[Chronique] Le dialogue de l’actu / Coin de campagne


Rédigé par François-Xavier HELBERT - Angers, le 07/11/2016 - 07:55 / modifié le 07/11/2016 - 07:09


L’actualité souffre régulièrement de contradictions qui illustrent sa complexité. L’ambition de cette chronique n’est pas de les dénouer mais de les rendre vivantes dans le cadre d’un débat-miroir.



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Deux bénévoles engagés dans une association locale d’accueil de migrants échangent sur la place d’un village à proximité de ce qui reste des commerces.

« Ça y est ils sont enfin arrivés... A présent ils s’installent dans leurs appartements préemptés pour l’occasion. C’est tout de même formidable de voir cet hôtel si longtemps désert reprendre vie.

- L’hôtel des voyageurs n’aura peut-être jamais aussi bien porté son nom.

- Pour eux comme nous, c’est la concrétisation d’une longue marche.

- C’est vrai et nous pouvons être fier.

- L’expression accueil retrouve enfin ses lettres de noblesse. » 

Un client de la boulangerie s’arrête à leur hauteur et les tance sans ménagement :

« On a surtout bon dos en France. C’était une idée saugrenue de les faire venir en milieu rural. Déjà que nous on doit s’accrocher pour rester vivre ici. A quoi vont-ils s’occuper ? 

- D’abord c’est une manière de les sortir de la jungle et de leur redonner une dignité. Et en plus, ce doit être l’occasion de leur permettre une meilleure insertion.

- Pas trop quand même. Il ne faut pas oublier qu’ils ne restent chez nous que le temps que leur dossier de demande d’asile soit traité. C’est-à-dire trois mois.

- Et puis, ils ne connaissent ni notre langue, ni nos traditions… Eux-mêmes n’ont sans doute pas envie de rester.

- C’est vrai que la vie peut leur paraître trop paisible sans le bruit des bombes, la menace d’une fusillade ou encore l’arrestation au coin de la rue.

- Ah bon, ils vivaient tout ça en même temps en Syrie, en Afghanistan ou en Turquie.

- En effet, c’est la raison de leur exil et non le besoin viscéral et opportuniste de voir la France. »

Un autre autochtone les rejoint bientôt.

« Peut-être mais nous, on en a déjà suffisamment à faire au Conseil municipal avec notre recherche désespérée d’un professionnel de santé pour la maison médicale sans parler de la classe de maternelle qui risque de fermer à la rentrée prochaine. Et puis, cette ancienne usine au milieu du bourg qu’il faudrait réaménager.

- Et vous en avez d’autres, des opportunités comme celles-ci ?

- Euh… J’avoue ne pas comprendre. Je vous expose des problèmes concrets que vit notre commune et vous me parlez d’opportunités en rigolant.

- Vous ignorez qui il sont donc vous ne pouvez comprendre.

- J’ignore qui il sont. C’est-à-dire ? Ben dites-moi, ils faisaient quoi dans la vie puisque chez nous c’est comme ça qu’on se définit.

- Parmi ceux avec qui j’ai discuté, il y avait justement un médecin, un avocat ou un architecte. Deux d’entre eux sont venus avec de jeunes enfants.

- Ah bon, ils exerçaient ces métier-là dans leur pays ?

- Oui, vous croyez quoi ? Pour traverser autant de frontières, payer des passeurs et parler anglais, il faut non seulement du courage mais également des ressources.

- Et quand partent-ils exactement ?

- Je ne sais pas. Peut-être que certains vont rester. Vous êtes sûr de toujours vouloir les voir quitter notre territoire à présent ? »












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