Clap de fin pour la compagnie Jo Bithume

Portrait de l'année (Août)


Rédigé par - Angers, le Vendredi 2 Janvier 2015 à 06:00


Ils ont marqué l'année 2014 en Anjou... et c'est la raison pour laquelle le mensuel Angers Mag a décidé de leur consacrer un portrait. "C'est qui celui-là ?", le titre dédié à la rubrique, explore ainsi d'une manière détournée ce que fut l'exercice qui s'achève, à travers une galerie de personnalités des mondes culturel, politique, social, économique ou sportif. Aujour'hui, c'est la chronique d'une fin annoncée, plutôt qu'un réel portrait que la rédaction vous propose de relire, avec l'annonce au beau milieu de l'été de la fermeture de la compagnie Jo Bithume...



La fanfare Jo Bithume boucle sa quinzième et dernière année. Une tournée d'adieux qui est notamment passée par les Accroche Cœurs...
La fanfare Jo Bithume boucle sa quinzième et dernière année. Une tournée d'adieux qui est notamment passée par les Accroche Cœurs...
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La nouvelle est tombée en début de semaine, mais elle trottait dans les têtes depuis quelque temps. La compagnie angevine Jo Bithume, créée en 1982, a été placée en redressement judiciaire. Elle attend désormais avec fatalisme la mise en liquidation judiciaire, prévue le 24 septembre. La prestation de sa fanfare, lors des Accroche-Cœurs, le 14 septembre, sonnera donc comme un adieu.

Cette décision du tribunal de commerce d’Angers scelle le sort de la troupe de saltimbanques. Fanny Grellier, en charge de la production et des tournées, estime que « les premières difficultés sont apparues en 2006 », autrement dit, en pleine direction artistique et technique du festival des Accroche-Cœurs.

Démarrée en 1999, cette activité leur procurait une stabilité importante : « Les Accroche-Cœurs faisaient vivre la Compagnie, ainsi que le Centre national des arts de la rue et l’Ecole de cirque» rappelle-t-elle. Néanmoins, cela n’a pas suffi à garantir leur viabilité économique sur le long terme. En 2009, Jo Bithume met un terme à cette « belle aventure » pour revenir à une structure plus réduite. Et là, les ennuis s’accélèrent.
 

"C'est compliqué pour beaucoup de compagnies aujourd'hui"

Dans un secteur culturel en berne, pour ne pas dire plus, la compagnie peine à rassembler des fonds. La même année, le Centre national des arts de la rue et l’Ecole du cirque se séparent de la Scop (société coopérative et participative) pour former deux associations distinctes. Chaque investissement est alors un risque. Le coup fatal est porté en 2013, par le spectacle Far West 2037, « un échec commercial duquel on ne s’est pas vraiment remis. C’est notre dernier grand format ».

Fataliste, elle avoue que « c’est compliqué pour beaucoup de compagnies aujourd'hui ». La faute à une baisse des subventions publiques ? « Pas forcément, les subventions n’ont pas un poids conséquent sur notre budget. Notre part d’autofinancement est importante ». Il faut plutôt aller voir du côté de la demande : les dates se font de plus en plus rares. Le spectacle Far West 2037 n’a par exemple été joué qu’à deux reprises.

Un nouveau départ dans une asso ?

Désormais, la grosse interrogation concerne le site de la Paperie, à Saint-Barthélémy. L’adjoint à la Culture, Alain Fouquet, a reçu un projet monté par Pierre-Yves Sourice, le gérant de la Compagnie depuis 2011 : « L’objectif est de maintenir un vivier de création artistique, autour de plusieurs compagnies. Ce lieu, on l’aime beaucoup, on voudrait vraiment qu’il reste au service des arts de rue ». Jacques Dolivet, chef de la Fanfare et figure emblématique de la Compagnie, serait le potentiel directeur de ce « lieu de mutualisation».

Quant à l’après-Jo Bithume, il semble se dessiner dans l’associatif : « Repartir à une échelle plus petite, construire un noyau dur avec certains des artistes qui gravitaient autour de la compagnie ». Avec en tête l’événement printanier « Vins & Compagnie » qu’ils organisent depuis maintenant deux ans.

D’ici là, la tournée d’adieux de la Fanfare – « entamée bien avant que la décision d’arrêter soit prise » précise-t-elle - se poursuit jusqu’à la fin décembre. Avec en point d’orgue leur « retour à la maison » le dimanche 14 septembre, pour les Accroche-Cœurs. Un moment forcément particulier, qui s’annonce chargé d’émotion.

Lire également, la lettre d'adieux de la Compagnie, diffusée au mois d'octobre...




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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