Cité des objets connectés : les dessous d'un projet industriel


Rédigé par - Angers, le 19/06/2014 - 16:17 / modifié le 02/06/2015 - 23:34


Avant la fin de l'année, une Cité des objets connectés devrait voir le jour à Angers, dans le quartier d'Orgemont, sur le site de l'usine Valéo en cours de déménagement. Un projet qui a suscité de nombreux satisfecit politiques, mais qui est d'abord porté par des industriels angevins.



Les objets connectés, parfois inattendus, seront près de 80 milliards à travers le monde, à l'horizon 2020.
Les objets connectés, parfois inattendus, seront près de 80 milliards à travers le monde, à l'horizon 2020.
la rédaction vous conseille
En présentant mercredi les plans de la Nouvelle France industrielle, le ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, a fait plus d'un heureux dans le microcosme politique angevin et ligérien : avant la fin de l'année, Angers accueillera une Cité des objets connectés. Bien plus qu'un incubateur de plus, un lieu à mi-chemin entre le fab lab -laboratoire de fabrication- et l'usine traditionnelle, sur un marché des objets connectés (voir plus bas) déjà actif mais qui pèsera près de 80 milliards de produits à l'horizon 2020.

Les réactions politiques n'ont pas tardé : du député socialiste Luc Belot -en pointe sur le question du numérique- au premier vice-président PS de la Région Christophe Clergeau, en passant par le conseiller régional et ancien maire d'Angers, Frédéric Béatse, tous se sont félicité du choix d'Angers, arguant qu'il s'agissait là des premiers fruits d'un travail de longue haleine sur la structuration de la filière électronique régionale.

Faire de cette cité une entreprise rentable

Au passage, comment ne pas y voir aussi un joli pied de nez à la nouvelle municipalité angevine, clairement prise au dépourvu par cette annonce ministérielle ? "Nous chassons en meute", se défend pourtant Luc Belot, qui insiste sur le caractère transversal de la future cité : "Elle ne concernera pas uniquement la filière électronique, mais également la programmation, la plasturgie, la filière bois ou encore la formation", explique le député. "Celui qui voudra innover, créer son prototype, faire des préséries aura tout intérêt à venir à Angers".

Bref, c'est tout bénef' pour le territoire, bien au-delà des quelque 60 postes créés et des 19 millions d'euros d'investissements annoncés dans les 3 ans pour faire fonctionner cette cité. Et l'on en vient là au cœur du sujet : la Cité des objets connectés, c'est avant tout un projet d'industriels. "L'idée, c'est de faire de cette cité une entreprise rentable, de faire en sorte que ça marche sur le territoire angevin et de le développer ensuite sur d'autres territoires", avance Thierry Sachot, directeur général d'Eolane et cheville ouvrière du projet depuis la fin de l'année 2013.

Le réseau d'Eolane

C'est d'ailleurs en grande partie grâce au réseau d'Eolane que le territoire angevin a remporté la mise. Voilà plus de 20 ans que le groupe créé par Paul Raguin travaille avec Eric Carreel, fondateur de Withings et... pilote du plan national Objets connectés. "Nous avons fabriqué ses premiers objets", se souvient Thierry Sachot ; "Eric est naturellement venu vers nous pour travailler avec lui sur sa feuille de route", Avec une ambition de fond : faire réaliser les produits en France (lire la tribune d'Eric Carreel à ce sujet)

"Nous sommes d'abord allés voir les industriels pour leur parler de ce projet", précise Thierry Sachot. On citera, entre autres, SLTS, Ouest décolletage, CD-Plast ou Commeca. Une histoire privée, donc, puis des collectivités "qui ont répondu favorablement à notre demande d'accompagnement", poursuit le DG d'Eolane.

Une commercialisation rapide du produit

C'est sur le site de l'usine Valéo situé dans le quartier d'Orgemont que devrait prendre place la cité.
C'est sur le site de l'usine Valéo situé dans le quartier d'Orgemont que devrait prendre place la cité.
Si le dessin macroéconomique de la cité est "bien en place, il s'agit désormais d'entrer dans les détails, en réfléchissant à un business plan, pour une installation espérée au cours du dernier trimestre 2014". Ce sera sans doute dans les locaux de Valéo Equipements électriques moteurs -qui déménage actuellement sur le site d'Ecouflant- dans le quartier d'Orgemont.

Les trois piliers de cette cité sont en tout cas clairement définis. "Il y a le Fab Lab, un lieu sur lequel on met à disposition des moyens matériels et humains pour accueillir les porteurs, afin qu'ils donnent un contenu réel à leur projet. Le second temps est celui de l'innovation industrielle, de l'industrialisation du produit", détaille Thierry Sachot, une étape qui mobilise les compétences présentes sur le territoire. Enfin, vient le temps de "la production en séries qui se déroule, au tout début, chez les entreprises partenaires".

La clé de voûte de tout cela, c'est la réactivité et une commercialisation rapide du produit, dans un contexte hyperconcurrentiel. De ce point de vue, la participation active de la FNAC, Darty, Auchan et Carrefour à la feuille de route garantit une réelle visibilité aux objets produits.

Comment ne pas voir non plus dans l'installation de la cité une fenêtre de tir pour la requalification du site de Technicolor ? "Il faut sur le territoire des structures capables de fabriquer des prototypes ou des préséries, ainsi que des petites et des moyennes séries. C'est une perspective qui peut intéresser un groupe de repreneurs", indique le député Luc Belot.

Reste désormais à connecter ces différentes annonces à la réalité du terrain...

C'est quoi un "objet connecté" ?

Il y a la définition : "L’internet des objets est un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d’identification électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d’identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s’y rattachant" ("L’Internet des objets" de Pierre-Jean Benghozi, Sylvain Bureau et Françoise Massit-Folléa, Ed. MSH)
Concrètement, des objets divers et variés (chemises, chaussures, boîtes) capables d'envoyer eux-mêmes des informations vers des ordinateurs. Les terrains d'application ? La santé (balance hi-fi), la domestique (commandes de la maison avec un smartphone), les loisirs...

Pour en savoir plus : connected-objects.fr, le magazine des objets connectés.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag















Angers Mag : #Angers Le directeur de Keolis Angers a été licencié pour fautes graves https://t.co/n6HJqX081U
Lundi 5 Décembre - 15:10
Angers Mag : Keolis Angers : Christophe Reineri a été licencié pour fautes graves: Trois semaines... https://t.co/d3ujV5hSiJ https://t.co/cPMN0twREP
Lundi 5 Décembre - 15:01
Angers Mag : Orphée aux enfers, mais aussi au Quai: Entretien croisé avec Jean-Paul Davois (directeur... https://t.co/NJjZLJnXMH https://t.co/pTRfJd77AD
Lundi 5 Décembre - 08:00
Angers Mag : Enseignement, quand l'instruction se "fait maison": Depuis trois ans, Barbara a décidé... https://t.co/2EbbolDZYe https://t.co/q2lbjICkRQ
Lundi 5 Décembre - 07:20


cookieassistant.com