Catherine Corsini : "Je suis très heureuse d'être ici et impatiente"

Festival Premiers Plans 2014


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Samedi 18 Janvier 2014 à 00:15


A peine débarquée sur le lieu du film - onze jours de fête du cinéma à l'angevine dans laquelle elle tient le rôle de présidente du jury - qu'elle accorde ses premières interviews. L'affable et pertinente Catherine Corsini ne boude pas son plaisir.



Catherine Corsini, la présidente du jury 2014
Catherine Corsini, la présidente du jury 2014
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C'est une première pour vous ici à Premiers Plans ?
Catherine Corsini : "Non, j'étais venue dans les débuts, en 1995, si ma mémoire est bonne. C'était pour un colloque autour du cinéma et de la télévision. Je ne suis pas revenue depuis mais je suis très heureuse d'avoir été invitée et très impatiente de découvrir toutes ces premières œuvresi".

Le rôle de jurée vous est familier je crois...
"J'ai eu quelques expériences. A Cannes, Dinar et à Venise, pour la section Orrizenti, l'équivalent de la programmation Un Certain Regard à Cannes. Nous y avons d'ailleurs honoré un film français, Eastern Boys de Robin Campillo. C'est toujours intéressant de découvrir des premiers films et d'échanger ses points de vue. Je me souviens d'avoir vu des films d'école à Poitiers et j'avais trouvé cela hyper réjouissant".

La fraîcheur du regard, l'enthousiasme du débutant... ?
"Oui. Faire un premier film, c'est être en état d'alerte et dans ce temps de l'innocence et de l'audace que l'on ne retrouve plus après. Avec l'âge, on a un peu plus de scrupules. On se dit qu'être cinéaste, c'est aussi du travail et que l'on ne peut pas se reposer que sur son instinct. Mais ce dernier est tellement précieux quand on se lance dans l'aventure d'une première œuvre. C'est pour cela que je suis très sensible à l'idée de découvrir les films de Premiers Plans".

Vous avez une belle carrière de réalisatrice et de scénariste. Mais le jeu, l'interprétation faisaient partie de vos premières amours, n'est-ce pas ?
"Le théâtre a toujours été très important pour moi. Je continue d'ailleurs à aller régulièrement voir des pièces. L'incarnation est ce qu'il y a de plus important à mes yeux et je pense que cela se ressent dans mes films. Quant au récit, à la construction, à la dramaturgie, ils sont les fondamentaux de notre art".

Deux noms ressortent de votre vie de théâtre : Antoine Vitez et Michel Bouquet. Que vous ont-ils apporté ?
"Beaucoup et différemment. J'ai eu une amitié très forte avec Michel Bouquet. C'était sa première année au Conservatoire et il se régalait de nous voir. Il nous racontait son parcours, lui qui n'était parti de rien. C'était et c'est un homme précieux et délicat. Il avait une théorie sur le jeu que je reprends toujours avec mes acteurs. C'est l'idée d'éboulement des interprétations pour en constituer un mille-feuille et arriver à la bonne interprétation. Je garde cette approche de travail par strate.

Antoine Vitez correspond à mes années de formation. Lui faisait du théâtre avec tout. Il était contre les emplois. Il pouvait donner le rôle d'ingénue à une fille un peu gironde, que tous auraient vu soubrette. Il était d'une inventivité inouïe. Jean-Luc Godard m'a aussi séduite par sa sagacité".

Et après le voir et l'apprendre, le métier... le faire !
"Oui, avec toute une génération dont les œuvres semblent se répondre, comme le dit Dominique Cabrera. Je m'inscris dans la famille des Xavier Beauvois, Cédric Kahn, Pierre Salvadori".

Vous êtres une militante dans l'âme. A l'heure du rapport Bonnel sur le cinéma, quelles sont pour vous les combats à mener pour que le 7e art se porte mieux en France ?
"Avant toute chose, le cinéma a encore une place privilégiée en France. Mais il est vrai qu'il faut faire attention. On exclut les petits films des salles aujourd'hui et on les met directement sur internet. C'est dangereux car cela profite aux gros circuits et ne favorise pas la diversité. Il faudrait une meilleure répartition entre le cinéma pauvre et le cinéma riche. Le cinéma du milieu, cher à mes yeux et à ceux de Pascale Ferran, trinque beaucoup en ce moment. Et pour qu'il y ait des extrêmes, il faut un milieu !i"

Votre futur projet ?
"Cela se passe dans les années soixante-dix et cela raconte l'amour entre deux femmes - l'une féministe et l'autre jeune paysanne arrivant à Paris. La première sera jouée par Cécile de France, l'autre par Adèle Haenel. Pour une fois, mes personnages seront solaires !i" (tournage cet été).












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