CURLING : la solitude du grand froid canadien !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 27 Novembre 2011 à 09:52


Dans un village perdu du Québec, Jean-François donne une éducation stricte à sa fille Julyvonne . Au lieu d'aller à l'école, la jeune fille de 12 ans passe ses journées seule à la maison. L'ennui, la solitude terrible, et une horreur mystérieuse, risquent de briser une relation père-fille qui s'effrite et qui se complique depuis déjà longtemps...



Jean-François et Julyvonne, rentrant à pied à leur maison, vont subir un contrôle de police.
Jean-François et Julyvonne, rentrant à pied à leur maison, vont subir un contrôle de police.
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Jean-François et Julyvonne Sauvageau vivent au bord d'une route dans un coin perdu du Québec, ils sont plongés dans une solitude profonde. Jean-François s'ennuie au travail, il est de maintenance dans un bowling et dans un motel. Il apparaît comme un déprimé chronique et surtout comme terrorisé par le monde et l'existence en général. Sa fille, Julyvonne, ne va pas à l'école, son père le lui interdit, cette famille sans mère et éloignée de tout, paraît perdue. Une série d'événements mystérieux qui se produisent, une chambre ensanglantée au motel, un enfant mortellement blessé sur la route, des corps dans une forêt, vont contribuer à l'éloignement de cette famille qui ne sait plus communiquer.

« Curling » est un drame très efficace, le 6ème film de Denis Coté : un cinéaste canadien indépendant qui a le désir de créer un cinéma à contre courant et quelque peu déstabilisant pour le spectateur ; c'est une volonté que l'on retrouve ici, avec une intrigue qui fonctionne bien, ce récit d'une relation père-fille qui meurt petit à petit, mais que les protagonistes essayent de faire durer, en se voilant la face.

Les mystères des disparitions, des morts, ne sont pas forcément éclairés dans le film. Le spectateur aimerait comprendre, avoir des explications, mais ces événements ne sont pas le sujet principal, ils enrichissent de façon très subtile l'histoire d'éloignement de cette famille. Une grande part d'imagination est laissée au spectateur, ce qui l'amène à réfléchir. Les autres personnages jouent aussi un rôle important, comme les collègues de Jean-François, qui s'intéressent à ses problèmes de solitude, d'angoisse. Tout est mis en œuvre pour vivre au plus près la relation compliquée des protagonistes. Les acteurs sont de plus très bons dans ce film. Jean-François et Julyvonne sont aussi père et fille dans la vraie vie, Emmanuel et Philomène Bilodeau, ce qui apporte une aisance évidente dans leur jeu.


De l'humour est aussi présent, malgré l'ambiance globale de « Curling », à travers certains dialogues notamment au bowling, avec des situations risibles par exemple en comparaison au contexte dramatique de la vie de Jean-François.

La réalisation très simple, très épurée du film est une réussite. Il y a énormément de plans fixes, la lenteur du film, la longueur des plans, contribuent énormément à ce sentiment d'ennui et de solitude qu'éprouvent les Sauvageau. Les gros plan permettent de bien rentrer dans l'intimité et les sentiments de personnages. On remarquera l'immensité des décors magnifiques, ces étendues de neige à perte de vue qui engloutissent les personnages, ce qui renforce encore l'idée de solitude, ces décors qui nous rappellent immédiatement le film « Fargo » des frères Coen. Le résultat à l'écran est très beau, avec des paysages simples, aux couleurs souvent tristes, de bons plans et mouvements de caméra, l'efficacité qui se dégage de tous ces choix est saisissante.

« Curling » est donc finalement un très bon film qui ne laisse pas indifférent et qui peut surprendre. Mais il est tout de même réservé aux amateurs de drames et de sentiments forts.

Théo.












Angers Mag