Chemillé quand le Jazz est là ...


Rédigé par Sébastien Ridé - Angers, le Lundi 20 Juin 2011 à 07:21


C'est du 12 au 19 juin que se tenait le quinzième anniversaire de ce « Festival des Jazz » du côté de la région Chemilloise. Avec des tarifs tout à fait abordables (seulement 5 euros par concert !) on pouvait se régaler les oreilles toute la semaine passant du big band, au jazz manouche, pour finir en beauté avec du vibraphone et de l'orgue Hammond ...



Grand jazz pour petit prix à Chemillé !

Chemillé quand le Jazz est là ...
la rédaction vous conseille
Communication assez discrète autour de ce festival, on y découvre pourtant des artistes de grand talent comme Stan Laferrière ou Rhoda Scott, avec des styles musicaux assez éclectiques, rappelant ainsi que cet événement porte bien son nom : « le Festival des Jazz ». L'essentiel des concerts et animations se situent dans le grand Théâtre du Foirail, un lieu de culture haut en couleur. Une jolie exposition de peintures « 15 ans de jazz » (encore visible jusqu'au 26 juin, dépêchez-vous !) était aussi proposée pour ajouter une touche de couleur jazzy dans le hall du théâtre. A voir : quelques photos pour rendre compte de l'ambiance et du cadre

Arrivée mercredi en fin d'après midi au théâtre du Foirail, il n'y a pas encore grand monde puisque le concert est dans trois heures ! Petite visite du hall pour retirer les billets à l'accueil puis direction le bar pour se désaltérer du voyage … Il est temps maintenant d'aller admirer les tableaux d'une exposition (ça tombe bien c'est aussi le titre du concert de ce soir!) sur la rétrospective de quinze années du festival en peinture. Un petit tour à l'étage au dessus du hall pour découvrir un endroit insolite : une machine à livres ! Je découvre alors le concept du Bookcrossing (ou « passe-livres » en français dans le texte !) qui consiste à déposer des livres inutilisés ou récupérer les livres que d'autres auront pris soin de laisser dans un endroit spécialement dédié à cet effet … moi qui croyait que les échanges centralisés par « peer to peer » ne pouvait se faire que par Internet, je suis agréablement surpris !

Arrive bientôt l'heure du concert et il faut commencer à faire la queue une bonne demi-heure avant car le placement est libre. Finalement l'attente en valait la peine puisque je me retrouve presque dans les premiers rangs ! Le programme est en deux parties ce soir, avec tout d'abord une adaptation jazz des « tableaux d'une exposition » de Moussorgski (œuvre extrêmement connue tout comme « Nuit sur le mont chauve ») puis ensuite un répertoire de standards et compositions plus personnelles avec des invités surprises … Il ne faut pas forcément connaître l’œuvre de Moussorgski pour apprécier l'adaptation de Stan mais c'est un régal de comparer avec la version classique !

Pour la deuxième partie les guests stars font leur apparition : il s'agit de l'excellent trompettiste Nicolas Folmer (Django d'Or et Victoire du Jazz 2005) et du grand batteur mais discret François Laudet (habitué du festival « Jazz in Marciac »). Stan nous raconte aussi une petite anecdote sur sa famille car son parrain vient de le quitter un mois plus tôt, et il a décidé ce soir de lui rendre hommage avec un morceau intitulé « Candy Floss » (en français ça donne Barbapapa), car ce monsieur n'est autre que Ricet Barrier voix de la toute première série animée des Barbapapas ! La soirée se terminera en beauté sous les applaudissements avec un solo magistral de batterie suivi d'un rappel très groovy !


Dernier concert pour la clôture du festival, l'honneur revient à Rhoda Scott et Dany Doriz Big Band d'animer la soirée. On commence avec un Big Band digne de Lionel Hampton car D.D est un vibraphoniste français chanceux puisqu'il est aussi propriétaire du « Caveau de la Huchette » (célèbre club de jazz) où ont joués les plus grands jazzmen … Il ne manque pas d'humour non plus et aime bien provoquer le public qui se prête facilement au jeu ! Petit incident technique en début de concert puisque la pédale du vibraphone se déboite, mais un technicien règle le problème en 2 min chrono pour que le swing reparte de plus belle ! Arrive ensuite une invitée de marque sur la scène : il s'agit de la sublime chanteuse américaine Gilda Solve (qui a aussi une jolie voix soit dit en passant !) qui nous gratifiera de quelques morceaux avec le Big Band pour notre plus grand plaisir.

Enfin arrive la dernière partie du concert avec l'arrivée de l'immense organiste Rhoda Scott, spécialiste de l'orgue Hammond (un son reconnaissable facilement par exemple dans « Cécile » de Claude Nougaro). Un petit regret car elle est face à la scène mais il n'y a pas d'écran vidéo, donc on ne voit pas ses mains ce qui est vraiment dommage … mais on se rattrape avec ses pieds car l'orgue se joue toujours avec un pédalier ! Elle enchaîne les morceaux sous les applaudissements car pour jouer comme cela il faut beaucoup d'énergie et de maîtrise. Gilda revient alors sur la scène pour interpréter en duo avec Rhoda « Sweet Georgia Brown » un standard repris par les plus grands. Pour clôturer la soirée le Big Band revient jouer avec Rhoda Scott, ce qui donne trois claviers pour le prix d'un : un piano, un vibraphone, et un orgue. Puis un mini bœuf est organisé en invitant d'autres musiciens de la salle à monter sur scène … ainsi le vibraphoniste angevin Vincent Maillard jouera en duo avec Dany ainsi que certains bénévoles du festival.

Et oui un festival de Jazz c'est aussi ça, la rencontre des amateurs avec des légendes !


LES TAGS : jazz, musique, spectacle










Angers Mag