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On en cause ...

Cet Etat qui dépense sans compter


Rédigé par - le 30 Juin 2010 à 22:10


La dernière lettre du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, appelle les ministres et d’une manière générale l’ensemble des services publics, à réduire leur train de vie. Ce rappel à l’ordre n’est pas nouveau, d’autres l’ont fait avant lui et pourtant l’Etat est toujours aussi dépensier et en premier lieu ses grands serviteurs qui s’attribuent salaires et avantages en nature mirobolants.



Cet Etat qui dépense sans compter
Bien sûr le geste est symbolique et en période d’austérité rien de mieux que de faire croire aux pauvres français que le gouvernement est conscient de leur détresse sociale. Tous les jours la presse met sur la place publique les petits avantages de nos ministres et élus de la République. Après le gros cachet de Christine Boutin, les logements de fonction de Christian Estrosi et les nuits d’hôtel à 600 Euros de Rama Yade, il était temps de faire quelque chose, ne saurait-ce que pour faire taire ces journalistes qui mettent le nez dans leurs affaires bien juteuses.

Mais à y regarder de plus près, ces mesures n’apportent rien de nouveau, certaines étant déjà appliquées et le reste, si elles ne sont pas affaire de bon sens, ont un impact limité en terme de réduction. Du reste selon les milieux les mieux informés elles représenteraient une réduction de 1 à 3 milliards d’Euros, soit seulement 4,5% des 100 milliards permettant de ramener la dette publique à 3% en 2013. Nous sommes loin du compte, peut-être faudra-t-il demander au Chef de l’Etat et à ses ministres de réduire les indemnités de fonction et petits avantages financiers.

Ces réductions auraient elles aussi valeur de symbole, au moins autant sinon plus que la diminution des voitures de fonction. Certains pays européens, à l’exemple de l’Irlande ou de l’Espagne n’ont pas hésité à le faire, contribuant ainsi à l’effort national et donnant l’exemple à tous les citoyens. Mais il coulera beaucoup d’eau sous les ponts avant que nos chers, trop chers ministres, acceptent de leur propre chef de réduire leurs salaires et indemnités diverses. Pour en arriver là il faudra peut-être cesser de considérer la politique comme un métier, une rente qui peut rapporter gros.

A moins que, à la veille des élections de 2012, trop bas dans les sondages, ils décident de faire cet ultime effort. Mais il faudra qu’ils soient descendus bien bas. Et, comme dirait un ami, la démocratie c’est : « cause toujours tu m’intéresse » et pendant que l’on parle du train de vie de l’Etat et des affaires douteuses avec les plus grandes fortunes, des mesures bien plus importantes, comme la réforme des retraites s’élaborent en douce, masquées par cet écran de fumée.

Reste que ces mesures, si elles sont effectivement appliquées répondent à des questions de bon sens qui veut que l’on étudie le meilleur rapport qualité prix avant de prendre une décision. Ce sera notamment le cas avec le train, plutôt que l’avion pour les déplacements sur le territoire, le logement des ministres dans les ambassades ou préfectures plutôt que dans la suite d’un hôtel de luxe, la réduction des frais de bouche et avantages en nature qui ne sont pas liés directement à la fonction ou les appartements du parc privé haut de gamme pour les hauts fonctionnaires. Proscrits les 120 000 euros de cigares payés sur fond public ou la suite royale de Rama Yade en Afrique du Sud, plus chère que les chambres d’hôtels, pourtant très élevées de l’Equipe de France de Football.

Et du coté de l’opposition qui crie au scandale et dénonce à tour de bras les dépenses exagérées du gouvernement en place, ce n’est pas mieux. En effet ces derniers oublient un peu vite que François Mitterrand, pour ne citer que lui, hébergeait sa maitresse et sa fille illégitime au frais de l’Etat.


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