Bruno Maurel, aux orgues et cætera


Rédigé par Tristan LOUISE - Photos : Yannick SOURISSEAU - Angers, le Lundi 8 Décembre 2014 à 07:30


Le Printemps des Orgues fait son cinéma au Grand Théâtre d'Angers du 11 au 14 décembre. Créateur et chef d'orchestre de ce festival unique, Bruno Maurel y veillera comme à son habitude au bon déroulement des concerts. Portrait d’un passionné humaniste pour qui le printemps sonne toujours le « la ».



Bruno Maurel, aux orgues et cætera
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Infirmier… celui qui soigne, qui sauve, qui écoute, qui se bat parfois aussi. Bruno Maurel l’est depuis 1981, dans le secteur de Belle-Beille et du Lac-de-Maine, au plus près des populations fragiles. « C’est un secteur que j’ai volontairement choisi. Impensable pour moi d’être à l’hôpital ou dans les beaux-quartiers. Je revenais de la brousse africaine… ». 5 000 kilomètres sur les terres maliennes où Bruno Maurel et un condisciple de l’Institut de Formation en Soins Infirmier du CHU d’Angers font leur stage de fin d’études et rédigent leur mémoire (« La Mère et l’Enfant en Afrique » pour notre franc-tireur). « Il a fallu convaincre l’Institut qui ne voulait pas nous voir là-bas. Mais nous étions obstinés. Bon, c’est vrai que j’ai failli y laisser la vie, après une crise de paludisme. Mais l’expérience était tellement enrichissante ».

Convaincre. Le verbe d’action qui aura régi, et qui régit encore la vie de Bruno Maurel. Quand, en 1983, la destruction de l’église Saint-Joseph est programmée, le premier prix d’orgue au CNR de Nantes, après des études dans la classe d’André Isoir au conservatoire d’Angers, s’insurge. L’église possède en son sein un bijou : un grand orgue construit par les célèbres ateliers d’Aristide Cavalier-Col, inauguré en 1879 en présence de Monseigneur Freppel. « C’est un instrument sur lequel j’ai beaucoup travaillé pour mon concours. Je trouvais délirant que l’on puisse le ranger dans un placard et l’oublier. J’ai donc imaginé un événement pour sensibiliser l’opinion. Une très grande organiste, Jeanne Joulain, aujourd’hui disparue, a accepté de venir donner un concert. Cela a bloqué le système ! Bon, l’évêque de l’époque, monseigneur Orchampt, m’a privé d’offices… mais je crois qu’il m’a pardonné depuis (rires) ».

Fier "d'avoir fait entrer la danse contemporaine dans la cathédrale"

Bruno Maurel, l’empêcheur de penser piano piano, a réussi son coup. Le maire Jean Monnier demande à son adjoint à la culture Gérard Pilet de repenser le dossier. L’église et l’orgue sont sauvegardés. De 1986 à 1991, Bruno Maurel, alors conseiller artistique de la Ville, organise le festival « Découverte des Orgues Angevines », embryon de ce qui est aujourd’hui le bel enfant « Printemps des Orgues ». Cette époque est aussi celle d’une action nationale en forme d’inventaire des orgues sur le territoire. « Un groupe de travail régional s’est mis en place, mais j’ai tout de suite pensé qu’il fallait fédérer les différentes forces en présence : mairies, clergé, organistes et mélomanes. C’est ainsi qu’est née l’association pour la Connaissance, la Sauvegarde et la Promotion des Orgues du Maine-et-Loire (CSPO), en juin 1992. L’année d’après, nous organisions le premier Printemps des Orgues, avec, déjà, un concours inter-conservatoires, devenu aujourd’hui le Grand Prix d’Orgue Jean-Louis Florentz parrainé par la prestigieuse Académie des Beaux-Arts ».

Depuis plus de vingt donc, la CSPO de Bruno Maurel met l’orgue à son point culminant, tant en direction des amateurs avertis que de la jeunesse, des populations diverses que de l’excellence. Alors, Bruno Maurel, en tant d’années de lutte contre quelques âmes étriquées voulant figer l’art organistique dans le formol, quelles fiertés émergent ? « D’avoir fait entrer la danse contemporaine dans la cathédrale, avec « La Passion de Becket », un oratorio chorégraphique de Régis Obadia, en 2002. Et il faut saluer l’évêque de l’époque, Monseigneur Bruguès. C’est grâce à lui que beaucoup de portes se sont ouvertes devant moi. Il pensait que la culture était un facteur d’humanisation pour l’église. C’est une approche que je trouve essentielle, encore maintenant. Et puis il y a eu le disque « Franz Liszt » d’Olivier Vernet et Laurent Cabasso, enregistré à la cathédrale et qui fut Diapason d’or. Le Prix avec l’Académie est aussi une grande fierté pour moi… Mais il y a eu tellement de moments forts… Et ce n’est pas fini ! » Et des frustrations ? « Une seule : de ne plus jouer d’orgue. Je suis mangé par le travail administratif ». A l’automne de sa vie, qui sait si ce passeur de culture n’y reviendra pas…
 

Du 11 au 14 décembre, le Printemps des Orgues fait son cinéma
La saison 2014/2015 du « Printemps des Orgues » se situe à nouveau « à la croisée des arts ». En réitérant notamment son partenariat avec le festival Premiers Plans et donc avec le 7e art. En avant-première de la 27e édition de la grand-messe cinématographique angevine, le Printemps des orgues fait son cinéma du 11 au 14 décembre au Grand Théâtre. Très applaudi en janvier dernier, Jean-Philippe Le Trévou s’assiéra de nouveau devant son Grand Orgue Allen de cinéma, pour offrir un programme fort séduisant : « Félix et Compagnie » pour les plus petits ; « Faust » de Murnau, « Notre-Dame de Paris » de Worsley et « Le Mécano de la Générale » du génie Keaton.

« C’est toujours l’idée de transformer le Grand Théâtre en Gaumont Palace des années vingt, explique Bruno Maurel. Avec ce challenge pour notre organiste de s’approprier toutes ces œuvres. Il faut savoir qu’il ne joue jamais exactement la même chose. C’est un improvisateur extraordinaire ».

Autre temps fort de la saison, la clôture en deux temps deux mouvements avec le duo Thierry Escaich (orgue – piano) – Richard Galliano (accordéon) dans l’interprétation des « Quatre Saisons » de Vivaldi et des « Cuatro estaciones Portenas » de Piazzolla, le 25 juin en la cathédrale et au Grand Théâtre.
 
Toute la programmation du « Printemps des Orgues » sur www.printempsdesorgues.fr












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