Christophe Davy : une ambition angevine et internationale


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le Jeudi 1 Août 2013 à 11:48


Dans le milieu, c’est « Doudou ». Producteur de la scène rock, ex-directeur artistique du Printemps de Bourges, cofondateur de Rock en Seine, Christophe Davy travaille à la création d’un festival international de musiques actuelles à Angers.



Un festival de musiques actuelles à Angers à l’envergure nationale  et internationale ? « Doudou » en est convaincu. Reste selon lui à trouver les financements.
Un festival de musiques actuelles à Angers à l’envergure nationale et internationale ? « Doudou » en est convaincu. Reste selon lui à trouver les financements.
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Fin avril, tu as fait tes adieux au Printemps de Bourges après 14 ans d’aventure. Nostalgique ?
« Pas du tout. Ce départ de la direction artistique traînait dans l’air depuis un moment. J’ai toujours conçu ces postes-clés dans la musique ou le théâtre comme des CDD : il faut laisser sa place quand ça se passe bien. Mon départ va libérer des énergies ailleurs ».

Et si tu ne devais garder qu’un souvenir du Printemps de Bourges ?
« Peut-être la première Rock’N’Beat party, en 2009. Allier du rock et de l’électro sur scène n’était pas gagné…, mais gérer un festival, c’est aussi prendre des risques. Plus largement, le Printemps représente ma première expérience de programmation : c’était une plongée dans le vide qui m’a permis de m’insérer pour de bon dans le milieu de la musique ».

C’est quoi le métier de programmateur ?
« A mon sens, son rôle clé, c’est de provoquer la rencontre entre un artiste et un public. Ça paraît con comme ça, mais c’est la base. La programmation est forcément subjective, mais je ne suis pas un fan qui programme de la musique. Je suis un pro qui dit : “Cet artiste-là, ici, à ce moment-là, avec ce public, ça va le faire”. Même si l’artiste en question n’est pas de ta sensibilité artistique ».

Programmateur au Printemps de Bourges et à Rock en Seine, dont tu es le co-fondateur, c’est la même chose ?
« Le principe est le même, mais le format est différent : à Rock en Seine, ce sont des grosses machines ; il faut envoyer sur scène. D’un point de vue personnel aussi, c’est différent : je suis à la genèse du projet parisien, avec deux associés. Organisation, production, programmation : les casquettes se mélangent à Rock en Seine, on met tous la main à la pâte… »

Et ça fonctionne. Le festival a explosé ces dernières années ?
« Oui, depuis 3 ans, on s’installe vraiment dans le paysage estival, sur un créneau – la fin de l’été – qui était moins surchargé. Il y a vraiment un public de fidèles qui adhère à l’événement. Les deux tiers des places sont réservées sur des forfaits trois jours. Le festival a trouvé son rythme de croisière ».

"Je suis né avec la scène rock angevine, je suis donc attentif à ce qui passe. Ce qui est vrai à Angers comme ailleurs, c’est que le niveau général des groupes a largement augmenté."

Christophe Davy : une ambition angevine et internationale
Parlons festival toujours. Tu travailles depuis un an à la création d’un festival de musiques actuelles sur Angers. Où en est le projet ?
« Ça reste un projet. Du point de vue artistique, je sais exactement où je veux aller. Je travaille sur les financements, qu’on ne peut pas trouver que localement. C’est un travail de fourmi mais je suis convaincu qu’Angers peut accueillir un événement d’envergure nationale et internationale ».

Quelle est l’idée de ce festival ?
« L’idée de base, c’est un festival de musiques actuelles tourné vers la ville, qu’il s’installe au Lac de Maine ou ailleurs. Nous devons proposer autre chose pour devenir une marque européenne : ce sera minimum deux jours et il faudra taper fort dès la première édition, que j’espère en 2014 ou 2015. Tout ça avance à la vitesse d’un escargot, mais j’ai l’expérience et la légitimité pour y parvenir. ».

C’est une manière pour toi de rendre à Angers ce qu’elle t’a donné ?
« Non. Je suis resté à Angers : 1. Parce que je n’aime pas bouger ; 2. Parce que dans les années 90, je n’avais pas les moyens d’aller ailleurs. Ça fait dix ans que j’ai l’idée d’un tel festival, mais je ne me reconnaissais pas dans les projets du territoire. Là, les choses ont changé avec une nouvelle génération au pouvoir qui a de l’ambition pour ce territoire. C’est le bon moment. Lorsque je vais vendre l’idée aux éventuels partenaires à l’extérieur, je leur parle évidemment de Rives Nouvelles. C’est un projet global qu’il faut vendre en montrant qu’il se passe quelque chose à Angers ».

Cette ambition dont tu parles ne pourrait-elle pas être remise en cause par les futures élections municipales ?
« J’ai la naïveté de penser que quand un projet est bon, il est bon pour tout le monde. Et puis c’est une initiative privée : c’est difficile de la réaliser sans volonté politique, mais ce n’est pas la mairie qui produit ou organise… »

Ce festival peut-il être aussi un tremplin pour la scène locale ? Tu suis toujours ce qui se passe à Angers, non ?
« Un grand projet comme celui-ci peut être un catalyseur, c’est vrai. Je suis né avec la scène rock angevine, je suis donc attentif à ce qui passe. Ce qui est vrai à Angers comme ailleurs, c’est que le niveau général des groupes a largement augmenté. Avec internet notamment, les musiciens assimilent beaucoup de choses en peu de temps. Mais des vraies stars, des bêtes de scène, il y en a toujours aussi peu. Il manque ici un gros groupe qui assume le leadership angevin, mais c’est un truc assez incontrôlable : les scènes se font puis se défont… »

Et Radical Production ?

Tourneur-producteur historique de la scène grunge (Nirvana, Foo Fighters, Placebo), la boîte fondée par Christophe Davy emploie aujourd’hui une dizaine de personnes. « C’est toujours le même plaisir, mais beaucoup plus de responsabilités », résume « Doudou ».
Lui fonctionne toujours sur un « réseau endogène qui s’autoalimente », avec, à l’affiche, parmi les plus grands groupes de rock des années 2000 et du moment : Arctic Monkeys, Jack White, Beck, Herman Dune, The Kills, Bloc Party, Vampire Weekend ou Von Pariahs. L’aventure rock se poursuit…

Dans les pas de « Doudou »…

Des festivals, le bonhomme en a fait et refait – « c’est mon métier » – à tel point qu’il en est usé. Il n’empêche, aux yeux de Christophe Davy, quelques sites valent encore le détour estival.

La Route du Rock (14 au 17 août à Saint-Malo). « Un festival à taille humaine et une prog toujours intéressante ». Les têtes d’affiche : Concrete Knives, Hot hip, !!!, Local Natives…

Rock en Seine (23 au 25 août au Domaine national de Saint-Cloud). On ne vous précise pas pourquoi… Les têtes d’affiche : Franz Ferdinand, Phœnix, System of a down, Eels….

Les Nuits de Fourvière (jusqu’au 31 juillet, à Lyon). « Un cadre vraiment magnifique pour un festival multiculturel, mêlant musique, théâtre, cirque… ». A voir : Diana Krall, Archive, IAM…

Les Arènes de Nîmes. « Pour le lieu, impressionnant, assez unique ». Festival jusqu’au 18 juillet (dépêchez-vous !) : Patti Smith, C2C.












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