Boujenah fait ce qu’il veut


Rédigé par - Angers, le Vendredi 14 Mai 2010 à 08:29


Mardi soir, le Grand Théâtre d’Angers accueillait l’humoriste Michel Boujenah, pour son spectacle « Enfin libre ». Pour mémoire, c’est au théâtre de Doué-la-Fontaine que l’artiste avait donné la première représentation de ce spectacle, en 2008.



Michel Boujenah sait rire de tout, y compris de lui-même.
Michel Boujenah sait rire de tout, y compris de lui-même.
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A 20h30, c’est un Michel Boujenah déchaîné qui entre sur scène en criant « Je suis libre », se déhanchant sur une musique orientale. « Je fais ce que je veux », poursuit-il en demandant à la régie de mettre du Vivaldi en même temps que la musique orientale, dansant tout sourire devant un public déjà au bord du fou rire.

Le décor est simple : une chaise rouge, son chapeau qui lui arrive par les airs, quelques dizaines de minutes après le début du spectacle, lui, Michel, costume dont la veste à la doublure rose, lui sert de tablier pour imiter Simone Boutboul, cravate. Pas besoin de plus, car chez Michel Boujenah, tout est dans l’expression du visage, la gestuelle et la complicité qu’il créé avec le public.

Durant une heure quarante, l’humoriste parle « de la difficulté d’être soi-même, de l’amour qui est un grand mensonge, de la neurobiologie » avec les expériences de Jean-Didier Vincent, et bien d’autres sujets encore. Les personnages de ses anciens spectacles sont bien sûr de la partie : Maxo Boutboul et sa femme Simone, le neveu Brad Boutboul qui croit être chanteur et passe le casting d’un radio crochet télévisé, Patrick Bourguignol, le meilleur ami d’en France, « c’est le premier ami que je me suis fait en arrivant en France ».

« Mesdames il faut arrêter d’en vouloir aux hommes d’avoir besoin de beaucoup de femmes. Les hommes qui trompent leur femme, sont des victimes de l’amour. » Avec Jean-Didier Vincent et son étude sur l’hormone de l’attachement, il s’amuse en ajoutant des touches d’actualité. L’expérience clinique se fait sur des rats et des rattes ? Alors il lance l’élection de miss ratte, en compagnie de Geneviève de Fontenay, mais l’une des rattes fait des photos scandaleuses, sans ses poils. Geneviève « en a bavé des ronds de chapeau ».

« Je suis libre, et en même temps, je n’oublie pas que la liberté n’est qu’un mot quand on n’en a pas les moyens. », Michel Boujenah
« Je suis libre, et en même temps, je n’oublie pas que la liberté n’est qu’un mot quand on n’en a pas les moyens. », Michel Boujenah
Bien sûr, les travaux aux alentours du Grand Théâtre d’Angers l’ont interpellé en arrivant. Un prétexte pour une improvisation humoristique, en clin d’œil à l’actualité locale. « Y a un château dans le coin. Pour qu’il y ait des travaux comme ça, il y a un château, j’en suis sûr. »

Les spectateurs des premiers rangs ne sont pas en reste. Dès le début de la soirée, une femme, au rire assez sonore, est prise pour cible régulièrement, ce qui a évidemment pour effet de la faire rire de plus belle à chaque fois. Une autre, avec des lunettes dans les cheveux, « elle est myope du cerveau. Quand elle les enlève, elle comprend flou ». Et Michel Boujenah de conclure ces taquineries avec son public : « J’adore me noyer dans vous ! ».

En dehors de ces temps de franche rigolade, qui font du bien aux zygomatiques, l’artiste n’en demeure pas moins un homme sensible et tendre. Il rend ainsi hommage à son ami Raymond Devos avec un sketch absurde utilisant la conjugaison du verbe mouvoir, évoque le désarroi de Vanessa Boutboul expliquant à son grand-père qu’elle découvre que l’amour est un grand mensonge.

Après la fermeture de rideau rouge, l’humoriste réapparaît et s’enroule dans le rideau, comme dans une couverture. Calme et touchant, l’homme de scène semble alors se confier à son public. « Le soir, quand je n’arrive pas à dormir, je pense à vous qui applaudissez et ça me berce. » Les spectateurs se lèvent et applaudissent cet artiste tendre et drôle. « Vous devez être fier d’avoir un aussi beau théâtre. », ajoute-t-il admiratif, avant de s’en aller, dans une dernière salve d’applaudissement.

Ayant déjà vu « Enfin libre », en 2008, lors de la première représentation, à Doué, Hortense et Gabrielle ont beaucoup rit. « C’était génial ! » Christine, a elle aussi passé une bonne soirée, « agréable et chaleureuse. Il sait communiquer avec le public, en apportant une touche de tendresse, avec beaucoup d’humour. Il aborde tous les sujets et sait induire une note de poésie dans sa réflexion existentielle. ». De son côté, Hélène, 74 ans, est venue avec sa fille et s’émerveille. « Il a tenu 1h40 sans boire une goutte d’eau. J’ai bien rigolé quand il a parlé de Mme de Fontenay. Il se moque de tout et rigole avec son public. Un moment formidable ! »












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