ChroniK'Ô Noir - #22 - "Seules les bêtes", de Colin Niel


Rédigé par Martine LEROY-RAMBAUD - Angers, le Samedi 25 Mars 2017 à 12:00


Chaque mois, la journaliste Martine Leroy-Rambaud vous présente son coup de cœur littéraire du moment, sous un angle bien particulier : celui du roman noir. ChroniK'Ô Noir, c'est un champ des possibles large, du thriller à la quête initiatique en passant par le polar ou le roman policier, qui prolonge le goût de son auteur, également collaboratrice du fanzine La Tête en Noir, pour le genre.



Coline Niel signe "Seules les bêtes", aux éditions du Rouergue. Crédit photo : Hacquard et Loison / OPALE / Leemage
Coline Niel signe "Seules les bêtes", aux éditions du Rouergue. Crédit photo : Hacquard et Loison / OPALE / Leemage
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Une femme a disparu. A-t-elle succombé à la tourmente, ce vent d'hiver qui fige sur place quiconque s'aventure dans la forêt, le transformant en cadavre givré ? Ou alors serait-elle victime d'une vieille rancune ?
Les suppositions vont bon train dans ce coin des Causses austère et délaissé. Ceux qui ont réussi sont partis, les autres survivent ou s'enferrent dans de vieilles histoires et le silence de leur ressentiment.

Colin Niel, avec ce nouveau roman paru au Rouerge après une triologie qui se déroule en Guyane, donne, dans Seules les bêtes, la parole à cinq de ces habitants. Ils sont liés par d'inavouables secrets ou d'indéfectibles rancoeurs entretenus par des querelles non résolues : des histoires d'amour avortées, des réussites controversées, des vies parallèles non assumées. Ici, quand ce n'est pas le cœur qui rompt, c'est la terre qui divise.

Cinq protagonistes vont tour à tour s'exprimer avec leur originalité propre. C'est là une des réussites de Colin Niel : que leur langage, leurs tournures embrassent les personnages, ici ou ailleurs. Ils vont dire leurs interrogations, leur souffrance, leur colère, mais aussi l'âpreté d'un quotidien et l'inquiétude de l'avenir. Entre eux, des liens plus puissants que la raison, qui les poussent à l'irréparable. Peu à peu, le lecteur découvre une vérité dont la déflagration éclate comme une causse noire.

"Seules les bêtes", Colin Niel, ed. Le Rouergue, 19 €, 212 pages.

Déjà lauréat de nombreuses distinctions, Colin Niel a reçu le prix Quais du Polar 2016 pour son précédent ouvrage, Obia, troisième opus d'une trilogie mettant en scène un héros récurrent, le Capitaine Anato. Avec Franck Bouysse et Sandrine Collette, pour ne citer qu'eux, Colin Niel fait partie des écrivains qui associent, dans leurs livres, le style et la dramaturgie avec une emprise prégnante sur le quotidien et les enjeux de notre société.













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