ChroniK'Ô Noir - #8 : "L'ombre animale" de Makenzy Orcel


Rédigé par Martine LEROY-RAMBAUD - Angers, le Vendredi 29 Janvier 2016 à 20:30


Chaque mois, la journaliste Martine Leroy-Rambaud vous présente son coup de cœur littéraire du moment, sous un angle bien particulier : celui du roman noir. ChroniK'Ô Noir, c'est un champ des possibles large, du thriller à la quête initiatique en passant par le polar ou le roman policier, qui prolonge le goût de son auteur, également collaboratrice du fanzine La Tête en Noir, pour le genre.



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Dans un  village éloigné de tout, une voix s'élève. La voix d'une femme. La voix d'un cadavre. S'appuyant sur le culte vaudou qui attribue aux morts la capacité de tout comprendre, cette voix raconte l'histoire d'un village et de ses habitants, l'histoire de sa famille et le départ de celle-ci pour la capitale. La laissant seule.

Du fond de sa tombe, elle dit la violence, l'affrontement, la ville inhospitalière et le roman glisse dans le noir. Elle aura évité tout cela : " je suis le rare cadavre qui n'ait pas été tué par un coup de magie, un coup de machette dans la nuque ou une expédition vaudou ( …) je suis morte de ma belle mort, c'était l'heure de m'en aller, c'est tout ".

Ainsi commence "L'ombre animale", de Makenzy Orcel (Ed. Zulma). La mort avec son odeur d'oignon frit l'a envahie et ce statut lui donne le droit de parler, de dire, de dénoncer dans une longue mélopée de plus de 330 pages, haletantes, sur le souffle. De dire aussi la beauté de la vie et les moments de grâce.  Elle passe de l'apaisement (je ne suis pas morte, je vais à ma rencontre) à la révolte.

"L'ombre animale", dresse le portrait de la société haïtienne et du sort réservé aux femmes. "Toi, bonne à tout subir et à tout faire", dit la défunte à sa mère. Quelque chose de viscéral émane de ses propos aux allures de prophétie. Un flux ininterrompu, un chant onirique tissé, entrecroisé qui convoque le père, la mère, le frère, l'Envoyé de Dieu, l'Inconnu et les loups avides. Cette voix âpre, incandescente issue d'un remarquable travail sur la langue et d'un subtil maillage des récits emporte le lecteur dès les premières lignes.  C'est envoûtant. Jubilatoire. Noir et festif.

C'est à lire à voix haute ou à mi-voix.

Makenzy Orcel est né à Port-au-Prince en 1983. Il a déjà publié "Les Immortelles".

"L'ombre animale", Ed. Zulma. 20 €, 330 pages.













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