Calculs meurtriers : Schroeder by Number


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 23 Janvier 2011 à 18:22


Dans le but de réaliser un meurtre parfait, deux étudiants que tout oppose s’allient dans le secret. Pensant avoir mené à bien leur projet, ils suivent avec avidité le déroulement de l’enquête. Mais c’est sans compter l’insatiable soif de justice de Cassie Mayweather, le vétéran de la police criminelle chargée de l’enquête.



Richard (Ryan Gosling) et Justin (Michael Pitt) s’affrontant du regard.
Richard (Ryan Gosling) et Justin (Michael Pitt) s’affrontant du regard.
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Pour son 14ème long-métrage, Barbet Schroeder nous livre ici un thriller psychologique qui met l’accent sur la question du mal en chacun de nous. On retrouve dans le film la trace des études de philosophie qu’il a entreprises étant plus jeune. En particulier dans la vision de la liberté que partagent les deux jeunes et qui les pousse à commettre cet acte. Barbet Schroeder puise ses références dans de grands classiques du cinéma, tel Alfred Hitchcock avec son film « La corde » où l’on retrouve le thème du crime parfait et gratuit. On peut également penser qu’il fait référence à la scène de la falaise dans « La mort aux trousses ».

Parmi les particularités de ce réalisateur, on note son profond travail sur les personnages. Ainsi « Calculs meurtriers » met en scène trois personnages principaux aux personnalités complexes. Cassie Mayweather (Sandra Bullock), l’enquêtrice à l’allure masculine et à l’apparente agressivité voit sa carapace se fêler au fur et à mesure du film révélant un passé douloureux et un mal-être profond. Pourtant à la fois féminine et séductrice, elle repousse toute tentative d’attachement de la part des hommes. Fascinée par cette affaire qui lui rappelle sa propre histoire, elle va s’intéresser tout particulièrement et malgré elle à Richard, l’un des deux étudiants qu’elle suspecte. Séducteur et charmant, Richard est l’élève populaire du lycée, à l’opposé de Justin, un garçon intelligent et réservé. Malgré leur différence, ces deux jeunes trouvent l’un en l’autre un miroir dans lequel ils se reflètent d’égal à égal. Leur complémentarité fait de leur relation une relation forte et singulière, à la limite de l’homosexualité. Equilibre cependant mis en cause car tous deux se manipulent mutuellement.

Certaines scènes du film laissent une marque dans l’esprit du spectateur, notamment la scène d’ouverture. Pour cette toute première scène, Barbet Schroeder a choisi un plan séquence, qui est en fait un très long travelling avant, survolant une falaise donnant à pic sur la mer, puis pénétrant à l’intérieur d’une grande cabane de bois d’où l’on entend des voix en hors champs clamant en chœur un décompte : 3, 2, 1 … Le travelling s’arrête sur les deux jeunes en très forte plongée. Un coup de feu retentit et le plan s’arrête, laissant le film commencer chronologiquement, car cette première scène est en fait située vers la fin du film. Étonnement, un plan que l’on pourrait presque qualifier de poétique, est celui d’un cadavre. La peau de la victime est filmée de très près en un lent travelling, par opposition aux films qualifiés par Bernard Sichère de « Cinéma de Barbarie ».

Ce film ouvre magistralement la rétrospective « Barbet Schroeder » et nous donne l’envie de connaître le reste de son œuvre.

Ariane et Anya.












Angers Mag