Carnaval d’Angers : deux sarkos pour le prix d’un


Rédigé par Yannick Sourisseau - Le Samedi 2 Avril 2011 à 23:52


Si le Président Sarkozy dégringole dans les sondages, au Carnaval d’Angers sa cote, ou tout au moins celle de sa statue, était plutôt en hausse. L’outrage dont on avait accusé à tort les organisateurs leur aura finalement bien servi puisqu’il y avait foule sur le parcours pour voir, non pas une grosse tête du président, mais bien deux.



Le groupe Car'lac brunit avec la chaussure du président Sarkozy
Le groupe Car'lac brunit avec la chaussure du président Sarkozy
Certes, ce n’était pas le Carnaval de Dunkerque et encore moins celui de Nice. Plus modeste celui d’Angers aura attiré plusieurs milliers de spectateurs dans les rues et sur la place du Ralliement pour un final en apothéose. Sans le vouloir, les organisateurs, et en particulier la maison de quartier du lac de Maine, ont créé l’événement et réussi la promotion de ce 19ème carnaval, bien au delà de leurs espérances.

La statue en carton pâte du Président Sarkozy, saisie la semaine dernière par la procureure d’Angers, puis finalement restituée, l’affaire ayant fait le tour des radios et TV nationales, aura certainement contribué au succès de cette grande fête populaire, d’autant que la foule aura pu contempler, non seulement l’objet du soi-disant délit, mais également une grande chaussure, cirée avec un cirage spécial du nom de « Car'lac, le cirage qui brunit ». Le couple présidentiel a largement inspiré les carnavaleux.

Au Carnaval tout est permis, y compris de se moquer de ses dirigeants. Il n’y avait donc pas de quoi en faire en fromage, l’affaire se résumant désormais à un excès de zèle de la procureure d’Angers, laquelle, s’est certainement fait remonter les bretelles. Son Ministre de tutelle lui aura certainement dit : « laissez le petit peuple s’amuser, pendant ce temps il ne conteste pas nos réformes ».

Et il s’en est donné à cœur joie, « le petit peuple » des maisons de quartier cet après-midi, l’histoire de la grosse tête du président n’étant plus qu’un souvenir dont on parlera encore longtemps lors des réunions de préparation. Pendant près de deux heures, les sept maisons de quartiers constituées en autant de groupes costumés et grimés ont dansé dans les rues d’Angers, de la place de la Visitation, en passant par la rue des Lices, la rue Voltaire, les rues piétonnes Saint Laud, des poêliers et Lenepeveu, avant de débarquer sur une place du Ralliement qui portait bien son nom. Des milliers d’Angevins s’étaient massés sur la place attendant le final dont chacun parlait depuis plusieurs mois.

Et il y avait tellement de monde que le « Bloco Chango », ensemble de soixante percussionnistes, regroupant, quatre « batucadas » des Pays de la Loire et jouant la musique reine du carnaval de Bahia : le Samba-reggae, avait de la difficulté à rejoindre les marches du théâtre.

Comme prévu, les percussionnistes se sont positionnés au pied du théâtre pour lancer les joutes dansées entre les écoles de danse des maisons de quartier. La température estivale de ce premier samedi d’avril est montée d’un cran et la foule, tout d’abord passive, n’a pas hésité à se joindre aux danseurs pour constituer une « flash mob dansée ». L’an prochain, mise en circulation du tramway oblige, ce genre de rassemblement ne sera plus possible.

Comme prévu, les angevins se sont appropriés l’espace urbain pour un grand moment d’échange, de partage et de convivialité, exprimant sa formidable envie de danser et faire la fête. Dimanche le carnaval se poursuit dans les quartiers des Justices et du lac de Maine.





Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur

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