[Chronique] L'été retrouvé : "Roman"


Rédigé par François-Xavier HELBERT - Angers, le 15/08/2014 - 10:31 / modifié le 16/08/2014 - 00:32


Comme chaque saison, l'été est reconnaissable à ses caractéristiques propres qui font de lui un moment de l'année où il fait bon vivre, s'extérioriser ou encore s'évader. Et, au-delà, l'été possède pour chacun, une singularité qui s'illustre par de toutes petites choses ou événements qui forment dans la mémoire personnelle des souvenirs marquants. Un objet, une anecdote, un lieu ? Des madeleines en forme de coquillages qu'il suffit parfois de porter à son oreille pour en libérer toute la nostalgie. C'est l'écho qu'offre l'été retrouvé.



La Café Florian (ou Caffè Forian) à Venise. Un lieu mythique et touristique dont la réputation tient notamment aux écrivains et "grands hommes" qui s'y seraient attardés. Parmi eux, un certain Marcel Proust.
La Café Florian (ou Caffè Forian) à Venise. Un lieu mythique et touristique dont la réputation tient notamment aux écrivains et "grands hommes" qui s'y seraient attardés. Parmi eux, un certain Marcel Proust.
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A l'image du roman que chacun emporte dans ses bagages, l'été se présente comme un livre ouvert où chacun, dévoile une part intime de son être. Saison lunaire, elle créé un sentiment d'apesanteur où l'on voit défiler les personnages et les moments enfouis qui s'invitent dans notre livre de chevet comme une éternelle marée. L'été invite au surréalisme.

"Au jeu du portrait chinois, quel livre caractérise le mieux pour vous la saison estivale ?" demande une femme à son mari, assoupi à ses côtés, tout en énumérant les réponses possibles inscrites dans sa revue. Roman de gare ou de guerre, contemporain ou classique, drôle ou sombre, le récit de l'été est un roman-photos dont l'illustration s'improvise au gré de nos vacances. Observant les deux protagonistes sans pouvoir livrer moi-même mon point de vue, je me dis que le livre choisi pour accompagner l'été en dit long sur l'idée que chacun se fait de la manière de vaquer.

Peu importe l'intrigue ; l'important c'est qu'elle mène bien au-delà de l'actualité. Il n'est besoin de rien d'autre qu'un paysage pour se représenter une image personnelle de l'été. L'itinéraire que poursuit le vagabondage estival s'affiche pour certains comme une bande dessinée, au cœur de laquelle il devient possible d'écrire son propre récit qui fourmille d'anecdotes. Et où se mêlent, pourquoi pas, indistinctement, la vie réelle au destin rêvé.

Le roman que l'on choisit pour l'été fait naître un monde dans le monde, un univers réel presque plus grand que la réalité elle-même tant il habite les moments clés de notre quotidien. Il permet l'errance à travers le chemin de l'imagination et fournit des destinations dépaysantes aux pérégrinations de l'esprit. Vu sous cet angle, l'été se veut un peu une saison romanesque.

L'évasion, destination de l'été

A l'image de la vie hors saison, la romance de l'été ne fige rien mais libère toutes les histoires que renferme notre passé. Un retour sur soi où il devient possible de réécrire sa propre histoire à la lueur de ses réminiscences. A ce jeu là, il arrive de confondre le héros du roman avec lequel on s'endort et celui qui nous tient éveillé. Le jour et la nuit se confondent en de palpitantes péripéties.

"Longtemps, je me suis endormie de bonheur afin de retrouver dans mon sommeil, un univers qui me tient en dehors des contraintes du temps" clame tout haut celle qui porte un maillot de bain Little Marcel. Décidément, cette femme aime faire profiter les autres de ses interrogations. Et de poursuivre dans ma direction : "Vous voyez, cet été, je suis très heureuse que nous nous soyons décidés à retourner sur le lieu de villégiature de notre enfance mon mari et moi. A l'époque, nous vivions les séjours estivaux comme une contrainte puisqu'ils m'étaient dictés par des raisons de santé. Vous imaginez bien que les bains de mer sous prescription médicale n'ont pas la même tiédeur. Des années durant, Swann fût un amour pour moi jusqu'à ce qu'il déserte la plage normande. Et Cabourg s'est tout à coup éteint. En toute saison, dans mes rêves comme dans mes relations, je demeurais à la recherche de ce temps si précieux. Jusqu'à cette divine lettre qui le ramena près de moi. Du côté de Guermantes où j'habitais à l'époque. Je m'appelle Albertine, et vous ?" me demande-t-elle.

L'été, rien ne remplace le plaisir de pouvoir quitter sa chambre d'hiver pour un transat où la lumière du jour semble rafraîchir l'intrigue du roman de sa vie.



















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