Conseil général : de l'art de budgétiser lorsqu'on est en coma avancé...


Rédigé par - Angers, le 13/01/2015 - 09:15 / modifié le 13/01/2015 - 09:15


Les conseillers généraux ont commencé à examiner lundi le dernier budget primitif du mandat en cours. Dans un contexte financier de "coma avancé", la collectivité envisagerait d'augmenter son taux d'imposition de 1,8 %. Avec, également, un débat de fond entre la majorité de centre droit et la minorité, qui a préparé, de son côté, un budget alternatif.



Le président du Conseil général, Christian Gillet, vit sa première session budgétaire, la dernière de cette mandature, à ce poste.
Le président du Conseil général, Christian Gillet, vit sa première session budgétaire, la dernière de cette mandature, à ce poste.
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On peut être en fin de mandat et assister à des premières, comme l'a montré la première journée d'examen du budget primitif du Conseil général, lundi.

D'abord, pour la première fois, c'est Christian Gillet (UDI), le nouveau président de la collectivité, qui a présenté les choix budgétaires de sa majorité. Mais l'ombre de son prédécesseur au poste, le désormais maire d'Angers, Christophe Béchu (UMP), a plané sur les interventions de "cadrage".

Et, sans suprise, les attaques les plus cinglantes sont venues du propre camp de la majorité, par la voix de Michel Piron (UDI), qui a tenu "à saluer la sincérité du budget qui nous est présenté, qui s'apparente enfin à une opération vérité". Et le député centriste d'insister : "Jamais les prévisions annoncées en décembre 2013 n'ont été aussi éloignées des réalités constatées en fin d'année", renvoyant la collectivité à sa responsabilité dans l'état de "coma avancé" (453 M€ d'endettement) où elle se trouve. Une dernière mine à l'endroit de Christophe Béchu -"ce budget est une prévision sérieuse, pour laquelle l'information prime enfin sur la communication"- avant de se féliciter des "choix courageux", qui permettent de "voir au-delà des échéances électorales. C'est assez pour que, pour la première fois depuis 2009, je vous le dise, Monsieur le président : "Je le voterai".

1,8 % d'augmentation d'impôts en 2015 ?

Pour sa dernière session budgétaire au Conseil général, Michel Piron (UDI) n'a pas pu s'empêcher de jouer les francs-tireurs, en se payant Christophe Béchu, puis en devançant les annonces de son propre groupe...
Pour sa dernière session budgétaire au Conseil général, Michel Piron (UDI) n'a pas pu s'empêcher de jouer les francs-tireurs, en se payant Christophe Béchu, puis en devançant les annonces de son propre groupe...
Voilà pour Michel Piron, qui a annoncé de longue date qu'il ne prolongerait pas son bail au Conseil général au-delà du printemps, mais reste incontrôlable pour sa propre majorité.
Dans son intervention l'élu de Thouarcé a lâché une information que le président Christian Gillet réservait au soir de la deuxième journée de session mardi : une augmentation d'impôts de 1,8 % en 2015.

Une annonce qui a pris de court, également, la minorité, qui travaille depuis plusieurs semaines cette session budgétaire. Mieux, elle a préparé de son côté un budget alternatif à celui bâti par les membres de la majorité et a mené un travail d'analyse des finances du Département depuis 10 ans. Avec un constat : "Je parlais de faillite au moment du débat d'orientation budgétaire, ça y est, on y est", avance Stella Dupont, au nom des élus de l'opposition. "Vous prévoyez d’emprunter le montant du remboursement des emprunts en cours, alors qu’il faudrait désendetter la collectivité. Malheureusement, cela s’avère désormais impossible. Même si je ne nie pas la difficulté des départements et des collectivités de façon générale, la situation du conseil général de Maine-et-Loire est beaucoup plus dégradée qu’ailleurs, et ce, alors même que le département est au cœur d’une région dynamique, attractive et qui tire son épingle du jeu en matière économique."

Un discours entendu depuis des mois, mais qui se double lors de cette session de propositions alternatives concrètes, pour un débat sur le fond des dossiers et quelques chevaux de bataille. Surtout, Stella Dupont dénonce "l'attitude attentiste" de Christian Gillet. "Vous nous donnez l’impression d’agir au coup par coup, sans vision d’ensemble, sans cohérence, sans perspective. Vous nous donnez l’impression d’agir dans la précipitation, comme si on venait d’apprendre que les marges de manœuvre du Conseil général se resserraient."

Si l'opposition a remis le couvert sur la question du collège public de Beaupréau, elle a surtout fustigé les arbitrages budgétaires proposés dans le budget primitif de la majorité, dénonçant les rabotages dans les domaines de la prévention et de l'insertion, là "où il faut pourtant porter nos efforts."
 
Solidarités et développement équilibré des territoires au programme des deux camps...

Ce qui est intéressant pour le débat démocratique, c'est que la minorité, dans son budget alternatif, entend mettre l'accent sur "les solidarités" et "le développement équilibré des territoires"... les deux thématiques développées par Christian Gillet lors de l'officialisation de sa candidature, il y a moins d'une semaine.  
Jean-Luc Rotureau et Stella Dupont ont poussé, avec leurs collègues de l'opposition, la majorité dans ses retranchements.
Jean-Luc Rotureau et Stella Dupont ont poussé, avec leurs collègues de l'opposition, la majorité dans ses retranchements.

Sur les missions premières de la collectivité départementale, ce sont donc bien deux visions qui s'affrontent, avec le même impératif budgétaire : comment financer 14 M€ de dépenses sociales supplémentaires (l'écart dans le domaine entre les budgets primitifs de 2014 et 2015), tout en n'ayant pas recours à l'emprunt (celui servant à rembourser les encours de dette...) ?

Défendant au travers de son propos introductif -un inventaire un peu longuet en forme d'hommage à ceux qui ne rempileront pas au printemps- "la cohérence globale de notre action et de notre projet politique", Christian Gillet a indiqué avoir "recherché partout où cela était possible des économies", avec un leitmotiv : quel que soit le domaine d'intervention, "le Département n'est pas le cochon payeur, chaque collectivité doit porter sa part du fardeau".
La profession de foi du budget de la majorité ? "Préserver notre capacité d’investissement en soutien aux territoires et entreprises ; ne pas alourdir la dette ; préserver les budgets sociaux en les maîtrisant ; réduire les dépenses de fonctionnement courant", détaille un président qui rappelle à l'envi le désengagement de l'Etat -"moins 11,5 M€ de dotation globale de fonctionnement, la réduction toujours plus grande dans la compensation des allocations individuelles de solidarité, entre autres"- sans vraiment convaincre, comme cette petite phrase de Michel Piron -toujours lui- l'atteste : "L'Etat a sa part de responsabilité dans cette situation, mais seulement sa part".

En clair, il s'agit aussi de balayer devant sa porte et assumer les choix propres faits ces dernières années. Ce que n'ont pas manqué de redire les élus de l'opposition, remontés comme des pendules à l'heure de commenter les orientations prises en matière sociale, "les compétences les plus importantes", relève Bruno Cheptou (PS). "Je ne comprends pas", répète plusieurs fois Grégory Blanc (PS), mobilisé au sein d'une minorité pugnace et attentive aux chiffres présentés.

A vrai dire, on avait déjà vu Christian Gillet plus serein au moment de répondre à ses opposants. Voilà qui promet de nouveaux échanges de fond, donc de qualité, lors du second jour de session budgétaire, mardi. On y causera, entre autres, des 1,8 % d'impôts en plus, l'augmentation "minime, modeste mais nécessaire" appelée de ses vœux par la majorité...




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