Communauté éducative et associations se mobilisent pour une famille angolaise


Rédigé par - Angers, le 29/01/2015 - 07:33 / modifié le 13/03/2015 - 10:12


Une centaine de personnes a manifesté mercredi soir devant les grilles de la préfecture pour demander la régularisation d'une femme d'origine angolaise, mère de 5 enfants scolarisés dans les établissements angevins. Elle s'était vue signifier une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) au mois de septembre dernier.



Ils étaient une centaine de camarades de classe, d'associations ou d'enseignants à se réunir, mercredi soir, devant les grilles de la préfecture, pour demander la régularisation de May et de ses 5 enfants.
Ils étaient une centaine de camarades de classe, d'associations ou d'enseignants à se réunir, mercredi soir, devant les grilles de la préfecture, pour demander la régularisation de May et de ses 5 enfants.
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Une situation humaine insoutenable mais un schéma juridique classique. Mercredi après-midi, ils étaient une centaine d'associatifs, de membres d'une large communauté éducative et de nombreux élèves, place Michel-Debré, pour appeler le préfet du Maine-et-Loire à régulariser la situation de May (prénom d'emprunt), une femme angolaise, et de ses enfants.

Arrivée en France en novembre 2012, depuis l'Angola, pour fuir des persécutions politiques, la jeune femme, mère de 5 enfants, avait bénéficié d'un titre de séjour d'étranger malade. La famille s'est établie à Angers et les enfants ont été scolarisés dans différents établissements de l'agglomération angevine. "Ces enfants, nous les suivons depuis leur arrivée", avance Sarah, enseignante de l'un d'eux, au nom du collectif de soutien. Autour d'elle, de nombreux associatifs, des enseignants, des éducateurs et,en grande majorité, des camarades classes de l'école Nelson-Mandela, du collège Californie, ou des lycées Henri-Dunant ou Jean-Moulin se sont mobilisés pour dénoncer la situation de la famille de May, depuis que la préfecture de Maine-et-Loire, lui a signifié une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) au mois de septembre dernier.

"Nous refusons l'expulsion de nos élèves et de leur mère vers un pays où leur sécurité ne serait pas assurée. Nous refusons d'expliquer à leurs camarades de classes pourquoi il y a une chaise vide à la rentrée ! Leur place est parmi nous à Angers où cette famille a recommencé à construire sa vie !", expliquent les membres du collectif de soutien.

"Ce sont des gamins assidus : je ne pense pas qu'ils ont compris la pleine mesure de la situation, car leur mère les protège, mais ils ont déjà été beaucoup bousculés par la vie"
Au-delà du risque d'expulsion, ce sont les conditions de vie de May et de ses enfants qui inquiètent leurs soutiens. L'OQTF entraîne de fait une obligation à quitter le logement qu'ils occupaient, fourni par France Terre d'Asile, centre d'accueil de demandeurs d'asile pour le Maine-et-Loire. "Avec l'OQTF, May, qui donnait toute satisfaction dans l'entreprise de ménage qui l'employait, n'a plus le droit de travailler. Ils sont dans un cercle vicieux, car les aides sociales ont également été coupées", détaille Sarah, qui craint pour les enfants "cette nouvelle menace. Ce sont des gamins assidus : je ne pense pas qu'ils ont compris la pleine mesure de la situation, car leur mère les protège, mais ils ont déjà été beaucoup bousculés par la vie."

Sur les 5 enfants de May, 4 sont mineurs et donc susceptibles d'être expulsés avec leur mère. La cinquième, en bac Pro, bénéficie pour sa part d'un titre de séjour toujours valide. Du point de vue juridique, May et sa famille sont plus ou moins dans une impasse. Le 10 décembre dernier, le Tribunal administratif a rejeté le recours déposé contre l'OQTF, ce que nous confirme Me Denis Seguin, qui suit le dossier. Quelle solutions reste-t-il à May ? "Elle peut faire un nouvelle demande de titre de séjour, mais le risque est que l'OQTF peut être exécutée pendant une durée d'un an après sa signification", indique-t-il.

Chaque cas est unique et extrêmement sensible du point de vue humain, mais la situation de May et de ses 5 enfants n'est pas isolée. "Et sa durée de présence en France, assez récente, n'est pas un avantage", précise Me Seguin. Une circulaire Valls de novembre 2012 recommande une régularisation des demandeurs d'asile qui résident depuis plus de 5 ans sur le territoire français. Une orientation -pas une obligation- qui réduit de fait la "fenêtre de tir" pour les demandeurs d'asile plus "récents". 

Reste que le collectif de soutien n'entend pas baisser les bras. S'ils n'ont pas été reçus pas le préfet mercredi soir -"on nous a répondu qu'il n'avait pas reçu notre courrier", ironise Yoann, au nom du collectif- les manifestants vont chercher dans les prochains jours à s'unir avec d'autres collectifs de soutien, car, rappelle Yoann, "beaucoup d'autres personnes, notamment, d'Angola, sont dans la même situation à Angers". Bref, le combat continue.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Daniel Fleury le 30/01/2015 18:46 | Alerter
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"mais la situation de May et de ses 5 enfants n'est pas isolée". Et c'est bien par contre "ce cas par cas" qui isole chaque famille quand il s'agit d'entreprendre le parcours des "papiers" en Préfecture... Il est des cas, 7 ans après, où tout est remis en cause, parce que telle ou telle disposition a encore changé... Merci pour ce soutien








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