Cinémas d’Afrique : le sénégalais Moly Kane plébiscité par le public


Rédigé par - Angers, le Dimanche 21 Avril 2013 à 09:57


Après quatre jours de compétition cinématographique, de rencontres avec des réalisateurs et d’animations aux couleurs et senteurs d’Afrique, la 14e édition de Cinémas d’Afrique s’est achevée hier soir au Centre de Congrès d’Angers avec un concert ensoleillé et une ultime projection, après une émouvante remise des prix.



Moly Kane, à droite, en compagnie des organisatrices du festival, lors de la remise du prix du public
Moly Kane, à droite, en compagnie des organisatrices du festival, lors de la remise du prix du public
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Une fois de plus ce festival aura permis de valoriser les cultures d’Afrique. Il aura surtout apporté un message de paix. Le bouquet du Mali de la soirée d’ouverture, très apprécié, est loin d’être fané », déclarait hier soir Béatrice Moreaux, la présidente de l’association Cinémas et Cultures d’Afrique.

Pendant quatre jours les Angevins ont pu découvrir une expression cinématographique qu’ils n’ont pas l’habitude de voir sur les écrans français et qui n’a rien à envier au cinéma hollywoodien ou français. Les spectateurs qui ont rempli les salles du cinéma Gaumont sont unanimes : « le cinéma africain a toute sa place sur nos écrans ».

Les Angevins qui se sont pressés dans les salles et dans les expositions ont pu « découvrir une Afrique qui bouge, une Afrique qui rime avec diversité et non pas avec frilosité », ajoutait la présidente avant de procéder à la remise, tant attendue, des prix.

Après le concert acrobatique de l’artiste percussionniste burkinabé Dembélé Zoumbaza, le premier prix attribué hier soir était celui des détenus de la Maison d’Arrêt du Pré Pigeon à Angers. Les neuf volontaires qui ont participé à l'aventure n’ont pas vu visionner les films dans les salles, c’est le festival qui est allé vers eux. « Cette expérience nous a donné l’occasion de voir des films que nous ne saurions peut-être pas allé voir dans d’autre cas », ont-ils fait savoir par Violaine Boumard, l’animatrice de la prison. « Nous avons décidé de retenir un film optimiste, une fenêtre ouverte sur la vie quotidienne ».

Les détenus d’Angers ont décidé d’attribuer le prix au long métrage « Moly », du sénégalais Moly Kane.

Ce film qui évoque la vie d’un jeune handicapé, seul à la mort de son père et qui fait preuve d’une grande persévérance pour s’en sortir, démontrant qu’avec de la volonté, tout est possible. « En recevant ce prix je pense à tous mes frères qui sont en détention », déclarait Moly Kane. « Ce prix c’est celui de la liberté ».


Le percussionniste burkinabé « Dembélé Zoumbaza » a fait vibrer l'auditorium du Centre de Congrès au rythme de la musique traditionnelle africaine
Le percussionniste burkinabé « Dembélé Zoumbaza » a fait vibrer l'auditorium du Centre de Congrès au rythme de la musique traditionnelle africaine
Les deux prix suivants ont été attribués par un jury de jeunes Angevins constitué pour l’occasion. « Nous avons été très touchés par l’émotion que procure Cinémas d’Afrique, ce qui a rendu difficile notre choix. Nous avons retenu un film original, plein de poésie, de sensibilité et d’émotion ».

Les jeunes ont attribué le prix au court métrage : « Quand ils dorment », de la Marocaine Maryam Touzani. Ce film traitre de la mort, un sujet sensible dans la culture musulmane. Ils ont également décerné une mention spéciale au documentaire « Yvette » de Marie Bassolé et Ferdinand Bassono (Burkina Faso).

Un second prix, dans la catégorie long métrage était également attribué par les jeunes. C’est le malgache Haminiaina Ratovoarivony qui remporte son prix pour son road movie sur l’ile de Madagascar : « Malagasy Mankany ». « Ce film nous a fait voyager sur les sentiers de l’utopie », a déclaré le représentant du jury jeune, Lamine Diarra, également porteur d’un « projet Bled ».

Selon les souhaits de l’association organisatrice, aucun prix n’est attribué par un jury professionnel, mais par le public qui vient voir les films, dans trois catégories : court, long et documentaire. Pareil aux détenus, le public angevin a plébiscité le court métrage « Moly », de Moly Kane. En recevant ce prix, le réalisateur a souhaité le dédier « à tous les handicapés de l’humanité ».

Le prix du documentaire a été décerné à la Togolaise Gentille M. Assih pour « Le Rite, la Folle et moi ». Émue aux larmes la réalisatrice a estimé qu’elle avait déjà reçu son prix par la fréquentation des salles et les nombreuses questions du public. « J’avais peur de montrer ce film ».

Enfin le prix du long métrage a été attribué à « La Vierge Margarida » de Licínio Azevedo (Mozambique), une comédie dramatique qui salue la révolte, la solidarité et le courage des femmes dans la société Mozambicaine.

À noter que les films primés seront de nouveau présentés au cinéma Gaumont Variété, à Angers, ce dimanche 21 avril.




Yannick Sourisseau
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