Boris Vian revisité par Savary


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 24/06/2009 - 14:02 / modifié le 29/06/2009 - 20:57


Avec une « trompinette au paradis », une comédie musicale mettant sur scène l’œuvre de Boris Vian, Jérome SAVARY joue dans un registre burlesque qui lui sied à merveille. Avec sa troupe et la verve qu’on lui connaît, il a enflammé la scène du château de Brissac, décomplexant du même coup le Festival d’Anjou. Savary, comme Vian, on aime, ou pas …



Nina Savary, une grande présence sur scène, comme son père.
Nina Savary, une grande présence sur scène, comme son père.
Jérôme SAVARY, acteur, metteur en scène, musicien et surtout directeur de théâtre et d’opéra avait 14 ans à l’époque de Boris Vian. Son itinéraire a certainement croisé celui du poète, écrivain, chanteur, parolier, mais aussi trompettiste de jazz, du coté du « Tabou », rue Dauphine à Paris, la cave à musique qui accueillait les artistes en vue des années 60. C’est d’ailleurs ce repère culte qu’il utilise comme fil conducteur de son spectacle haut en couleurs et en parodies taillées à la hache comme seul le fondateur du « Grand Magic Circus », sait le faire.

« Il y a 50 ans mourait un type génial. C’est un lieu qu’il aurait aimé » disait Savary, alias Boris Vian, dans sa comédie musicale, en parlant du château de Brissac.

Le metteur en scène a entraîné le public dans une farandole de personnages, contestataires et intellectuels de l’époque, avec un Che Guevara, revu à la sauce Savary, en treillis et barbe blonde hirsute, flanqué d’un acolyte vendeur de fripes aux puces de Belleville, mais aussi un Jean Paul Sartre promenant son « Castor » ( Simone de Beauvoir). Suivirent une série de phrases célèbres de Vian, que Jérôme Savary distribuera tout au long de la soirée : « La langue est une organe sexuel qui sert accessoirement à parler », ponctuées de chansons interprétées dans le plus pur style "savarien" par sa fille, Nina SAVARY. Cette dernière tour à tour danseuse de rock’n roll femme de loubard, infirmière, ou femme fatale, assurait avec son père, la plus grande partie du spectacle. La continuité est donc assurée.

Un final en feu d'artifice pour le Grand Savary
Un final en feu d'artifice pour le Grand Savary
L’ensemble est distribué avec beaucoup d’humour, un peu lourd parfois, comme ces soldats ayant perdu bras et jambes, caricaturant à l’extrême le coté antimilitariste de Vian, mais aussi d’amour, d’esprit, le tout servi par l’excellente musique de l’orchestre des « Franciscans Hot Strompers ». Le public a apprécié les faux frères Jacques ou plutôt vrais Daltons chantant à en perdre la moustache (fausse pour certains), la « java des bombes atomiques ». Tout un programme …de l’époque, transcendé par l’imaginaire de Savary.

Deux heures de spectacle, un peu plus long avec les rappels « Mes spectacles sont toujours courts, mais les rappels plus longs » disait Savary, pendant lesquelles il parcours l’œuvre de Boris Vian, sans vraiment la trahir « même s’il manque un peu le coté poétique » commentait Charles André de COSSÉ BRISSAC. « C’est une œuvre que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître » disait le metteur en scène, offrant ainsi aux spectateurs du Festival d’Anjou une comédie frénétiquement musicale et swinguante, avec des dialogues qu’il aménage en fonction du lieu et de l’ambiance. « On ne s’est pas ennuyé une seconde » disait une dame en sortant.

Le public a vraiment apprécié, applaudissant à tout rompre, tapant des pieds sur les gradins pleins comme un œuf, redemandant le facétieux SAVARY, lequel ne tarissait pas d’éloge pour la propriétaire des lieux. Pas pressé de partir, il voulait inviter tout le monde à boire un verre. Preuve qu’il se sentait particulièrement bien sur cette scène du château de Brissac.

Quant au titre du spectacle « Il est inspiré du grand Boris. Il appelait son instrument (de musique), sa trompinette et comme maintenant il est certainement au paradis », disait le metteur en scène à l’issue du spectacle.



Yannick Sourisseau
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