Compagnie Mêtis : 20 ans de théâtre et d'échanges


Rédigé par Julie MILLIET - Angers, le Lundi 1 Mai 2017 à 08:00


Pour son 20e anniversaire, la Compagnie Mêtis a réuni il y a quelques jours les amis et partenaires qui ont croisé sa route. Entre tables-rondes, lectures et extraits de spectacle, l'occasion d'échanger autour de son histoire et de ses projets. Et de montrer qu'elle est bien devenue un acteur à part entière du monde culturel angevin. Rencontre avec l’un de ses fondateurs, Nicolas Berthoux.



Nicolas Berthoux, ici avec le guitariste Jean Gros, lors du 20e anniversaire de la Compagnie Mêtis. Crédit photo : Jérôme Paressant.
Nicolas Berthoux, ici avec le guitariste Jean Gros, lors du 20e anniversaire de la Compagnie Mêtis. Crédit photo : Jérôme Paressant.
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Si vous aviez à nous la présenter, qu’auriez-vous à nous dire sur l’histoire, la naissance et les valeurs de la Compagnie Mêtis ?
 
Nicolas Berthoux : "C’est un projet initié le 23 décembre 1997. Après trois années au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Angers et un cursus Sciences Economiques, je fus embauché comme comédien par une compagnie professionnelle. J’ai pu travailler très rapidement mais il me manquait un supplément d’âme. J’avais envie d’apporter mes réflexions sur un plateau. C’est là qu’est né la Compagnie Mêtis. Le besoin de mise en scène et la création d’une structure pour simplifier les démarches administratives. Le propos principal de la compagnie est de participer à la vie de la cité en suscitant l’échange sur des thèmes et auteurs contemporains. Je veux mettre en avant des réflexions qui me tiennent à cœur. Tout ce qui a attrait à la mémoire, au souvenir et à l’histoire m’intéresse. Ça  permet à l’être humain de s’interroger sur son rapport à l’autre, à la société. Je choisi des textes qui ont une portée universelle."
 
Est-il possible de vivre du théâtre ? Si oui, comment ?
 
"Ça dépend des personnes. Pour ma part, oui.  C’est difficile quand on n’a pas le régime spécifique d’intermittent du spectacle. Pour être considéré comme intermittent il faut avoir travaillé un certain nombre d’heures pour prétendre au régime d'indemnisation. Ne vivre que de ce métier c’est possible mais ça reste très compliqué. Il y a de plus en plus d’offre de spectacles mais de moins en moins de lieux de diffusion et de budget. On le voit avec les saisons qui se raccourcissent. Aussi, les amateurs concurrencent les professionnels. Le monde professionnel n’a rien contre et certains proposent du travail de grande qualité. Mais il faut rester à son poste, payer les professionnels et non pas les amateurs. Ça évite de réduire la possibilité d’emploi, parce que ça peut devenir la galère. D’autant plus qu’être professionnel signifie qu’on a la formation, donc les compétences."
"Tout ce qui a attrait à la mémoire, au souvenir et à l’histoire m’intéresse. Ça  permet à l’être humain de s’interroger sur son rapport à l’autre, à la société. Je choisi des textes qui ont une portée universelle" 

Après vingt ans d'existence, comment envisagez-vous votre avenir dans son organisation et son financement ?
 
"On essaie de diversifier nos ressources et nos actions pour toucher des publics et lieux différents. On a nos créations pour les scènes locales, nationales, les bibliothèques, et on intervient chez les scolaires. On propose aussi des spectacles ou ateliers de pratique artistique dans un but pédagogique. Il y a un échange en amont et aval du spectacle. La pratique artistique c’est la mise en scène des élèves en réalisant un projet avec eux. En continuant cela, on pense à créer une autre structure. Une sorte d’école ancrée sur deux axes. Le premier, un tremplin post-conservatoire pour intégrer les étudiants au monde professionnel angevin. Le second, proposer des cours de théâtre en tant que loisir, toujours dans l’optique d’ouvrir le public à l’art du théâtre."

Crédit photo : Jérôme Paressant.
Crédit photo : Jérôme Paressant.
Pour ceux ne connaissant pas vos créations, comment décririez-vous l’univers de vos spectacles ?
 
"Je créer des mises en scènes épurées pour laisser toute sa place au propos et pour laisser une liberté d’interprétation au spectateur. Le texte et le verbe sont les outils centraux de mon acte artistique. Je travaille avec la lumière pour dessiner l’espace et mêle les arts pour toucher divers publics. Dans mes spectacles il y a du théâtre, de la danse, l’utilisation des technologies numériques… Le théâtre doit se dépoussiérer et s’ouvrir au monde. Par exemple dans "RPG 14", on rénove un propos qui peut paraître poussiéreux en y adjoignant de la vidéo d’animation. Ce spectacle est d’ailleurs très utilisé dans nos interventions pédagogiques à propos de cette partie sombre de l’histoire qu’est la guerre 14-18. Ça permet de capter l’attention des élèves sur une période dont ils se sentent peu concernés et un art qu’ils n’ont pas l’habitude de voir."
 
Et pour le financement ?

"Au niveau du financement, on souhaite garder notre indépendance. On équilibre nos ressources financières entre autofinancement, mécénat, dons, aides publiques… Aussi, la compagnie est une association reconnue d’intérêt général. Tous les donateurs, particuliers comme entreprises, peuvent défalquer une partie du don à leurs impôts. Dans le futur on veut développer la partie privée. Il faut vivre avec notre temps et ne pas rester dans cette guerre idéologique où la culture et le privé ne s’entendent pas. On n’a pas le choix."

Quels sont les projets à venir ?
 
"Un des prochains spectacles, prévu pour février 2018, est "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier", de l’écrivain et journaliste Stig Dagerman.  Cet essai philosophique est une réflexion personnelle de l’auteur suédois sur le monde qui l’entourait à l’époque. Il résonne encore aujourd’hui parce qu’il nous parle de l’enfermement sociétal que l’on pallie en essayant de trouver des moyens de consolation qui sont tous vains. Je m’en sers pour appréhender la société de l’image actuelle. Je ne chercherai pas à dénoncer mais mieux percevoir les nouvelles technologies, m’en libérer y compris en les utilisant. Mon propos tend à l’universalité et l’humanisme. Pour en parler je vais moi-même utiliser les nouvelles technologies. Ce sera un spectacle à la croisée des chemins entre le théâtre, le cinéma, la musique…"

Les spectacles de Mêtis en tournée
RPG 14 ou le jeune homme et la machine à tuer (de Marc Béziau, mise en scène de Nicolas Berthoux, spectacle labellisé par la Mission Centenaire) : « Cet outil pédagogique est diffusé depuis 2014. Il s’axe sur la transmission du passé, d’une vision globale et pas seulement sous le regard français. Ce spectacle dépoussière le propos théâtral et montre à quel point cet art peut être transmetteur de l’histoire. On utilise les nouvelles technologies pour mettre en exergue les inventions à foison de la première guerre technologique de l’histoire qu’est la guerre 14-18. Dans le monde actuel c’est une invention par jour donc il faut se questionner. Ce spectacle confronte finalement les deux jeunesses, de l’époque et d’aujourd’hui, pour aller vers un vivre ensemble apaisé ».
 
Ce que j’appelle oubli (de Laurent Mauvignier, mise en scène de Nicolas Berthoux, collaboration artistique : Caroline Gonce) :
« Cette pièce est une réflexion qui reprends un fait divers en fiction pour montrer comment on peut s’oublier les uns les autres. Et ceci au point d’en devenir animal sur un laps de temps, dans la pièce la mise à mort. On questionne aussi la justice. A partir de quel moment on justifie une tuerie ? Est-ce qu’on peut finalement justifier une condamnation à mort ? »
 
En un mot comme en vin (mise en scène de Nicolas Berthoux) :
« C’est une petite formule, une dégustation en lecture musicale, d’un vin du Saumurois. Toujours dans l’optique de participer à la vie de la cité, je voulais mettre en avant les vignerons qui travaillent dans le respect de la terre et sont ainsi labellisés de la culture biologique. »












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