Christian Roblédo : "Pour une université citoyenne, ouverte et accueillante"


Rédigé par - Angers, le 14/01/2016 - 06:55 / modifié le 13/01/2016 - 22:06


Le mardi 19 janvier, étudiants, personnels administratifs, enseignants et enseignants-chercheurs de l'Université d'Angers sont appelés à élire leurs représentants au sein de trois instances : le conseil d'administration, le conseil de la vie étudiante et la commission recherche. Suite à cela, les nouveaux membres du conseil d'administration éliront le président de l'Université, entre les deux têtes de listes, Christian Roblédo (Dynamique UA) et Antony Taillefait (UAmbition partagée) le 15 février. Nous avons posé une série de neuf questions à chacun des deux impétrants.



Christian Roblédo est à la tête de la liste "Dynamique UA".
Christian Roblédo est à la tête de la liste "Dynamique UA".
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Il y a trois ans, l'Université d'Angers était dans la rue pour sa survie financière. A-t-elle selon vous aujourd'hui les moyens de jouer pleinement son rôle ? Quels sont vos objectifs de moyens financiers pour les années à venir ?

"C’est vrai mais nous sommes battus et nous avons pu obtenir une augmentation de 7,5 M€ de notre dotation. Nous avons pu ainsi relancer notre politique de recrutement en appui de nos objectifs scientifiques et de formation. Aujourd’hui nous pouvons nous développer à condition d’en avoir l’énergie et le dynamisme. Je l’ai eu aux côtés de Jean-Paul Saint-André, je l’aurai avec mon équipe lors du mandat à venir. Nous agirons à la fois sur nos ressources (négociation avec notre tutelle, valorisation, formation continue) mais aussi sur la maîtrise de nos dépenses (consommation de fluides, rationalisation des marchés…). Il nous faut une moyenne de 2 M€ de marge de manœuvre budgétaire pour couvrir l’augmentation mécanique des charges et maintenir une politique de formation et scientifique efficace." 

Quelles sont, selon vous, les forces de l'Université d'Angers ? Ses faiblesses, sur lesquelles il faut travailler ?

"L’UA est reconnue pour la qualité de ses formations (taux de réussite en licence et insertion professionnelle excellents…). Nous avons des spécificités que l’on ne retrouve pas ailleurs (tourisme, végétal). Il faut en être fier et continuer à le faire savoir. Nous sommes aussi une université à taille humaine qui nous rend très réactifs et autorise un travail en transversalité entre composantes et laboratoires. Nous devons en faire un atout. Notre faiblesse ? A l’image d’Angers : pas suffisamment visible et rayonnante internationalement alors qu’elle est reconnue dans ses spécificités et bourrée de talents dans le domaine de la recherche et de l’innovation. Il faut corriger cela."

On dit généralement que l'ouest est le grand oublié des financements liés à la recherche. Quelle est votre position vis-à-vis de cette réalité ? N'y a-t-il pas là un risque de voir les établissements angevins devenir, à court ou moyen terme, des établissements de seconde zone ?

"Si l’on fait référence aux Programmes d’Investissements d’Avenir, c’est une évidence Au-delà du regret, cela nous interroge sur la place que l’Etat entend accorder à l’enseignement supérieur et à la recherche dans l’Ouest du pays. Nous avons des atouts. Nous avons l’énergie et le dynamisme pour que notre établissement reste de première zone, en nous insérant en tant que partenaires incontournables dans des réseaux nationaux et internationaux, pour avoir une place de choix dans les futurs projets. C’est un travail collectif où l’appui des collectivités est primordial."

Quel avenir voyez-vous pour l'Université d'Angers dans le cadre d'un regroupement d'universités (COMUE) ?

"L’Université Bretagne-Loire (UBL) est un projet devenu réalité. 3ème université de par sa taille et sa puissance scientifique dans ce nouvel espace de coopération, je mobiliserai mon équipe et les acteurs de l’université pour que l’UA reste un acteur à part entière de cet ensemble tant au niveau décisionnel (gouvernance) qu’au niveau opérationnel (Départements, Ecoles doctorales, …). Mieux afficher notre identité et renforcer notre attractivité passeront par l’affirmation de notre leadership là où cela est justifié, par l’intégration dans des réseaux inter-régionaux là où nous pouvons être des acteurs essentiels et, dans tous les cas, par le renforcement de notre crédibilité nationale et internationale, seuls gages de reconnaissance à l’échelle de la COMUE UBL.

Quel type de gouvernance souhaitez-vous mettre en place au sein de l'université ?

"Les principes qui présideront à la gouvernance reposent sur 4 mots clés : confiance, solidarité, subsidiarité et responsabilité. L’université est un lieu d’expression démocratique. Les décisions y seront débattues et partagées. La présidence aura pour rôle de fixer le cap, la route empruntée sera ensuite définie avec l’ensemble des parties prenantes. Ainsi, la gouvernance sera partagée, les initiatives de terrain seront sollicitées dans le cadre d’une politique générale arrêtée par le conseil d’administration. La subsidiarité sera privilégiée partout où cela donnera de la souplesse et de l’ingéniosité à notre institution."
"Je souhaite qu’il y ait davantage de porosité entre les initiatives universitaires et les dispositifs culturels de la ville." - Christian Roblédo

Faut-il, selon vous, renforcer le lien entre le monde de l'université et le monde de l'entreprise, sur le territoire ? Le cas échéant, n'y a-t-il pas là un risque de spécialisation des universités, au détriment du caractère généraliste de celles-ci ?

"Une des forces de l’Université d’Angers est sa professionnalisation. Ses formations sont bien identifiées par le monde économique car coconstruites avec les acteurs professionnels, ce qui permet une insertion immédiate. Donc les liens avec les entreprises privées et publiques sont vitaux (je rappelle qu’une mission des universités est aussi l’insertion professionnelle !). Ils permettent de mieux valoriser notre recherche (brevets avec licence, contrats, création de start up, chaires industrielles, reconnaissance de l’employabilité de nos docteurs). Et cela ne se fait pas au détriment des formations dites généralistes. Dans une approche par compétences cette distinction s’estompe."

Quelle place accorderez-vous aux revendications et énergies étudiantes dans votre mandature ?

"Les étudiants sont au cœur de notre projet, une université existe parce qu’il y a des étudiants, nous avons en tant qu’institution une responsabilité sociale envers eux, celle de les armer pour leur avenir, celle de les ouvrir aux réalités du monde qui nous entoure. Nous nous battrons pour garder une université citoyenne, ouverte et accueillante. Dans nos engagements pour l’UA, figure toute une série de dispositifs pour rendre les campus plus collaboratifs, ouverts aux initiatives étudiantes (ouverture d’une maison des étudiants sur le campus de Belle Beille, augmentation de 25% du budget du FSDIE sur fonds propres de l’UA, extension de la carte culture…). Je nommerai un étudiant à un poste de vice-président en charge de la vie des campus."

Les étudiants sont-ils, selon vous, assez reconnus et/ou intégrés à la ville ? Quel discours tiendrez-vous, de ce point de vue, auprès de la collectivité ?

"Nous travaillons déjà très étroitement avec la ville : projet de maison des étudiants, espace sportif dans le projet Cœur de Maine, desserte des campus par les bus et le tramway... Je souhaite qu’il y ait davantage de porosité entre les initiatives universitaires et les dispositifs culturels de la ville. Nous mobiliserons aussi les étudiants sur des actions auprès de structures de quartier. Les étudiants sont une véritable richesse pour notre agglomération. La mise en place d’Angers Loire Campus, participe aussi à rendre plus visible et à donner aux étudiants la place qu’ils doivent avoir sur la ville. Travaillons ensemble pour qu’Angers reste une ville où il fait bon étudier."

Comment imaginez-vous l'Université d'Angers dans 20 ans ?

"Une université pluridisciplinaire de plein exercice, citoyenne, ouverte, accueillante, rayonnante, ancrée sur son territoire et qui a su se rendre incontournable sur un certain nombre de secteurs d’excellence. Sans doute aussi une université aux frontières plus larges car s’étant stratégiquement rapprochée de l’Université du Maine et travaillant en réseau avec les autres universités du Grand Ouest notamment. Et à n’en pas douter une université reconnue pour sa capacité à mettre en œuvre des innovations."




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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