Cure de rajeunissement pour le Grand Pigeon


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 21/11/2010 - 16:12 / modifié le 22/11/2010 - 09:57


Considéré pendant des années comme l’un des quartiers les plus défavorisés d’Angers, avec ses grands collectifs du siècle dernier, le Grand Pigeon qui vient de faire l’objet d’un plan de rénovation urbaine prend désormais une nouvelle physionomie. Élus, constructeurs et habitants sont satisfaits de ce changement.



Wilfrid Bellecour, l'architecte, devant les logements de l'ensemble Le Gouz
Wilfrid Bellecour, l'architecte, devant les logements de l'ensemble Le Gouz
On ne reconnaît plus le quartier, tout a vraiment changé ici », déclarait le Maire Jean Claude ANTONINI lors de l’inauguration, vendredi dernier, de l’îlot Le Gouz-Desbois, livré en Juin dernier.

Situé entre le Boulevard Montaigne et l’avenue Pasteur, le quartier du Grand Pigeon, dont les bâtiments ont été construits entre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et les années 60 bénéficient de l’un des plus lourds programmes de rénovation urbaine engagés par la ville d’Angers.

Sur l’ensemble du quartier du Grand Pigeon dix grandes barres HLM ont été entièrement démolies pour laisser la place à 256 logements locatifs du secteur publics et 164 dans le secteur privé. Mais tout n’a pas été détruit comme l’explique le Maire. « Nous avons mis en place des opérations tiroir, permettant de reloger les habitants en attendant que les logements soient reconstruits. Mais cela provoque souvent des traumatismes chez les habitants ». De fait 1073 logements ont fait l’objet de réhabilitation avec des mises aux normes en matière d’isolation thermique, phoniques, sanitaires et électricité. Les façades ont été rénovées, avec l’ajout de balcons et loggias. Des espaces verts ont été implantés aux pieds des immeubles. La tour Chaptal inaugurée en janvier 2010 en est le plus bel exemple.

Pour le reste le quartier a été entièrement redessiné avec de nouvelles voies, des espaces verts assurant de douces liaisons entre des bâtiments et bientôt de nouveaux espaces commerciaux. Pour Wilfrid BELLECOUR, l’architecte de l’ensemble Le Gouz avec 135 logements gérés par le bailleur social Angers Habitat, le résultat est plutôt satisfaisant. « Le programme de construction proposé par Angers Habitat était très exigeant et constituait une base urbanistique intelligente. Nous avons cherché à casser les séries et l’effet de masse, avec de grands balcons, des cours privés pour les appartements en duplex, donnant l’impression d’un petit chez-soi pour chaque famille ». Résultat des bâtiments aux couleurs et formes plutôt agréables dont le nombre de niveau ne dépasse pas trois, le tout H et E (habitat et Environnement) et THPE 2000 (Très Haute Performance Énergétique) avec eau chaude solaire.

Le 18 Juin, l’appel de l’ascenseur

Les époux THIERRY, heureux d'avoir un appartement lumineux avec ascenseur, félicités par le Maire d'Angers
Les époux THIERRY, heureux d'avoir un appartement lumineux avec ascenseur, félicités par le Maire d'Angers
« J’avais peur que notre réalisation soit en rupture avec les anciens collectifs des années 60 réhabilités », poursuit l’architecte. « Les grands espaces verts mis en place entre les différentes constructions contribuent à l’harmonisation architecturale. »

Quant aux habitants, ils sont plutôt ravis d’avoir obtenu un logement dans ces nouveaux ensembles, même si les abords ne sont pas tout à fait terminés. « Nous habitions le quartier depuis 47 ans au quatrième étage d’un bâtiment sans ascenseur », explique M. et Mme THIERRY, respectivement 83 et 84 ans. « Nous avons emménagé le 18 Juin (une date historique). Ce nouveau logement est un peu plus petit (ils sont passé du T4 au T3), nous avons moins de placards, une grande terrasse et surtout un ascenseur. Nous avons vu le quartier changer et ce nouvel appartement est plus lumineux que le précédent ».

La ville d’Angers a engagé un programme ambitieux de rénovation urbaine sur 5 quartiers, dans le cadre d’un programme ANRU ( Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) pour un montant de 386 millions d’Euros. La Ville d’Angers participe à hauteur de 20%, l’ANRU pour 18% et la Région des Pays de la Loire pour 4%. Le reste est financé par des emprunts et les fonds propres des bailleurs sociaux. Le Grand Pigeon représente le quart du budget du programme de rénovation urbaine angevin.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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