Cinéma chinois : une nouvelle « révolution » en marche ?

[Dossier] Premiers Plans, scène sans frontières 3/5


Rédigé par Juliette COTTIN - Angers, le Mercredi 21 Janvier 2015 à 06:00


Si la Chine est devenue la première puissance économique devant les Etats-Unis en décembre, elle est aussi le deuxième marché cinématographique depuis 2012. Chaque jour, 16 salles de cinéma ouvrent en Chine ! Quel regard portent les Chinois d’Angers sur leur cinéma en expansion et sur le cinéma européen ?



Pour Wang Qing et Quin Chuxuan, étudiantes chinoises de l'Université d'Angers, le cinéma d'auteur reste plus difficile à comprendre et à s'approprier.
Pour Wang Qing et Quin Chuxuan, étudiantes chinoises de l'Université d'Angers, le cinéma d'auteur reste plus difficile à comprendre et à s'approprier.
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En Chine, le marché cinématographique est dominé par les productions nationales, loin devant les films américains. Ainsi, en 2013, 59 % des recettes au box-office chinois proviennent de productions chinoises. Pas si étonnant quand on sait que seuls 34 films étrangers sont autorisés à la diffusion en salle chaque année.

Wang Nuan, la directrice chinoise de l’Institut Confucius d’Angers, est arrivée en France début novembre et n’a pas encore eu le temps d’aller au cinéma ici. Dans son pays, elle n’y va pas très souvent, excepté pour voir des films en 3D. Comme beaucoup de Chinois, elle regarde plutôt des séries sur Internet ou en DVD et a rarement vu des films européens. « Ce que nous voyons du cinéma français en Chine, ce sont surtout les films à gros budgets comme ceux de Luc Besson avec la série des Taxis par exemple », explique-t-elle. Intouchables, Amélie Poulain ou encore Jeux d’enfants reviennent souvent dans les exemples cités.

Pour Li Meng, professeur de chinois à l’Institut Confucius depuis 2 ans, les pratiques liées au cinéma dépendent beaucoup de l’éducation, de la génération et de l’équipement cinématographique de la région où ils habitent : « Comme le développement des salles est assez récent et qu’il reste encore marginal dans les campagnes, la génération de nos parents n’a pas eu l’habitude d’aller au cinéma. Aujourd’hui, les plus jeunes aiment beaucoup le cinéma. Ils vont surtout voir des films d’action ou d’aventure et recherchent plutôt le divertissement. »

C’est aussi ce que constatent Wang Qing et Qin Chuxuan, toutes deux étudiantes à l’université d’Angers. Pour les deux jeunes filles, la différence culturelle entre l’Occident et la Chine rend le cinéma d’auteur, sans doute moins codifié que les blockbusters, plus difficile à comprendre et à s’approprier. Elles le ressentent dans les thématiques abordées : « Les films chinois parlent souvent de la vie quotidienne actuelle ou s’appuient sur des légendes ou des faits historiques, mais de façon plus concrète que les films français, qui sont plus axés sur le ressenti des personnages et plus abstraits. »

Pour Li Meng et Wang Nuan, il s’agit aussi d’une question d’éducation et de goût. « Beaucoup vont voir des films pour se détendre et ce n’est pas toujours le cas des films d’auteurs qui font réfléchir et sont parfois angoissants. Mais les films européens présentés à Pékin par le festival Premiers Plans ont suscité beaucoup d’enthousiasme chez les étudiants chinois. » Une observation qui marque bien le signe, peut-être pas d’une révolution mais à tout le moins des évolutions profondes en cours dans le monde du cinéma chinois.

Cinéma chinois : une nouvelle « révolution » en marche ?
Echanges de bons... premiers films

Depuis 2009, le Festival Premiers Plans travaille en partenariat avec le Festival du premier film de Pékin qui partage le même objectif de sensibiliser le public au travail de jeunes auteurs. Chaque fois qu’il se rend là-bas, Xavier Massé, l’administrateur général de Premiers Plans, constate l’appétence des universitaires et étudiants pour les autres univers cinématographiques : « La différence culturelle disparaît, transcendée par les réalisateurs et par l’universalité du langage cinématographique. Actuellement, de vrais échanges sont en train d’émerger entre la France et la Chine. » C'est le cas durant cette 27e édition de Premiers Plans,  avec la présentation de huit « premiers films » chinois, révélés lors du Beijing First Film Festival, ainsi que de courts-métrages des étudiants de l’école d’Art dramatique de Pékin et la soirée spéciale Wang Bing, organisée dès vendredi dernier, à l’occasion de la sortie de son dernier film, « A la folie ».
 












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