ChroniK'Ô Noir - #13 : "Les salauds devront payer" d'Emmanuel Grand


Rédigé par Martine LEROY-RAMBAUD - Angers, le Mercredi 6 Juillet 2016 à 07:30


Chaque mois, la journaliste Martine Leroy-Rambaud vous présente son coup de cœur littéraire du moment, sous un angle bien particulier : celui du roman noir. ChroniK'Ô Noir, c'est un champ des possibles large, du thriller à la quête initiatique en passant par le polar ou le roman policier, qui prolonge le goût de son auteur, également collaboratrice du fanzine La Tête en Noir, pour le genre.



ChroniK'Ô Noir - #13 : "Les salauds devront payer" d'Emmanuel Grand
la rédaction vous conseille
Noir comme au fond d'une mine de charbon, "Les salauds devront payer", d'Emmanuel Grand. Dans une région où les derniers à avoir eu un vrai boulot, un CDI, ce sont les grands parents, un drame se noue : une jeune fille, Pauline, est retrouvée étranglée. Elle se droguait, avait emprunté de l'argent pour fuir au Brésil. Gardons-nous des raisonnements trop simplistes, préconisent le commandant Eric Buchmeyer et sa nouvelle coéquipière, Saliha.

Derrière les apparences se cachent des rancoeurs et des rancunes. De vieilles blessures toujours à vif. Dans une atmosphère à la Chabrol, Emmanuel Grand distille les indices comme un gibier blessé perd ses plumes dans sa fuite ; il dresse le portrait d'une région truculente certes, mais aussi plaque tournante de la drogue, où  la mondialisation a déjà broyé les usines et laminé les espérances.
Dans la lignée du dernier Lemaître ou de P Dessaint, ce livre parle de vengeance sur fond de misère sociale.

"Les salauds devront payer" d'Emmanuel Grand (éditions Liana Lévi) 

"Un jardin à la cour" d'Abdel Hafed Benotman

" Je suis un homme qui essaie d'écrire au-delà du lecteur, pour ce lectorat invisible que sont ceux et celles qui ne savent ni lire ni écrire ", indique Abdel Hafed Benotman en avant-propos de son dernier livre Un jardin à la cour, (Ed. Rivages). Dernier livre, car Abdel Hafed Benotman est décédé en février 2015 près avoir passé une partie de sa vie en prison, suite à des braquages.
C'est en prison qu'il découvre l'écriture et écrit une série de textes, dont le titre de ce dernier ouvrage et des nouvelles. Liberté de ton pour cet auteur dont la voix, le style, les cris d'écorché vif font penser à Céline. Abdel Hafed Benotman harangue, apostrophe, mais sait aussi se faire poète. Et, dans tous les cas, nous touche par sa sincérité.












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