[Chronique] Le mot de l'actu / Sécurité


Rédigé par François-Xavier HELBERT - Angers, le 30/04/2016 - 08:30 / modifié le 02/05/2016 - 08:43


Redonner sens à l'actualité au travers d'un mot présent dans le débat public, c'est l'objectif que poursuit régulièrement cette chronique. Au menu du jour, un mot abonné à la Une de l'actualité et des discours politiques : sécurité.



[Chronique] Le mot de l'actu / Sécurité
La sécurité est une utopie négative. Omniprésent dans les discours, le terme rassure mais ne résiste pas à l’épreuve de faits. Et notamment pour préserver ce qui à nos yeux est estimable. On le voit ainsi parader dans les tribunes politiques ou les slogans publicitaires comme pour mieux nous rappeler que le risque zéro n’existe pas. Notre besoin de sécurité serait-il à ce point impossible à rassasier ?

Toute existence est sujette à de multiples dangers. La vie elle-même est un risque à courir comme le souligne Kofi Yamgnane (ex-secrétaire d'Etat à l'intégration et ex-député PS du Finistère, NDLR). Les incertitudes quotidiennes se traduisent par un sentiment d’insécurité. Parfois insaisissable, souvent impalpable le risque nous rappelle sans cesse à notre vulnérabilité.

L’assurance peut s’appréhender dans l’activité comme le silence ou le repos comme un remède à cette condition difficilement maîtrisable qu’est le risque. Pourvu qu’elle apaise notre angoissante impossibilité à nous projeter dans l’avenir. Ainsi, le sentiment de sécurité se retrouve en faisant le plein contre le vide angoissant.
"Accepter la part d’incertitude qui demeure dans nos vies vies revient à reconnaître une des conditions essentielles de notre liberté."
Qu’on l’observe dans les situations sociales, sanitaires ou civiles, la sécurité est devenue le leitmotiv de toutes nos activités humaines. Au point de présenter un marché fructueux. Qu’elles servent des fins commerciales ou de bien-être, quantité d’offres nous promettent une protection par tous les moyens.

Dans un ouvrage publié récemment Eloge du risque, Anne Dufourmantelle propose un état de lieux qui ne laisse aucun doute à cette hypothèse. Notre temps est placé sous le signe du risque : calculs de probabilités, sondages, scénario autour des krachs boursiers, évaluation psychique des individus, anticipations des catastrophes naturelles. Au regard des récents attentats, il est également possible d’ajouter ce type de tragédie à cette liste à la Prévert.

Autant de situations à risques face auxquelles le principe de précaution constitue la norme. Pour autant, une des limites de ce principe tient au fait que souvent les mesures que l’on prend répondent plus au sentiment de peur qu’à la réalité des faits qui pourraient survenir.
 
"Et si la plus grande des sécurités revenait précisément à apprivoiser le sentiment d’insécurité ?"
Alors que certains pointent la dérive sécuritaire du fonctionnement de notre société, d’autres en appellent à la précaution maximum. Nous essayons dans nos vies de limiter ce qu’il y a d’incertain : en prenant des assurances et des précautions, en procédant à de multiples vérifications ; avec le risque de nous épuiser ainsi en protections, de barricader notre vie. Nous tentons de remplir notre esprit de certitudes. C’est la thèse que développe Christophe André.

Le risque nous rappelle également à notre liberté. Agir, c’est oser. C’est ainsi que le mouvement « Nuit Debout » rassure ses participants à travers un sentiment d’appartenance à des valeurs communes autant qu’il insécurise les pouvoirs publics. Il est pourtant né d’une autre peur, celle de voir disparaître la protection sociale.  

Le besoin de sécurité est inhérent à l’homme autant qu’il est structurant pour la société. Il oscille invariablement entre un sentiment personnel et un rapport à la société. Ce sont à ces deux dimensions que tentent traditionnellement de répondre les politiques publiques. Est-ce vraiment à la politique de prendre à sa charge l’intégralité de la réponse à ce besoin complexe ? 












Angers Mag















Angers Mag : Au comptoir de Mathilde... et de Catherine: Depuis la fin du mois d'octobre, la rue... https://t.co/wkV9xA1N3F https://t.co/6yuEQFFF5o
Mercredi 7 Décembre - 08:00
Angers Mag : A l’Ecole démocratique, on fait ce qu’on veut… ou presque: Basée sur la liberté... https://t.co/j0ywJZAzgI https://t.co/jEK0S9wvGs
Mercredi 7 Décembre - 07:31
Angers Mag : RT @LeQuai: N'oubliez pas d'aller voir #AdishatzAdieu ce soir. Vous nous remercierez demain. #Theatre #JonathanCapdevielle #Angers RESA 02…
Mardi 6 Décembre - 13:55
Angers Mag : A Angers, Montessori a pris racines: Porté par des éducateurs convaincus, les méthodes... https://t.co/bXNDdgyLpz https://t.co/nar3Qs6vye
Mardi 6 Décembre - 07:30


cookieassistant.com