. Propulsée à la tête de la nouvelle version du « Lac des Cygnes », elle est poussée par le directeur de ballet (Vincent Cassel) qui lui demande de laisser libre cours à ses pulsions, de révéler la femme qui est en elle et de se transformer en un cygne noir, sauvage et sensuel.

La limite entre le songe et la réalité dans ce film reste toujours floue. Face à la pression ressentie, Nina commence à avoir des visions et des hallucinations, à voir son double dans le métro, qui se révèlera être la nouvelle recrue du ballet, Lilly, en qui elle trouvera une rivale mais aussi un alter-ego plus sulfureux et attirant. Ce film est à la fois un hommage destiné aux femmes et une dénonciation des conditions de celles-ci dans les métiers artistiques. Nina se retrouve entourée de plusieurs figures féminines, qui lui renvoient plusieurs reflets d’elle : une mère qui a connu une carrière de ballerine, vite écourtée par sa naissance, un échec dont Nina porte la culpabilité ; Beth qui fut jadis la reine du New York City Ballet, avant Nina, mais qui a été mise sur la touche à cause de son âge jugé inapproprié pour continuer une telle carrière. Ici Darren Aronofski pointe du doigt les dysfonctionnements de ce milieu où l’âge et la jeunesse priment sur le talent.

La question du corps est également un sujet récurrent de ce film : l’image des doigts de pied collées, du panaris, de la plume dans le dos et du déchirement de la peau, on reconnait là tout un processus de mutilation et de mortification. Le corps de Nina change, elle devient une femme et n’est pas prête à l’accepter, et plus il s’imprègne du personnage qu’elle doit interpréter, plus elle se transforme en ce magnifique et somptueux animal.

Les scènes de danses et de représentations sont d’une beauté rare, tous les détails sont calculés au millimètre près, ainsi le film s’achève à son apogée, là ou la tension est au plus fort, où nous spectateurs n’avons d’yeux que pour Natalie Portman majestueuse en Cygne enfin accompli et puissant.

« Black Swan », un film comme il n'y en a pas deux. Faites le grand saut et allez le voir.

Anya.


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