Charles Diers, un autre but


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers le Vendredi 14 Avril 2017 à 07:45


Loin du foot-business, l’ancien joueur du SCO d’Angers a mené sa carrière comme il attaque sa reconversion. Avec réflexion, calme et détermination. Ambition : « Faire aussi bien ».



Charles Diers goûte à la douceur angevine sur les bords de Maine où il fait son footing tous les week-ends, "indispensable pour le corps et l'esprit".
Charles Diers goûte à la douceur angevine sur les bords de Maine où il fait son footing tous les week-ends, "indispensable pour le corps et l'esprit".
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Bac S, Deug de maths, licence d’informatique, diplôme de comptabilité-gestion, master en management et entrepreneuriat – en cours – à l’Essca. Serait-ce le CV d’un jeune étudiant angevin en quête d’un stage ? L’étudiant en question affiche tranquillement ses 36 ans au compteur, dont près de 30 comme footballeur.

Minot d’abord, au club local de Cambrai, le lieu de naissance, dans une fratrie de cinq, où ses commerçants de parents distillent des valeurs suivies à la lettre par le jeune Charles : « Pour bien réussir dans la vie, il faut bien travailler à l’école ». Y compris dans le football, où le jeune Cambrésien se fait remarquer. « A 16 ans, j’ai commencé à jouer en CFA 2. Quand un jeune commence à percer, ça se sait, la presse en parle, et les clubs pro sont venus me proposer d’intégrer leur centre de formation », raconte l’ex-joueur du SCO.
Auxerre, Lens, Guingamp, Caen sont venus proposer leur service mais c’est à Lille qu’il partira, crampons et bouquins sous le coude. « J’ai choisi cette ville, un peu parce que c’était le club que soutenait la famille », sourit Charles Diers, « mais, surtout parce que l’ambiance me plaisait. On allait dans un lycée normal toute la journée et le soir, on s’entraînait ». Suivront Dijon, Boulogne-sur-Mer, Clermont-Ferrand et Angers, pour huit saisons.
Leçon familiale : « Pour bien réussir dans la vie, il faut bien travailler à l’école »

« Sans conteste, c’est un bosseur », appuie Thierry Lardeux, le journaliste d’Angers Télé. « Jamais il n’a baissé les bras, même à la fin quand il jouait moins. Quand l’entraîneur le sélectionnait, il répondait présent ». Même à 34 ans et 7 mois, lorsqu'il bat le record de l’histoire du foot français, en devenant le joueur le plus âgé à participer à son tout premier match de ligue 1.

Discret, tempéré, il a su accrocher des galons de leader de vestiaire à son maillot, avec son copain Olivier Auriac. Les deux compères ont raccroché les crampons ensemble à l’issue de la saison 2015/2016, mais poursuivent l’aventure au sein de la fameuse « Dalle angevine ».
Petit retour en 2012. L’équipe angevine gagne 1 à 0 contre Ajaccio, en allant arracher la victoire dans les arrêts de jeu. Au vestiaire, Olivier lâche : « On a la dalle, la dalle angevine ». Lancée sur les réseaux sociaux, La dalle, cette envie de se battre jusqu’au bout, devient un slogan pour la communauté des amateurs de sports angevins. « Suite au conseil de ma femme, juriste, j’ai dit à Olivier qu’il devait déposer la marque. Il a voulu qu’on le fasse ensemble. On a créé une association avec un site web pour essayer de créer des synergies dans le sport angevin. On va lancer cette année une opération de mécénat pour soutenir des projets. On veut en faire une sorte de référence dans le sport local », détaille Charles.

L’Angevin d’adoption l’est aujourd’hui de cœur, et envisage sa deuxième carrière ici, « pour faire au moins aussi bien que dans le foot ». L’ambition du sportif est intacte. « La vie, c’est comme le sport, ce sont les résultats qui parlent ».





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