Christophe Béchu (Les Républicains) : "L’Etat doit réduire son train de vie"


Rédigé par - Angers, le 23/09/2015 - 07:58 / modifié le 23/09/2015 - 19:19


Quels sujets, quels travaux, quelles priorités mobilisent en cette rentrée les représentants du Maine-et-Loire à l'Assemblée Nationale et au Sénat ? A l'occasion de la reprise des travaux parlementaires, nous avons posé la question à chacun d'entre eux - 7 députés, 4 sénateurs - histoire de jauger si leurs préoccupations étaient en phase avec celles de leurs concitoyens. Seul Gilles Bourdouleix (Cholet/Saint-Macaire), le député-maire de Cholet n'a pas souhaité donner suite à notre proposition. Christophe Béchu, sénateur-maire d'Angers, se prête aujourd'hui à l'exercice.



Christophe Béchu (Les Républicains) : "L’Etat doit réduire son train de vie"
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Quel dossier parlementaire va plus particulièrement retenir votre attention, dans les semaines et mois qui viennent ? Pour quelle(s) raison(s) ?

"Beaucoup de dossiers qui viendront en lecture au Sénat ces prochains mois suscitent mon intérêt. A commencer par celui sur la modernisation de notre système de santé, dont l’examen vient juste de commencer et qui n’est pas des moindres lorsque l’on sait que les équilibres dans ce domaine sont loin d’être stables. C’est un véritable enjeu de société.

Plus globalement, je serai très attentif aux débats autour du projet de loi de finances 2016. Un budget détermine les priorités de la politique qui est menée. Celles de l’actuel gouvernement sont contestables et je profiterai de la tribune du Sénat pour le dire à mes collègues.

J’ai une certitude : l’Etat doit réduire son train de vie. Avant de diminuer de façon drastique les dotations aux collectivités territoriales tout en leur imposant toujours plus de charges, il ferait mieux de s’imposer à lui-même une meilleure gestion des deniers publics. Cela doit être sa priorité absolue."
 
Quels sujets de politique nationale vous préoccupent le plus à l’heure actuelle ?

"Il y en a beaucoup, mais comme tous les élus, comme tous les Français, l’exode des réfugiés syriens et irakiens auquel nous assistons depuis quelques semaines est un sujet de préoccupation majeure. Il domine tous les autres.
La situation de ces réfugiés nous interpelle tous, d’abord en tant qu’être humain. Collectivement, nous devons agir concrètement afin de venir en aide à ces populations qui fuient leur pays en guerre, cela va de soi. Il y a nécessité de mettre en oeuvre les dispositifs et les moyens pour accueillir ces hommes, ces femmes, ces enfants qui sont dans une grande souffrance, mais il convient de les accueillir dans des conditions dignes malgré la situation d’extrême urgence.
Angers et le Maine-et-Loire sont des terres d’accueil et de solidarité. Elles l’ont prouvé par le passé lors de catastrophes humanitaires.

La ville d’Angers fait déjà beaucoup pour ceux qui sont pourchassés dans leurs pays et qui sont demandeurs d’asile en France. Au 1er septembre, dans notre ville, le nombre de demandeurs d’asile s’élevait à 655 contre 520 l’an passé à la même date. Un afflux massif de nouveaux demandeurs d’asile ne nous permettrait pas de maintenir un accueil dans les meilleures conditions.

A l’heure actuelle, j’estime que la ville d’Angers a au mieux une capacité d’accueil supplémentaire d’environ 60 personnes. Pareil pour l’ensemble de l’agglomération angevine."
Migrants : "A l’heure actuelle, j’estime que la ville d’Angers a au mieux une capacité d’accueil supplémentaire d’environ 60 personnes. Pareil pour l’ensemble de l’agglomération angevine"
 
Pour répondre à cette préoccupation, quelle réforme vous parait prioritaire dans les mois à venir ?

"Depuis que l’Etat a officiellement sollicité les communes, nous avons su nous mobiliser. Si nous avons peu communiqué, c’est volontaire. Nous souhaitons agir dans la discrétion, sans effet d’annonce et sans participer à une surenchère mal venue qui, involontairement, pourrait faire le jeu de ceux qui exploitent la misère et la détresse humaines.

Aussi la Ville d’Angers était-elle représentée à la réunion du ministre de l’Intérieur le 12 septembre dernier à Paris. En tant que président d’Angers Loire Métropole, j’ai évoqué le dossier des migrants avec les 32 autres maires de la collectivité. Des élus ont rencontré les représentants du tissu associatif et des Angevins qui, spontanément, ont proposé leur aide.

Aujourd’hui, si réforme sur les conditions du droit d’asile il doit y avoir, elle ne peut s’opérer qu’au niveau européen. On voit bien les différences qui existent aujourd’hui entre les politiques que mènent les pays de l’Union européenne. Cela ajoute du flou et de l’incertitude à des situations déjà extrêmement complexes. On ne peut pas continuer comme ça."

Quelle importance accordez-vous au scrutin régional des 6 et 13 décembre, à l’échelle des Pays de la Loire ? Et à l’échelle nationale ?

"Ces élections régionales dans les Pays de la Loire revêtent une très grande importance. Et ce pour au moins deux raisons :

La première, c’est que la droite et le centre unis ont une vraie opportunité de remporter ce scrutin et de proposer une alternance à un territoire et à des habitants qui en ont grandement besoin. La gauche gouverne la région depuis plus de dix ans mais ses choix politiques souvent hasardeux n’ont pas permis de relever les défis auxquels nous sommes confrontés, encore moins de préparer l’avenir.

Un changement de majorité à la Région permettra de tisser de nouveaux liens avec Angers, ce qui sera bénéfique à la fois pour le territoire et ses habitants.

La seconde raison tient au fait qu’avec ces élections régionales, les Français ont l’occasion d’exprimer dans les urnes leur mécontentement face à la politique menée par le gouvernement socialiste sous l’autorité du président de la République, politique dont on voit chaque jour un peu plus les conséquences néfastes pour notre pays.
Je sens chez les Français une réelle volonté de changement. Ces élections régionales doivent être la première étape d’une alternance qui est en marche au plan régional comme national."
Il est injuste et même amoral que certaines familles puissent garder du pouvoir d’achat en conservant des ressources et des aides publiques alors qu’elles ne financent plus la nourriture, les vêtements et les activités de leurs enfants.
 
Un objectif sur votre territoire d’élection, d’ici à la fin de votre mandat ?

"Je souhaite que ma proposition de loi relative au versement des allocations familiales et de l’allocation de rentrée scolaire soit enfin adoptée. C’est une mesure de bons sens.

Je vous en rappelle le principe. La protection de l’enfance, qui me tient particulièrement à cœur, constitue l’une des principales compétences des conseils départementaux dans le champ des solidarités. Les enfants concernés sont retirés à leur famille sur décision de justice pour être confiés au service de la protection de l’enfance. Les allocations liées à ces enfants devraient ne plus être versées aux familles mais à la collectivité ou aux familles d’accueil missionnées par elle pour prendre le relai des familles défaillantes ou maltraitantes.

La loi prévoit que les allocations familiales sont versées aux services d’aide sociale à l’enfance. Mais une possibilité est laissée au juge de maintenir le versement des allocations familiales aux familles lorsque celles-ci continuent à participer de façon effective à la prise en charge morale ou matérielle de l’enfant ou pour faciliter le retour de celui-ci dans son foyer.

Dans les faits, on constate que cette possibilité donnée au magistrat est devenue quasiment la règle.

Ce constat pose un problème de justice et d’équité entre les familles. Il y a donc la nécessité de moraliser le dispositif, ce qui reviendra à mieux utiliser les fonds publics consacrés à l’enfance. Et ce à un moment où les collectivités connaissent, par la faute de l’Etat, toujours plus de contraintes budgétaires.

Ma proposition de loi va en ce sens en prévoyant que les allocations familiales comme l’allocation de rentrée scolaire doivent bénéficier à ceux qui assurent l’entretien effectif des enfants selon deux principes :
  1. Il est injuste et même amoral que certaines familles puissent garder du pouvoir d’achat en conservant des ressources et des aides publiques alors qu’elles ne financent plus la nourriture, les vêtements et les activités de leurs enfants.
  2. Les allocations ne sont pas faites pour les parents, elles sont faites pour permettre l’épanouissement des enfants."




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1.Posté par Raoul le 23/09/2015 11:32 | Alerter
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Toujours la même vision de la droite qui endette, dépense sans compter et se retourne toujours vers la collectivité de gôôôche la plus à même d'assumer leurs erreurs, ici l'Etat!!
Ce n'est pas le sens de la baisse des dotations qui visent à réduire l'endettement de l'Etat, en augmentant celui des collectivités locales qui le sont bien moins!!

2.Posté par Clemenceau le 24/09/2015 21:21 | Alerter
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Est-ce que le Conseil Général ne doit (devait) pas également revoir son 'train de vie' et plus globalement sa politique d'allocation budgétaire ???...

3.Posté par Marquis de la Rochejaquelein le 28/09/2015 09:47 | Alerter
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L'Etat doit réduire son train de vie ?

De mémoire, l’Élysée n'a jamais vécu avec un aussi petit budget qu'en ce moment.

Je voudrais rappeler à certains "Républicains" les scores d'endettements des départements du Maine et Loire et de la Vendée.
Que dire tu train de vie de Paul Bismuth

Mediapart détaille la liste des avantages que perçoit Nicolas Sarkozy en tant qu'ancien président de la République: l'État lui a remboursé 1,6 million d'euros de frais de personnel et 196.000 euros de loyer annuel....















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