Collégiale Saint-Martin : le concert des voix


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Samedi 12 Mars 2016 à 10:00


Dix ans après sa réouverture au public, la collégiale Saint-Martin poursuit sa vocation culturelle entre arts, patrimoine et tourisme. Une démarche où la musique et les voix, en particulier, occupent une place de choix via la saison des Résonances Saint-Martin, dont la 7e édition s'ouvre lundi soir avec l'ensemble Le Concert d'Astrée. L'occasion d'entendre ceux et celles qui ont nourri depuis dix ans l'identité musicale des lieux.



Surnommée "The Ms Dynamite of French Baroque" par la presse anglaise, Emmanuelle Haïm ouvre lundi soir la 7e saison des Résonances Saint-Martin (photo Marianne Rosenstiehl).
Surnommée "The Ms Dynamite of French Baroque" par la presse anglaise, Emmanuelle Haïm ouvre lundi soir la 7e saison des Résonances Saint-Martin (photo Marianne Rosenstiehl).
la rédaction vous conseille
Isabelle Leygue, responsable du site :
« Dès l’ouverture, nous avons été sollicités par des ensembles musicaux. L’idée était d’être dans l’exigence de la qualité, de ne pas accueillir tout et n’importe quoi mais de se positionner comme lieu de diffusion musicale référent et de s’installer dans le temps. En 2010, nous déposons le nom et le logo « Les Résonances Saint-Martin » et nous pensons l’événement comme une saison, pas comme un festival. Le fil conducteur a toujours été la voix, au sens large du terme. Mais l’idée est vraiment d’élargir le concept des Résonances, en prônant la transversalité des arts : mêler les voix à la danse, aux musiques du monde… »

Patrick Barbier, professeur et historien de la musique, à l’origine de la venue du contre-ténor Philippe Jaroussky (2008) :
« C’est un lieu magique, par son architecture et son acoustique. J’aime la proximité avec les artistes, qui amène une plus grande communion. Bien sûr, j’ai un beau souvenir à la collégiale avec l’exposition Guillemard sur les castrats et la venue de Philippe Jaroussky. Aujourd’hui, j’aimerais que la collégiale garde sa veine classique et baroque tout en s’ouvrant au romantisme, au post-romantisme et à la musique intimiste du XXe siècle ».

Juin 2013 : Nathalie Stutzmann et l'ensemble Orfeo 55 (photo J-Patrice Campion).
Juin 2013 : Nathalie Stutzmann et l'ensemble Orfeo 55 (photo J-Patrice Campion).
Hugo Reyne, flûtiste, hautboïste et chef d’orchestre, fondateur de La Simphonie du Marais (venu 2008, 2012, 2013 et 2015) :
« Contrairement aux froides églises, la collégiale est confortable pour des artistes, avec des loges toutes proches et chauffées, comme dans une salle de concerts. De plus, elle s’adapte à beaucoup de musique. En général, les lieux religieux ont peur du profane et ce n’est pas le cas ici. Il est intéressant d’y varier les plaisirs, avec cette scène déplaçable. J’aime beaucoup quand le public nous entoure : on prend plaisir à sentir sa réaction et à échanger avec lui. Cette interactivité écarte le côté guindé du rendez-vous et ce n’est pas anodin ».

Nathalie Stutzmann, contralto et chef d’orchestre, fondatrice de l’ensemble Orfeo 55 (2011 et 2013 :
« C’est une saison très intéressante qui s’inscrit dans une vie culturelle angevine épatante. Comparé à certains publics en France, celui de la collégiale est extraordinaire. L’acoustique est très agréable. La taille est idéale : on est en contact avec le public et c’est très convivial. Il y a aussi le plaisir inhérent aux festivals. Tout l’hiver, nous jouons dans des salles de concert du monde entier et les festivals d’été permettent d’apporter la musique en des espaces différents. Et puis la collégiale est importante pour l’éducation à la musique, qui n’est plus faite dans les familles en France. C’est un lieu facile d’accès et beau qui permet une autre forme d’initiation ».

Joël Suhubiette, chef de chœur, fondateur entre autres de l’Ensemble Jacques Moderne (résidence de création en 2014) : 
« Ce furent des conditions de création très intéressantes. Humainement, la rencontre était belle. On a ressenti une vraie sensation d’être en résidence. C’est important pour un ensemble, cela change la dynamique travail-retour au foyer. Le fait de rester ensemble dans un même lieu apporte de la cohésion. On travaille mieux et de plus, on est dégagé des contingences. Ce confort et cette concentration sur ce qu’on devait faire a été évidemment très profitable à l’enregistrement qui a suivi, à Fontevraud. Un autre lieu magique d’ailleurs… »

Mai 2015 : Antoine Hervé dans une leçon de jazz autour des oeuvres de Duke Ellington (photo Thierry Peters).
Mai 2015 : Antoine Hervé dans une leçon de jazz autour des oeuvres de Duke Ellington (photo Thierry Peters).
Antoine Hervé, compositeur, pianiste et claviériste de jazz (2013 et 2015 pour ses « Leçons de Jazz ») : 
« L’atmosphère y est propice à la musique. Ce mélange entre ancien et modernité fonctionne bien avec le jazz. Ce n’est pas un lieu habituel en ceci que l’esprit y est dans un ailleurs. Il s’y dégage une sorte de force spirituelle et j’y suis très sensible en tant qu’improvisateur. J’y ai même enregistré deux DVD, celui sur Bill Evans et celui sur Thelonious Monk. Cela peut paraître étrange, mais on sent ici quelque chose de surnaturel. Et puis le jazz a pris son essor dans des caves voûtées. Certes, la collégiale offre une hauteur de plafond différente, mais la voûte est bien là !

Et j’aimerais rendre hommage à l’anticonformisme de la collégiale. Le jazz, c’est la musique du diable, et le diable est toujours très pratique pour la bien-pensance. Alors pouvoir jouer ici le bebop de Monk, c’est quand même à saluer. Il n'y a pas de discrimination ici. Pour moi qui viens du jazz et du classique et qui aime partager ces musiques, c’est essentiel ».

Hervé Niquet, chef d’orchestre et claveciniste, fondateur du Concert Spirituel (2012 et 2013) :
« C’est assez réjouissant de voir qu’un édifice qui a frôlé la vétusté et la démolition reprenne ainsi vie et se retransforme pour devenir un lieu pour la musique sacrée. C’est heureux qu’une collectivité ait sauvé cet endroit et lui ait trouvé un sens. De plus, c’est très agréable d’y jouer. La collégiale offre une acoustique d’église avec un confort de salle moderne. Les Angevins se sont approprié cet espace et j’ai l’impression que c’est plein à chaque concert. À titre personnel, j’aime beaucoup cette région de pierre blanche et cette jolie ville d’Angers. Alors, le seul regret que j’ai concernant la collégiale, c’est ne pas y jouer deux fois par an ! ».

Le Concert d'Astrée.
Le Concert d'Astrée.
"Monstres, sorcières et magiciens"
C'est l'intitulé du programme de musiques françaises des XVIIe et XVIIIe siècles que donneront ce lundi soir Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano Laurent Naouri, baryton basse, et l'ensemble Le Concert d'Astrée pour l'ouverture de ces 7emes Résonances Saint-Martin. Au programme : Rebel, Lully, Charpentier, Rameau et Leclair.
Fondé en 2000 par Emmanuelle Haïm, Le Concert d'Astrée collectionne les récompenses : deux Victoires de la Musique Classique (meilleur enregistrement en 2009 pour Lamenti et en 2008 pour Carestini, The Story of a Castrato), Echo Deutscher Musikpreis, nomination aux Grammy Awards (Dido and Aeneas, 2004, Une fête baroque 2013)... Sa fondatrice est aujourd'hui une figure de la musique baroque française. Première femme à diriger au Chicago Lyric Opera (Giulio Cesare, 2007), Emmanuel Haïm a dirigé aussi l’Orchestre Symphonique de Birmingham (CBSO), le Scottish Chamber Orchestra, le Hessischer Rundfunk Orchestra de Francfort, ou le Los Angeles Philharmonique (2011, 2015).  

Infos pratiques : Concert à 20h - Tarifs : de 20 à 30€ - 
Billetterie ouverte sur place l’après-midi du concert, entre 13 h et 15 h et avant chaque concert, dans la limite des places encore disponibles. Ouverture des portes 30 mn avant le début de chaque spectacle.

www.collegiale-saint-martin.fr












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