Corentin Baron ou la noblesse du Freestyle Football


Rédigé par - Angers le Samedi 23 Mai 2015 à 06:45


Il y a bientôt 10 ans, il était l’un des pionniers français du Freestyle Football. A 23 ans, l’Angevin Corentin Baron jongle habilement –et c’est un euphémisme- entre plaisir du jeu et désir de reconnaissance. Avec un objectif en tête : l’Euro 2016 de football, qui se disputera en France. Il a en tout cas pu montrer l'étendue de ses talents sur la pelouse du stade Jean-Bouin, vendredi, lors du "match de la montée"...



Corentin Baron, spécialiste du freestyle football, espère bien faire valoir ses talents pendant le prochain Euro de football disputé en France, en 2016. Crédit photo : Franck Camhi
Corentin Baron, spécialiste du freestyle football, espère bien faire valoir ses talents pendant le prochain Euro de football disputé en France, en 2016. Crédit photo : Franck Camhi
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C’est un artiste d’un genre nouveau, un as du ballon rond… mais sans crampon. Et dont le terrain de jeu va bien au-delà du seul rectangle vert. Corentin Baron, Angevin de toujours, a la dégaine alerte et l’enthousiasme communicatif.
Rien qui ne le différencie pourtant vraiment des petits camarades de sa génération. A 23 ans, le jeune homme est bien dans sa tête, titulaire d’une licence de management du sport, suivie à l’Ifepsa. Seulement voilà : mettez un ballon, quel qu’il soit, entre ses mains –ou plus encore ses pieds- et Corentin se transforme en machine. Son but ultime ? Maintenir le ballon hors de portée du sol, d’abord ; le faire avec fluidité, virtuosité et créativité, surtout.

Corentin Baron est un freestyler, l’un des meilleurs. Vice-champion de France de Freestyle football show en 2010, il a été sacré dans la catégorie technique en 2012-2013. Un CV bien rempli, donc, pour un garçon qui a été l’un des pionniers de la discipline en France, il y a bientôt 10 ans. « Je m’y suis mis à l’âge de 14 ans », se souvient Corentin. « A l’époque, nous n’étions qu’une petite vingtaine à pratiquer ».
« Je jouais au foot depuis que j’étais enfant, à La Vaillante, puis au club de Tiercé. Mais le côté cadré me plaisait de moins en moins : un contrôle, une passe… Tout l’opposé du freestyle, où j’ai retrouvé une totale liberté »

Lui a découvert le freestyle un peu par hasard, par des vidéos mettant en scène, par exemple, un certain… Ronaldinho. Et le « coup de foudre » a été immédiat. « Je jouais au foot depuis que j’étais enfant, à La Vaillante, puis au club de Tiercé. Mais le côté cadré me plaisait de moins en moins : un contrôle, une passe… Tout l’opposé du freestyle, où j’ai retrouvé une totale liberté ».

Corentin se lance dès lors corps et âme dans sa passion, sous le regard amusé et/ou quelque peu dubitatif des siens. Des heures à jongler des pieds, de la tête, des épaules ou du tibia, pour reproduire les enchaînements les plus complexes avec une impression de facilité déconcertante. « Dès que j’avais un moment, je ne faisais que ça, jusqu’à la limite physique. Le freestyle, ce sont des heures d’entraînements sur des mouvements répétitifs et j’ai eu plus d’une fois les articulations en vrac. »

Avait-il alors une quelconque ambition de vivre de sa passion ? « Pas du tout ! C’est un sport qui vient de la rue. A l’époque de ma première démo, au stade de Frémur, j’étais surtout content et fier de montrer ce que je savais faire. Tout le monde s’est d’ailleurs foutu de moi quand ils ont su que j’avais été payé », se souvient Corentin, qui poursuit : « Je suis conscient que je ne vais pas en faire encore 10 ans. Le freestyle, c’est aussi un moyen pour moi de me faire un réseau ».
« Dès que j’avais un moment, je ne faisais que ça, jusqu’à la limite physique. Le freestyle, ce sont des heures d’entraînements sur des mouvements répétitifs et j’ai eu plus d’une fois les articulations en vrac. »

Issu de la 1re génération de freestyler, ceux « restés dans le style 100 % foot alors que le freestyle se dirige de plus en plus vers la danse », le jeune Angevin a largement commencé à tisser sa toile, lors de démonstrations ou de tournages, en France, en Angleterre –il a passé trois mois dans le club d’Aston Villa- ou en Espagne. On l’a même vue dans une publicité pour un grand équipementier doubler une des stars du PSG d’alors, Nenê. « Je profite de chaque instant que peux m’offrir le freestyle. J’adore voyager, alors je ne vais pas me priver pour le faire, si ma passion m’ouvre des portes… »

L’année prochaine, il reprendra une formation commerciale en alternance, pour compléter son bagage « scolaire », mais 2016 sera aussi celle de l’Euro de football en France. Et Corentin espère bien être de la fête, lui qui a déjà foulé les plus beaux terrains de l’Hexagone, à Chaban-Delmas (Bordeaux), à Bollaert (Lens), au Stadium de Lille ou à… Jean-Bouin.
Alors il bosse, « 8 à 10 heures par semaine », tourne des vidéos –la dernière, de nuit dans les hauts-lieux angevins, est un régal- et multiplie les contacts (création d'un site internet, d'une plaquette...).

C’est aussi cela, la vie d’artiste.

Le Freestyle Football, c'est quoi ?

D'aucuns compareraient le freestyle football au basket streetball, ou à la créativité toujours plus déjantée des Harlem Globe Trotters, version football. Reste que le freestyle football, ça n'est pas une discipline, mais plusieurs, qui le rapproche (si, si !) du... patinage artistique ! "Il y a la note technique (freestyle technique) et la note artistique (freestyle show)" explique Corentin Baron. Avec des spécialistes pour chacune des disciplines -les stars du ground (principalement des dribbles au sol ne sont pas celles de l'air move- mais une constante : la langue anglaise. "Around the world", "Edge lift", "Rainbow", "Neck Stall", "ATW block"... pour les nuls en version, rien de tel que la pratique du freestyle pour bosser son vocabulaire.
"Il y a dans le freestyle des niveaux et des styles très différents", explique Corentin. "Pas besoin, par exemple, de savoir jouer au football pour pratiquer". Juste un ballon qu'il soit de foot, de basket ou de hand. Et l'envie de s'amuser.

La vidéo de Corentin dans les hauts-lieux angevins a été réalisée par Vincent Pepion étudiant en cinéma à Rennes. "Le but était de repartir des bases de la rue, pour finir dans un stade", glisse Corentin Baron.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur

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