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On en cause ...

Ces salariés qui se sentent mal au travail


Rédigé par - le 9 Octobre 2009 à 07:56


Largement médiatisée, la vague de suicides au sein de l’entreprise France Télécom a fait prendre conscience de l’urgence qu’il y avait à remettre l’homme au centre du débat. Concurrence mondiale, recherche de profits, besoin de consommer ont engendré un mal être au travail de nombreux salariés. Il est de temps de faire quelque chose.



Ces salariés qui se sentent mal au travail
Les 24 morts en deux ans de l’entreprise France Télécom constituent peut être l’arbre qui cache la forêt. De partout on entend parler de femmes et d’hommes qui ne respirent pas le bonheur et la joie de vivre lorsqu’ils sont sur leur lieu de travail. Soumis à des pressions de plus en plus fortes et des cadences de plus en plus infernales quand ce ne sont pas les brimades de la part de « petits chefs », ou des méthodes de management par la terreur, nombreux sont les employés qui envisagent de passer à l’acte et de se soustraire de cette société qui les a oubliés sur le bord du chemin.

Au-delà des profits des grandes sociétés capitalistes lancées dans une concurrence effrénée pour gagner toujours plus de part de marché, le salarié qui aspire lui aussi à gagner plus pour dépenser plus, est peut-être en train de tomber de sa branche. Le travail n’est pas une fatalité, c’est une obligation pour qui veut vivre et parfois survivre. Mais le travail a ses limites et l’homme n’est pas une machine réglée comme une horloge susceptible de travailler 8h heures durant sans faiblir. Chacun, qu’il soit chef d’entreprise s’est engagé dans une démarche progressive qui conduit inéluctablement aux drames que l’on connaît aujourd’hui. Il est plus que temps de faire une pause et de repenser le travail, la hiérarchie, la taylorisation que les maitres à penser ont initié.

Le cas de France Télécom n’est pas unique. Il y a celui de Renault et de bien d'autres grandes entreprises où l’homme, le travailleur comme on l’appelle, est devenu un simple numéro que l’on déplace, que l’on manipule, que l’on brutalise au gré des besoins et des envies de gagner de l’argent, sans se soucier le moins du monde de ce qui peut arriver. Et oui l’homme est fragile et à force de le charger comme un mulet, il peut à tout moment faillir et tomber. Il ne fait pas partie de la « chair à canon » d’entreprises qui pourraient s’arranger d’un pourcentage de pertes pour gagner la bataille économique dans laquelle elles sont engagées. Non, Monsieur Lombard, le suicide n’est pas à la mode, c’est une triste réalité dont vous êtes, vous et vos semblables, seuls responsables.

Certes la plupart de ces employés ont vécu la belle époque, celle où l’on arrivait à quatre chez le client pour poser un simple téléphone. On leur a dit que désormais ils seraient moins nombreux, qu’ils effectueraient un travail plus intéressant, plus rémunérateur, mais on ne leur à pas dit qu’ils seraient surtout des mercenaires, à la solde de leur patron, prêts à mourir pour que celui-ci puisse dormir sur un matelas d’or.

On ne peut plus se contenter de dire que le monde a évolué et que chaque entreprise, qu’elle soit publique ou privée est condamnée à se battre pour obtenir une place au soleil. Bien sûr une entreprise qui engrange des profits a des chances de pouvoir continuer à faire vivre ses employés. Mais est-ce une raison pour s’en servir comme de simples serpillères sur lesquelles on s’essuie les pieds. Les grands patrons ont-il oublié que ce sont ces travailleurs qui font gagner de l’argent à leur entreprise et sans eux celle-ci n’existerait même pas.

Non nous ne sommes pas dans un monde virtuel, un grand jeu de Monopoly avec des faux billets de banque. Ce monde est bien réel et l’homme est plus que jamais au centre du débat. Ecoutons le, dialoguons avec lui, intéressons-le à l’entreprise pour qu’il se sente concerné par celle-ci et faire en sorte qu’il ne soit pas oublié et sacrifié, comme c’est de plus en plus le cas, sur l’autel d’un profit aveugle.

Après avoir écouté Didier Lombard, président-directeur général de France Télécom, une commission sénatoriale, présidée par la centriste Muguette Dini, a décidé d'approfondir sa réflexion sur la réalité des conditions de travail, la santé et le stress dans le secteur professionnel. « C’est une première étape dans la prise en compte des souffrances dont sont victimes les salarié(e)s dans leurs entreprises», se sont réjouis les sénateurs de Gauche.


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