Conseil départemental : une impasse financière qui en impose ?


Rédigé par - Angers, le 23/06/2015 - 09:17 / modifié le 23/06/2015 - 19:25


Avec des ressources en baisse continuelle, la collectivité départementale va devoir trouver 10 millions d'euros d'économie nouvelles au minimum cette année. Nœuds au cerveau garantis pour ses responsables et tous ceux qui dépendent des finances du département. Lundi, cette inquiétude a baigné l'examen de son compte administratif et le vote de son budget supplémentaire, sans que personne ou presque n'ose s'aventurer à parler d'impôts. Tabou ?



Conseil départemental : une impasse financière qui en impose ?
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Fuites alarmistes sur des projections budgétaires, révélations sur l'étude d'un retrait de l'Orchestre national des Pays-de-la-Loire, annonce d'un nouveau projet pour le château de Montsoreau, craintes pour la maintien du CAUE (1)... Il n'aura pas fallu attendre ce lundi 22 juin pour voir (re)monter la pression autour de la situation financière du Conseil départemental de Maine-et-Loire, et les inquiétudes qui entourent ses recherches d'économies.

Officielles ou non, les informations relayées les semaines passées par la presse locale ont témoigné justement de l'inquiétude qui entoure la santé du département d'une part mais, plus encore (et de plus en plus fort) d'autre part, sa capacité réelle à pouvoir se soigner. Posons la question comme la plupart des conseillers départementaux se la posent sans trop oser le dire : est-il raisonnable (honnête ?) de continuer à espérer un redressement financier de la collectivité sans envisager une hausse drastique des impôts ?

A l'occasion de l'examen du compte administratif 2014 et du vote du budget supplémentaire lundi, c'est naturellement la minorité de gauche qui s'est sentie la plus libre pour briser ce qui ressemble un peu à un tabou. Quitte à forcer le trait, en évoquant, via son porte-parole Grégory Blanc (PS), des augmentations "considérables. Sans doute de plus de 20% pour simplement stabiliser la collectivité." "La situation l'exige : désormais, l'esbroufe des beaux discours n'est plus possible. Pour autant, gérer en "naviguant à vue", pour reprendre votre expression, n'est pas un cap tenable sur la durée" a t-il lancé à Christian Gillet, en ouverture des débats.

Pas de quoi ébranler pour autant le président du département. S'il n'a pas caché la réalité alarmiste de la situation financière de la collectivité, celui-ci ne s'est surtout pas aventuré sur le terrain fiscal, pas plus (ou si peu) devant la presse juste avant l'ouverture de la session que lors des débats de la journée. Chaque chose en son temps ? Pour Christian Gillet, l'important, politiquement parlant, reste encore manifestement de ne jamais oublier de rappeler que le principal responsable de la situation, selon lui, "c'est l'Etat". Et que c'est la famille politique de Grégory Blanc qui en est à la tête aujourd'hui...
"Terra Botanica, ce n'est pas peanuts mais ce n'est que 110 millions d'euros sur un investissement global de 1,4 milliard sur 10 ans." Philippe Chalopin

L'Etat, qui ne compensera pas une nouvelle fois le reste à charge de la gestion des trois principales allocations de solidarités  (RSA, Allocation perte d'autonomie et Prestation de compensation du handicap) qu'il a fait porter aux départements, soit 67 millions d'euros en 2014 et "80M€" probablement en 2015 pour le Maine-et-Loire, selon Christian Gillet qui réclame "le retour du RSA à l'Etat". Ajoutez à cela la première baisse de la Dotation globale de fonctionnement (4,3M€ pour 2014, mais 11M€ de moins attendu pour 2015) destinée à l'effort de remboursement de la dette publique, et des recettes à l'avenant, et vous comprendrez pourquoi l'heure n'était pas à la franche rigolade au moment de présenter le compte administratif 2014.

Evolution de la part des allocations de solidarité non prises en charge par l'Etat depuis 2002 (source : Conseil départemental de Maine-et-Loire).
Evolution de la part des allocations de solidarité non prises en charge par l'Etat depuis 2002 (source : Conseil départemental de Maine-et-Loire).
Ce dernier fait apparaître un excédent net de 555 000€, "autant dire zéro" a acquiescé Christian Gillet. Surtout cette photographie comptable définitive a permis une nouvelle fois d'illustrer l'incapacité chronique du département à compenser ses charges, et à se dégager des marges de manœuvre financière. "Si nous n'améliorons pas notre capacité d'autofinancement, nous risquons d'arriver à une situation grave" a convenu Philippe Chalopin, le vice-président en charge des finances, exonérant l'impact de Terra Botanica dans une formule un peu malheureuse : "Terra Botanica, ce n'est pas peanuts mais ce n'est que 110 millions d'euros sur un investissement global de 1,4 milliard sur 10 ans."

"Ce n'est pas l'année "zéro" de votre mandat, c'est le paroxysme de la gestion des dix années passées. Il y a un écart sidéral entre les chiffres et ce qui était prévu" dira Grégory Blanc pour justifier l'abstention de son groupe au moment du vote, citant à l'envi Michel Piron (UDI), l'ex-meilleur ennemi de Christophe Béchu au département, pour mieux viser ce dernier. "N'allez pas chercher dans je ne sais quel budget non sincère, les raisons des difficultés liées au désengagement de l'Etat" terminera, agacé, Christian Gillet. Dans le prolongement, la minorité votera contre le budget supplémentaire en raison d" "un désaccord profond", notamment sur le volet social.

(1) Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement, où de nouvelles économies sont pressenties après un premier plan de licenciement.

Culture et sports en ligne de mire
Qui fera les frais des restrictions budgétaires du département ? A la faveur des discours - "se recentrer sur nos compétences principales" - et de deux délibérations lundi, on a bien compris que la culture et les sports ne seraient pas épargnés. Critiqué par la gauche sur sa gestion personnelle du dossier "Montsoreau", Christian Gillet n'en a pas moins fait voter son projet d'en confier la gestion au collectionneur Philippe Méaille à compter du 1er janvier 2016. Il a aussi confirmé la mise à l'étude de la sortie "partielle ou totale" du département de l'Orchestre national des Pays-de-la-Loire. Il a enfin fait savoir qu'il envisageait de réduire par deux le volume des avances pour la saison 2015/2016 au titre de l'aide aux huit clubs sportifs professionnels (2) du département dont l'ensemble des dirigeants seront reçus ces prochaines semaines. Symboliquement et en dépit de la montée d'Angers SCO en Ligue 1, le département a choisi de renoncer à la loge qu'il louait au stade Jean Bouin.

(2) : Angers SCO, Cholet Basket, UFA Basket, Anjou BC, Ducs d'Angers (hockey-sur-glace), Angers Noyant Handball, La Vaillante Angers et La Stella La Romagne (tennis de table).




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1.Posté par aishen le 23/06/2015 08:36 | Alerter
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Pourquoi ne pas mettre tous ces inutiles au SMIC ? Ils le valent même pas mais au moins ils comprendraient pourquoi les smicard s'adonnent peu (ou prou) à la culture et au sport !
L'état n'est pas le peuple mais est devenu un groupe de prédateurs qui va appauvrir le peuple !















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