Concours des compagnies : « L’identité forte du Festival d’Anjou »


Rédigé par - Angers, le Mercredi 2 Juillet 2014 à 08:39


Les deux jurys, professionnels et étudiants, qui auront la lourde charge de choisir l’une des cinq compagnies qui concourent sur la scène du Festival d’Anjou cette semaine, ont pris leurs fonctions lundi soir avec détermination, mais dans un contexte difficile : la crise des intermittents du spectacle.



Les deux jurys du Concours des Compagnies, étudiants et professionnels
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Retenue pour des raisons professionnelles, l’actrice Hélène de Fougerolles ne participera pas au jury professionnel du Festival d’Anjou, comme cela avait été annoncé précédemment. Elle est remplacée par un amateur de théâtre, désormais bien connu des Angevins, le directeur de la librairie Richer, Antoine Boussin.

Pour le reste, la composition présentée mardi par Nicolas Briançon n’a pas changé : un metteur en scène, deux comédiennes, un producteur, Étienne de Balasy, Lisa Martino, Blandine Bellavoir, Thierry Harcourt, se sont bien installés dans les gradins du Plessis-Macé, lundi, pour la première soirée de la semaine des compagnies. Ils auront, comme leurs prédécesseurs, la lourde tâche d’attribuer le prix de 20 000 €, financé par Mécène et Loire, à celle qu’ils considéreront comme la meilleure compagnie de la semaine.

« Un choix difficile, mais passionnant, motivant, revigorant », affirment tour à tour les membres du jury, dont certains étaient, à l’exemple de Lisa Martino, sur scène l’an dernier (Le roi se meurt d’Eugène Ionesco). Passer de l’autre côté de la barrière pour aider des troupes en devenir, pouvoir les aider à monter leur prochain spectacle, c’est ce qui retient l’attention de ce jury professionnel. « Nous allons regarder avec bienveillance et curiosité. Nous sommes pressés de les voir », souligne Lisa Martino.

« Nous allons nous laisser emporter par ce théâtre et d’avance, nous sommes séduits comme n’importe quel spectateur », ajoute le metteur en scène Thierry Harcourt. « C’est un vrai prestige de participer au Festival d’Anjou. Une occasion comme celle-ci, ça ne se refuse pas ».

À leurs côtés, cinq jeunes filles, Léa, Alexandra, Camille, Mathilde et Pauline, pour certaines étudiantes dans un Conservatoire de théâtre, mais toutes passionnées, attribueront le prix étudiant à la troupe de leur choix, pour un montant de 5 000 €. Un prix de 1000 € sera également remis au meilleur interprète.

« La meilleure arme des intermittents du spectacle ce n’est pas la grève, mais le théâtre »

Créé en 2005 par l’actuel directeur artistique, Nicolas Briançon, le concours des compagnies accueille chaque année cinq troupes qui présentent leur premier grand spectacle. « Je reçois environ 15 demandes par jour, preuve qu’il s’en crée beaucoup. Avant de les soumettre aux jurys, je dois faire un choix difficile parmi ces compagnies en situation très fragile, encore plus aujourd'hui », explique-t-il.

« Chaque année ces jeunes compagnies peinent à trouver leur public. Les habitués du festival ne veulent pas prendre de risque, ils préfèrent les valeurs sûres », se désole Nicolas Briançon. « J’ai demandé à la nouvelle municipalité – le maire est le directeur de l’EPCC Anjou-théâtre, organisateur du festival -, de s’associer au concours des compagnies, de le faire venir sur Angers au Grand théâtre, pour que chacun puisse être sur le même pied d’égalité et ne pas subir, pour certains, les caprices de la météo ».

« À Angers nous devrions toucher un autre public, lequel peut difficilement se déplacer vers le Plessis-Macé. Ce concours j’y tiens et je veux même l'étendre. C’est l’identité forte du festival », poursuit Nicolas Briançon, évoquant la fragilité de ces compagnies débutantes, souvent sans ressources.

Et comment aborder cette semaine sans parler de la crise que traversent les intermittents, comédiens et techniciens. « Nous sommes tous des intermittents et nous sommes satisfaits de ce régime qui nous permet de vivre quand on ne nous propose pas de spectacle. Mais pour autant on préfère jouer, plutôt que toucher le chômage », affirment les membres du jury, conscients comme Nicolas Briançon que si aucun accord n’est trouvé, ce sont les compagnies les plus fragiles, comme celles que le jury rencontrera cette semaine qui en souffriront le plus.

Si la menace de grève plane sur tous les festivals, Nicolas Briançon affirme qu’il n’a reçu aucune menace pour cette dernière semaine. « Si c’est le cas, nous serions obligés d’annuler le concours. Ce n’est pas la meilleure solution, d’autant que je considère que la meilleure arme des intermittents ce n’est pas la grève, mais bien le théâtre. La grève, c’est la fuite ».

Un débat public sur l’intermittence, en compagnie des comédiens, techniciens, partenaires financiers du festival, est prévue le samedi 5 juillet, à 19h au Plessis-Macé, avant la soirée de clôture et le spectacle de François Morel.




Yannick Sourisseau
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