Chabada : du gros matos en façade et en coulisse


Rédigé par - Angers, le Vendredi 9 Septembre 2016 à 07:45


Au mois de juin dernier, la salle de musiques actuelles angevine a tourné une page de son histoire avec le départ de l'un de ses co-directeurs, François Delaunay. Cette rentrée musicale est donc l'occasion pour son successeur au poste, Davy Demaline -bien connu au Stereolux de Nantes- d'étrenner ses nouvelles fonctions. Avec une ambition réelle de rayonnement local, appuyée sur une prog' trimestrielle musclée.



Les Néerlandais de Birth of Joy seront sur la scène du Chabada le 9 novembre prochain. Crédit photo : Timo Reisiger.
Les Néerlandais de Birth of Joy seront sur la scène du Chabada le 9 novembre prochain. Crédit photo : Timo Reisiger.
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Il ne faut pas se leurrer : quand on cause du Chabada à Angers, on parle surtout du concert à venir, de la qualité -ou non- de sa programmation et des découvertes musicales que l'on peut y faire.
La salle de musiques actuelles angevine est une institution. Avec ce que le terme renferme en lui de positif, comme de négatif. Reste qu'en cette rentrée culturelle, une curiosité certaine entoure le lieu. Les murs n'ont pas bougé, mais une tête a changé : après avoir porté le projet du Chab' depuis sa création, François Delaunay a laissé les clés du camion, en juin dernier, à un autre co-directeur, Davy Demaline.
 
En poste depuis un peu plus de deux semaines, le bonhomme a dû se plier à un second examen de passage -après son grand oral devant le jury de recrutement, il y a quelques mois- à l'occasion de la présentation de la prog' du premier trimestre. Rien de bien traumatisant pour ce trentenaire, citoyen du monde, à qui l'on doit notamment la transition de l'Olympic au Stereolux, à Nantes, ou encore le développement du festival Scopitone, même lieu.
 
Davy Demaline a le verbe facile et l'ambition large, à l'heure de chausser les souliers de grand timonier du Chab'. Dans ses premiers mots pourtant, point de révolution culturelle, mais la volonté "de consolider ce qui est en place, les évolutions et axes de développement initiés ces dernières années. En renforçant l'ancrage territorial du Chabada et les partenariats avec l'écosystème local".
"Consolider ce qui est en place, les évolutions et axes de développement initiés ces dernières années. Et renforcer l'ancrage territorial du Chabada et les partenariats avec l'écosystème local" - Davy Demaline

Des mots bien sentis pour son entrée en scène, donc, qui devraient se traduire en actes dans les prochains mois et années par la naissance de "transversalités esthétiques et artistiques, pour placer encore un peu plus le Chab dans le champ plus large de l'industrie culturelle et créative", appuie-t-il.
Il a de la chance, Davy Demaline. Car la dynamique en cours à Angers porte objectivement la marque cette ambition transversale, comme la tenue de l'Austin Week, la semaine prochaine, en fournit la démonstration. Nul doute que ce féru d'images et d'arts numériques trouvera sa place dans le bouillonnement actuel, qu'il veut en plus agrémenter "d'actions culturelles et de développement des pratiques amateures." Wait and see !

Reste que le juge de paix populaire, pour une salle de musiques actuelles, c'est bien ce qu'elle propose sur scène. Et de ce point de vue, la programmation du premier trimestre dévoilée ces jours-ci est appétissante. "Ce qu'on programme est parfois critiqué, et sans doute critiquable, mais je dois avouer qu'on est fier de ce qui va venir ce mois-ci", avance Stéphane Martin, le programmateur du Chabada. "Sur le papier, c'est très solide et ça reflète bien la ligne artistique du lieu, avec de l'éclectisme et de la qualité."
 
Qu'y a-t-il au menu ? Ce que la chanson française fait de plus soyeux, d'abord : après la 4e édition du Levitation -au Quai, mais co-produit par le Chab-, Emily Loizeau viendra en résidence à Angers, puis jouera live, le mardi 27 septembre. D'autres résidences s'annoncent, comme le projet rennais "Her", Miossec ou encore un Color Bars Experience consacré à Nick Drake.
 
La rentrée du Chab est également marquée par des dates de la nouvelle scène hip-hop, avec MHD et SCH. "On aime ou pas, mais ils impulsent un nouveau son dans le genre, loin des parrains des années 90", soutient Stéphane Martin. Dans un tout autre style, les Néerlandais de Birth of Joy (9 novembre) -qui avaient dynamité la scène de Tempo Rives il y a trois ans- et la révélation tardive de Calypso Rose (8 novembre)  -dans la lignée de Cesaria Evora- viendront imposer leur esthétique, flanquée, pour la dernière citée, des locaux de Blind Bud and The Loire Valley Calypso.
Ancrage territorial oblige, la scène locale est évidemment présente dans cette prog' de premier trimestre, en première partie (Angry Beards pour Emily Loizeau, Des Lions pour des Lions pour Konono n°1, le 27 octobre), mais aussi en "tête d'affiche" : Eagles Gift viendra présenter son Astral Journey, le 21 octobre, et Thylacine investira les lieux le samedi 5 novembre.
 
Citons encore Kevin Morby (17 novembre) -le kif personnel de Stéphane Martin : "Bob Dylan au XXIe siècle- La Yegros (le 5 octobre), Soom T (le 29 octobre) ou Radio Elvis (le 23 novembre).
 Cette programmation propre se double plus que jamais d'un "travail avec les acteurs de terrain : les musiques actuelles embrassent trop de formes pour n'être le travail que d'un seul homme. On s'appuie donc sur les expertises locales, notamment sur les esthétiques de niche", résume Stéphane Martin. Ce sera le cas pour les festivals Excessiv' XL (samedi 15 octobre), le Modern Festival -une grosse machine portée par Dirty Frenchy- ou encore Solids Records Presents (le vendredi 9 décembre).
 
En clair, "toute l'activité de diffusion ne repose pas sur nos épaules", reprend Stéphane Martin. Le Chab' n'est pas un guichet unique, et sa collaboration avec les caf' conc' angevins sera renforcée : le On Stage, délocalisé le 6 décembre au Jokers Pub, en est la preuve.
 
Toute la programmation sur le site du Chabada.





Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Guillaume le 09/09/2016 18:37 | Alerter
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Pourquoi n'avons-nous pas (plus) droit à des groupes comme Nada Surf au Chabada ?

Nada Surf sera en concert en 2016 à Nantes mais aussi à Reims, Angoulême et Alençon, des agglomérations bien plus petites qu'Angers.

2.Posté par Depisan le 10/09/2016 17:32 | Alerter
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Et pourquoi Raoul Petite ne vient pas au Chabada ?








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