Centre de tri à Biopole : emballé, c'est pesé ?


Rédigé par - Angers, le 05/04/2017 - 18:02 / modifié le 05/04/2017 - 23:04


Pour le groupe Paprec, les dés du projet -qui prévoit l'installation d'un centre de tri sur le site de l'ancienne usine Biopole- ont été pipés en faveur de son concurrent Véolia. Des « accusations graves » selon la communauté urbaine, qui conteste en bloc.



Le site de Biopole deviendra un centre de tri de gros tonnage d'ici à la fin du mandat en cours, en 2020.
Le site de Biopole deviendra un centre de tri de gros tonnage d'ici à la fin du mandat en cours, en 2020.
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Une sortie par le haut : c'est ce que défend depuis l'automne le président d'Angers Loire Métropole, Christophe Béchu, pour le dossier Biopole. Débarrassée des contentieux avec le constructeur du site, Vinci et son exploitant, Véolia, la collectivité entend lui offrir un nouvel avenir, en y créant un centre de tri des déchets -en gros les bacs et sacs jaunes- de son territoire mais aussi du nord-est du département et du Segréen. Au total, un potentiel de 28 000 T de déchets, pour un coût à la tonne de 139 € et un investissement de 16 M€ : voilà pour les chiffres servis par le bureau d'études sollicité par l'agglo -la cabinet Atlance- il y a quelques mois.
 
Seulement voilà, la partition déroulée par la collectivité ne sied guère au groupe Paprec, dont le centre de tri, installé à Seiches-sur-le-Loir, gère pour l'heure ses déchets issus du tri sélectif. Et se serait bien vu y accueillir l’ensemble de ceux visés par le projet.  "Nous nous interrogeons sur l'urgence à construire un nouveau centre de tri alors que le nôtre est en parfait état de marche", explique le directeur du service Collectivités de Paprec, Christophe Mallevays, contestant des « chiffres erronés », rapport de l'Ademe et observations nationales à l'appui. 

Le centre de tri de Seiches-sur-le-Loir, propriété du groupe Paprec.
Le centre de tri de Seiches-sur-le-Loir, propriété du groupe Paprec.
Le coût de 139 €/T : "Ils n'y arriveront jamais, parce qu'ils se basent sur un tonnage de 35 000 T : où vont-ils chercher les 7 tonnes manquantes alors que le potentiel de captation hors département est limité ?" « L’étude a démontré que ce prix sera inférieur à 140 €/T », maintient Angers Loire Métropole. Les 16 M€ d'investissements : sous évalués aussi selon Paprec, qui rappelle qu’une étude de l’Ademe l’avait estimé à « 22 M€ »« L’investissement pour Biopole sera plus proche des 10 M€ » conteste encore ALM, rappelant qu’elle n’aura pas de bâtiment à construire, "ni de foncier à acquérir", appuie la vice-président de la collectivité en charge des déchets, Joël Bigot.

Pour Paprec, qui craint pour les 51 postes de son site de Seiches, tout a été fait pour favoriser Véolia, depuis l’imposition de l’incinération à la fermeture de Biopole, jusqu’au rejet de son propre projet de réindutrialisation du site, soumis l'été dernier à la sagacité des responsables de l'agglo. Réponse d’ALM : « Si le projet PAPREC n’a pas été retenu par l’Agglomération angevine, c’est qu’il n’avait tout simplement aucun sens : ni techniquement, ni économiquement, ni environnementalement ».

Vers une Société publique locale pour gérer le projet

Plus avant, Joël Bigot avance des arguments stratégiques pour expliquer la position de la collectivité : "Les études que nous avons commandées montre que nous avons tout intérêt à constituer une Société publique locale (SPL), à capitaux publics. C'est ce que nous souhaitons faire rapidement, pour que le centre de tri ouvre sur le site de Biopole avant la fin du mandat en cours, début 2020."

Reste à connaître le dimensionnement du projet. Et donc des partenaires qui intégreront la SPL, au sein du département, ou en dehors. On ne requalifie pas de la même façon un centre qui accueillera 25 000 T qu'une structure qui pourrait en accueillir 45 000. Le vice-président d'ALM l'assure, "beaucoup sont intéressés par ce que l'on ambitionne de faire. Le tour de table se poursuit, mais il ne pourra pas durer éternellement. D'ici quelques semaines, pour ceux qui ne voudront pas prendre d'engagements fermes au sein de la SPL, il sera trop tard."

Une fois la SPL constituée, il s'agira de définir précisément quel type d'équipement accueillera l'ancien site de Biopole. Puis d'engager un appel d'offres commun pour la réalisation et l'exploitation dudit équipement. De ce point de vue, la saga Biopole a vacciné les élus communautaires : plus question pour eux de dissocier le constructeur de l'exploitant...

Reste que le nom de l'heureux élu sera scruté avec attention par les observateurs de tous crins. Véolia n'a aucune assurance vis-à-vis de ce marché, soutient-on du côté de l'agglo, pour qui la priorité est de "se soustraire à toutes les fluctuations du marché ou à une situation monopolistique sur un territoire. Nous ne voulons pas être tributaire de la stratégie de groupes nationaux", précise Joël Bigot.

Un prérequis qui concerne Véolia. Comme Paprec. "Ils ne sont pas les seuls sur le marché..."




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