Conseil municipal : fritures sur la ligne de la culture... bientôt sanctuarisée


Rédigé par - Angers, le 27/05/2015 - 08:13 / modifié le 27/05/2015 - 22:50


Fraîche ambiance, mardi soir, au conseil municipal d'Angers. Il s'est agi des quartiers et d'un ensemble de mesures et de dispositifs qui détermineront leur avenir, mais également de culture. Interrogé sur la participation significative de la Ville d'Angers au prochain Festival d'Anjou (150 000 €) -qui se tiendra du 8 au 27 juin-, Christophe Béchu l'a ardemment défendu. Et en a profité pour annoncer la signature prochaine d'un pacte culturel avec le ministère idoine, qui garantit le budget municipal de la culture pour les trois ans à venir.



"Le Révizor", de Nicolas Gogol, sera la première pièce du Concours des Compagnies, qui se déroulera à partir du 15 juin au Grand Théâtre. C'est ce retour à Angers qui motive la subvention de 150 000 € accordée par la Ville au festival. Photo Dominique Vallès
"Le Révizor", de Nicolas Gogol, sera la première pièce du Concours des Compagnies, qui se déroulera à partir du 15 juin au Grand Théâtre. C'est ce retour à Angers qui motive la subvention de 150 000 € accordée par la Ville au festival. Photo Dominique Vallès
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C'est la signature de la Charte de partenariat entre le Ville d'Angers et les conseils de quartiers qui a sonné les trois coups du conseil municipal de mardi soir, mais c'est bien l'évocation de la subvention accordée par la municipalité au Festival d'Anjou qui a été l'acte majeur de la soirée.

Les faits, d'abord : dans le cadre d'une convention passée entre la Ville et l'Établissement public de Coopération culturelle (EPCC) Anjou Théâtre, la ville d'Angers apporte une contribution financière de 150 000 €, en soutien de la Semaine des Compagnies -dont les 5 spectacles programmés se tiendront au Grand Théâtre- et d'un spectacle -celui de François Morel- donné au Quai.

Pour rappel, ce 66e festival d'Anjou est marqué par le retour à Angers -après 37 ans d'absence- d'un événement qui y fut créé, au tout début des années 50.

A l'évidence, c'est un peu court pour Antony Taillefait, le conseiller municipal d'opposition, qui a tenu à dire bien des choses en somme, sans varier le ton : "Nous admettons sans peine la qualité artistique et culturelle du Festival d'Anjou, de notoriété internationale ; mais dans le même temps, nous serons toujours mobilisés pour condamner toute opération d'assistance financière du Conseil général (sic) par notre ville", avance l'élu, qui ne se prive pas de rappeler "le passif laissé par Christophe Béchu au Conseil général."

Et Antony Taillefait de poursuivre avec une demande de "confirmation", une "question" et une "proposition". La confirmation, c'est celle que "la participation répartie entre le mécénat, la billetterie, et- depuis ce soir- la ville ne conduit pas à une réduction de la subvention versée par le Conseil général (sic)". La question concerne elle la hauteur de la subvention -150 000 €- financée par le budget culture de la ville. "Cette subvention se traduit-elle par une baisse des financements des activités culturelles de la ville ?"

Enfin, la proposition, faite au nom d'une minorité qui s'est abstenue sur le vote de cette délibération, consiste à ce qu'aux "150 000 € versés par la Ville à l'EPCC et le Conseil départemental correspondent en retour une demande de financement de 150 000 €, par exemple pour financer les Accroche-Cœurs."
"Un festival de cette ampleur ne peut pas devenir l'enjeu d'un clivage politicien" Alain Fouquet

Une tirade qui, théâtre politique oblige, a suscité force répliques du côté de la majorité. C'est l'adjoint en charge des finances, Emmanuel Capus, qui a tiré le premier : "Nous avons là une opportunité formidable de réparer une erreur historique, qui ne nous regarde plus aujourd'hui. Je ne comprends pas votre raisonnement", avance l'élu UMP, arguant qu'en "plus de cela, le festival a cette particularité rare d'avoir plus de 50 % de ses recettes qui viennent du privé (billetterie et partenariats NDLR). À partir du moment où le festival vient à Angers, il est normal que la ville fasse cet effort."

De l'incompréhension, donc, par rapport à la sortie d'Antony Taillefait, mais peu d'éléments de réponse clairs, si ce n'est que cette subvention n'entraînera aucune décision modificative au niveau budgétaire. "Elle est intégrée au budget culture", affirme Emmanuel Capus.

C'est l'adjoint à la culture, Alain Fouquet, qui entre alors en scène : "Un festival de cette ampleur ne peut pas devenir l'enjeu d'un clivage politicien", plaide l'ancien bâtonnier, qui insiste sur la "proposition" de la minorité. "On ne peut pas être dans une économie de troc. Si nous nous engageons, c'est parce que c'est un projet prestigieux".

Le conseil municipal sur bientôt à se prononcer sur un pacte culturel signé entre la Ville et le Ministère de la Culture.
Le conseil municipal sur bientôt à se prononcer sur un pacte culturel signé entre la Ville et le Ministère de la Culture.
Enfin, avec un sens de la dramaturgie qui ne doit en l'espèce rien à l'improvisation, c'est Christophe Béchu qui prend la parole, ménageant ses effets... "Cette subvention répond à la volonté affichée dans notre programme de voir revenir le festival à Angers. Elle répond aussi à la valorisation du Grand Théâtre : avec 50 événements sur 365 jours, on peut considérer que c'est un équipement public qui ne donne pas le meilleur de lui-même... Enfin cette collaboration nouvelle apporte quelque chose ! Elle permet d'avoir une création au festival, ce qui n'était pas le cas l'année dernière ; elle permet aussi de tester une formule avec des spectacles à 19 h, qui peuvent attirer un nouveau public. Et ça semble marcher : le Concours des compagnies affichait les deux années précédentes des taux de remplissage de 50 à 55 %. Après seulement une semaine de réservation, les spectacles sont remplis à 90 %."

Voilà pour le festival d'Anjou, mais on comprend vite que c'est ailleurs que le maire veut amener la discussion. Il était mercredi dernier avec Alain Fouquet, "rue de Valois" à Paris, pour discuter des modalités de la signature "d'un pacte culturel avec le ministère, parce qu'il n'est pas possible que la culture soit un sujet de discorde".

Le principe, c'est que la Ville, dans un contexte financier que l'on sait contraint, s'engage à ne pas diminuer le budget lié à la culture. En contrepartie, l'État s'engage à ne pas diminuer ses moyens à l'égard des sites angevins qu'il gère.

Et Christophe Béchu de citer Libération (si, si !) et l'excellent article que le quotidien avait consacré à la disparition des festivals, un peu partout en France. "Trois grandes villes de plus de 100 000 habitants seulement se sont engagées dans ce processus (Strasbourg, Rennes, Toulon NDLR). Nous serons la 4e. On est en train d'évoquer là un maintien du budget culturel !"

Le deus ex machina de cette pièce municipale...




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















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