Conseil municipal d'Angers : attaquée, l'opposition municipale quitte l'enceinte


Rédigé par - Angers, le 30/06/2015 - 08:13 / modifié le 07/08/2015 - 08:29


L'assemblée municipale a vécu une situation quasi-inédite, lundi soir, lors de l'avant-dernier conseil de l'année scolaire. Après que les prises de parole se sont succédé sur l'adoption du compte administratif et du budget supplémentaire, l'adjoint aux Ressources humaines, Benoît Pilet, a pris la parole - de son propre chef - pour une tribune au vitriol à l'endroit de l'ancienne municipalité de gauche. Désormais dans l'opposition, le groupe de gauche a demandé au maire de désavouer son adjoint, avant de purement et simplement quitter le conseil municipal. Explications de texte...



Frédéric Béatse, à la suite de tous ses colistiers, a quitté le conseil municipal lundi soir, juste après l'adoption du budget supplémentaire, la délibération n°2 de l'ordre du jour.
Frédéric Béatse, à la suite de tous ses colistiers, a quitté le conseil municipal lundi soir, juste après l'adoption du budget supplémentaire, la délibération n°2 de l'ordre du jour.
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Certes, il y avait de l'électricité dans l'air, dès les premières minutes du Conseil municipal d'Angers, lundi soir. La présentation par l'adjoint aux Finances, Emmanuel Capus, du compte administratif, avait fait l'objet d'un sévère échange entre la majorité et l'opposition, au premier rang desquels Antony Taillefait rendait compte de sa "lassitude de démonter une énième fois quelques arguments ressassés" sur la gestion de la précédente municipalité.
 
Silvia Camara-Tombini, Alain Pagano ou Frédéric Béatse -avec une rondeur désormais caractéristique- étaient bien aussi montés au créneau, dénonçant "le ton agressif" du compte administratif, finalement adopté, moins les voix abstentionnistes de l'opposition.
 
Mais on était encore bien loin d'imaginer la teneur des minutes qui allaient suivre, et cette image des conseillers de l’opposition quittant l’enceinte du conseil, à l’heure de la présentation du budget supplémentaire. Antony Taillefait finissait à peine d'expliquer l'abstention de son groupe -"nous nous abstiendrons sur la deuxième décision modificative d'un budget primitif présenté comme sincère..."- que Benoît Pilet, l'adjoint au maire en charge des Ressources humaines demandait la parole... et annonçait un discours "pas politiquement correct", après "16 mois de silence".

La cocotte a effectivement explosé, durant 5 minutes au vitriol. Exprimant que l’opposition prenait « les Angevins en otage » et qu’un « double sentiment l’animait » depuis un an et demi, l’élu se lançait dans une diatribe, son débit traduisant une certaine émotion. Pour lui, l’ancienne majorité « n’avait de social que l’objectif ou la parade », « une approche minimaliste et populiste », et du « laxisme dans le suivi budgétaire ». Dénonçant notamment "des transactions douteuses dans le dossier Technicolor », Benoît Pilet concluait : « Je n’attends pas la concorde, juste le respect de tous », réaffirmant son « ras-le-bol des postures ».
Pour Benoît Pilet, l’ancienne majorité « n’avait de social que l’objectif ou la parade », « une approche minimaliste et populiste », et du « laxisme dans le suivi budgétaire ». Dénonçant notamment "des transactions douteuses dans le dossier Technicolor », Benoît Pilet concluait : « Je n’attends pas la concorde, juste le respect de tous », réaffirmant son « ras-le-bol des postures »

L'opposition municipale, lors de la suspension de séance.
L'opposition municipale, lors de la suspension de séance.
La suite ? Une salle sonnée, vite réveillée par le chef de file de l’opposition, Frédéric Béatse : « Monsieur le maire, je vous demande de porter à notre connaissance les enregistrements et les mots exacts qui ont été tenus, pour voir quelle suite nous pourrions leur donner. » Et l’ancien maire de relever « la violence extrême, telle que je ne l’ai jamais entendue », des paroles de Benoît Pilet. « Il y a deux solutions : soit vous désavouez ces propos, soit nous quitterons l’enceinte du conseil municipal », assénait Frédéric Béatse, avant de demander la suspension de la séance.
 
Quelques minutes plus tard, de retour dans l'enceinte du conseil, le même Frédéric Béatse, réitérait sa demande : « Je trouve qu’une limite grave a été franchie et nous vous demandons de désavouer clairement ces propos »… Et Christophe Béchu lui faisait la même réponse négative : « Ce ne sont pas des mots et des expressions que j’aurais fait miens, pour autant, il y a une liberté d’expression. Je prends note de votre indignation après les propos qui ont été tenus et de votre sentiment qu’il vous a été manqué de respect. Et j’aimerais que dans l’avenir vous puissiez être aussi sourcilleux quand certains de vos élus s’exprimeront à l’endroit des élus de la majorité. »
« Pour nous, les conditions ne sont plus réunies pour pouvoir siéger sereinement au sein du conseil municipal aujourd’hui. Nous nous retirons donc de cette séance à regret. » - Frédéric Béatse
 
Pas suffisant, pour la minorité : « Pour nous, les conditions ne sont plus réunies pour pouvoir siéger sereinement au sein du conseil municipal aujourd’hui. Nous nous retirons donc de cette séance à regret. »

Une annonce suivie d’effets, et des faits, les 9 (sur 12) conseillers de la minorité présents se levant comme un seul homme et quittant les lieux, un peu avant 20 h.

Benoît Pilet, adjoint au maire en charge des Ressources humaines.
Benoît Pilet, adjoint au maire en charge des Ressources humaines.
Voilà pour le récit d’une soirée pas tout à fait comme les autres, même si le départ des conseillers de l’opposition s’était déjà produit sous la précédente mandature. Non, ce qui a marqué les esprits, c’est la sortie totalement inattendue de Benoît Pilet. Une charge politique étonnante de la part de l’ancien secrétaire départemental du Parti radical de gauche, « prise de guerre » de Christophe Béchu en décembre 2013. « Je n’étais pas au courant », confiait le maire en aparté, un brin désarçonné. « Ce matin (lundi matin NDLR), il m’avait bien dit qu’il était discret depuis le début et qu’il prendrait peut-être la parole au conseil, mais je ne m’attendais pas à cette sortie… »
 
Quelle mouche a donc piqué le très rond Benoît Pilet, assez consensuel, notamment dans la gestion du cas Angers Télé, dont il est le président ? Croisé lors de la suspension de séance, l’homme avouait « ne pas avoir de regrets. Je relirai à tête reposée mon intervention, mais je l’avais en moi depuis longtemps », expliquait-il, pas beaucoup plus clair dans cette explication de texte que dans son intervention publique. « Nous avons découvert trop de choses depuis un an. J’ai décidé d’intervenir vendredi dernier, après une énième rencontre avec les syndicats des personnels de la municipalité. »

A côté de lui, Catherine Goxe, conseillère municipale de la majorité, le félicite : « Je m’apprêtais à prendre la parole pour les mêmes raisons… », arguait-elle. Quelques secondes plus tard, un autre conseiller, Daniel Dimicoli, vient serrer la paluche de son collègue. Confus et/ou ému dans sa prise de parole, Benoît Pilet en a dit trop, ou pas assez, pour qu’on ne s’interroge pas sur ses motivations. « C’est le côté ressources humaines qui m’a poussé à parler », répète-t-il à nouveau. « Nous avons promis de ne rien révéler… »
 
Voilà qui est un peu tard, non ? Quoi qu'il en soit, l'opposition municipale, injoignable lundi soir, annonce une conférence de presse pour mercredi.




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6.Posté par gino le 30/06/2015 17:32 | Alerter
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BRAVO Monsieur Pilet pour avoir osé mettre le nez de ces abjects du P.S dans leur caca.
Vous avez dit ce que nombre d'angevins pensent tout bas. Merci mille fois.
Avec un bilan aussi désastreux , ces bobos auraient dû faire "profil bas" : on voit que même l'humilité n'est pas dans leur vocabulaire. ..

5.Posté par augustin le 30/06/2015 17:31 | Alerter
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Les sommets du cynisme et de la violence !
Monsieur Pilet parle de respect et insulte les élus de gauche. Alors qu'il se dit lui-même issu de la Gauche, que son père (PS) a été adjoint avec Antonini mais a fait copain avec le Président du Cg de l'époque Béchu.!
Oui il peut se permettre de donner des leçons de moral.
On ne peut pas laisser de tels élus violents, revanchards, claniques avoir des responsabilités.
Il doit démissionner, à moins qu'il n'ait une promotion lors des futures élections!

4.Posté par Ludovic vigneau le 30/06/2015 08:18 | Alerter
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Je trouve assez surprenante l'intervention de Monsieur Pilet qui, scrupuleusement, lit un long texte, incapable de tenir une intervention qui était donc préparée puisque le nez collée à sa feuille ne cherchait donc qu'à mettre de l'huile sur le feu ? A l'époque des résultats du bac .... recalé dans sa philosophie ?

3.Posté par aishen le 30/06/2015 07:50 | Alerter
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Je viens de quitter angers et sa mafia de logement social : Il était temps le centre est tellement pollué avec toute cette politique droite/gauche !
Qu'on les vire tous !

2.Posté par Daniel Fleury le 30/06/2015 01:50 | Alerter
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C'est vrai que ça change un peu des interventions sur l'état des pissotières du stade Jean Bouin faite il y a peu par un élu de poids de l'opposition municipale Pcf. Mais tout cela reste dans les joutes orales, sauf à penser qu'il y aurait effectivement à creuser dans cette gestion de bon père de famille de l'ancienne équipe municipale. On attendrait quand même mieux au moment où les coupes budgétaires dans les dotations de l'Etat sont annoncées. Entre les toilettes et les fonds de tiroirs, l...

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