Cinémas d'Afrique : Malagasy Mankany, les légendes de Madagascar


Rédigé par Lise BOUHIER - Angers, le Samedi 20 Avril 2013 à 14:55


Présenté dans le cadre de Cinémas d’Afrique, « Malagasy Mankany », un road movie entièrement tourné sur l’ile de Madagascar était soutenu par son réalisateur, le cinéaste malgache très attachant Haminiaina Ratovoarivony, dans le cadre du concours des longs métrages.



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Pour vivre heureux, vivons cachés. Mais lorsque l’on veut vivre de son art, et notamment lorsque l’on est cinéaste ce n’est pas tous les jours facile. Il faut parfois payer des sa personne pour faire connaître son film. Sur ce point, le malgache Haminiaina Ratovoarivony, ce sympathique réalisateur au nom imprononçable pour un européen, sait plutôt bien le faire, même s’il est parfois gêné d’être propulsé sur le devant de la scène, « Mon nom apparaît trop souvent dans le générique » déclarait-il au cours de la semaine en présentant sont film.

Pour rester totalement libre, dans un pays qui ne l’est pas vraiment, Haminiaina Ratovoarivony a souhaité autoproduire son film. Ce qui fut une véritable gageure pour le réalisateur. « La particularité de ce long métrage, c’est que la plupart des comédiens comme des techniciens n’ont jamais fait de cinéma auparavant, excepté le caméraman qui était de seul professionnel de l’équipe ».

En plus d’un cyclone, essuyé pendant le tournage, lequel provoqua une interruption de plus plusieurs semaines, le réalisateur se heurta à de vrais problèmes de diffusion. « L’interruption m’a obligé à modifier le script, car je n’ai pas récupérer l’argent perdu pendant le cyclone et mon film a bien failli être censuré, les autorités trouvant certaines scènes trop osées ».

Mais cela n’a pas arrêté le réalisateur, lequel a réussi à contourner toutes les barrières pour diffuser son film dans la seule salle malgache. La projection de son film en France est une véritable consécration.

« Malagasy Mankany », c'est ce qu’on appelle « road movie », entièrement tourné sur l’ile de Madagascar avec les moyens du bord. Ce film sommes toutes bien construit, relate l’histoire de quatre jeunes Malgaches qui traverse l’ile de l’océan indien pour rejoindre le village où le père d’un des leurs vient de tomber gravement malade. Chacun participe, pour des raisons bien précises à ce voyage, des raisons que le spectateur découvre au fur et à mesure de l’avancement du film.

Mais ce qu’a surtout voulu montrer Haminiaina Ratovoarivony, ce sont les conditions de vie des habitants de cette ile fortement marquée par la corruption et dénoncer les agissements de la junte militaire au pouvoir. Pas étonnant que son film ait failli ne pas voir le jour.

Ainsi, les principaux protagonistes sont constamment arrêtés et rançonnés par des militaires et des gendarmes, ces derniers comme on peut le voir dans le film n’hésitant pas à attaquer un village pour subtiliser l’argent d’un habitant qui venait de toucher sa paye. Au bord de la crise humanitaire, l’ile de Madagascar est minée par le chômage et la précarité, tous les moyens étant bons pour essayer de survivre, même les plus vils.

Les premiers mots du film en disent long sur la situation de l’île. Un jeune étudiant en sociologie s’adresse aux jeunes malgaches, sur les ondes d’une radio pirate, les encourageant à poursuivre des études qui leur permettront de se sortir de la situation dans laquelle l’ile s’enfonce.

Haminiaina Ratovoarivony lui-même diplômé en sociologie a surtout voulu montrer à travers Malagasy Mankany, que la jeunesse malgache peut s’en sortir. « Vouant un amour indéfectible leur pays cette jeunesse avance malgré toutes les barrières qui se dressent devant elle », ajoute le réalisateur.

Le film se termine avec un certain humour, démontrant que les jeunes Malgaches croient dans leurs rêves et voient leur avenir avec une certaine sérénité, l’un personnage devient même le président de la république malgache. « Et si cette jeunesse malgache et plus globalement africaine, était celle qui allait transformer notre société ? » C’est la question que se pose Haminiaina Ratovoarivony et qui transpire à travers ce film qui mérite le détour.














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