Dans la cuisine du "Portrait d'Esther"


Rédigé par - Angers, le Lundi 8 Février 2016 à 08:00


Alors que les trois premiers épisodes de la BD numérique "Le Portrait d'Esther" -qui revient sur l'histoire des œuvres d'arts spoliés par les nazis durant la Seconde guerre mondiale- sont disponibles sur internet, le musée des Beaux-Arts d'Angers présente jusqu'au 17 avril une exposition présentant notamment les planches originales de la BD. Retour sur les voltes artistique et technique de l'aventure



Le Portrait d'Esther, épisode 1, p.25. Crédit Pierre Jeanneau
Le Portrait d'Esther, épisode 1, p.25. Crédit Pierre Jeanneau
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« Ces tableaux ont été spoliés, nous cherchons leur propriétaire ».
Au Musée des Beaux-Arts d’Angers, dans la salle des primitifs, l’exergue figure en bonne place au-dessus des œuvres MNR (pour Musées Nationaux Récupération), ces œuvres spoliées par les nazis durant la Seconde guerre mondiale et non rendues à leur propriétaire (sur les 60 000 œuvres spoliées, 45 000 ont été restituées dans l’immédiate après-guerre ; 2 000 restent aujourd’hui répartis dans les musées de France).

On pourrait revenir longuement sur l’immobilisme du monde politique ou consacrer un livre noir à l’histoire de nombre de musées de France en la matière, peu enclins à faire la publicité sur l’origine de certaines œuvres de leur collection ; mais le temps est à l’histoire positive.
Et celle écrite par les musées d’Angers depuis plusieurs années l’est particulièrement. La dernière illustration en date est sans nul doute la plus ambitieuse. Au cœur de la salle des Primitifs, des planches en noir et blanc, dessinées à la plume, occupent l’espace. Ce sont les originaux de la BD numérique « Le Portrait d’Esther », diffusée depuis la mi-janvier sur la toile.
« Ce qui est très intéressant dans ce projet, c’est qu’il s’agit d’une médiation culturelle qui est aussi une proposition artistique forte » Emmanuel Rouillier

Le Portrait d'Esther, épisode 2. Crédit Pierre Jeanneau.
Le Portrait d'Esther, épisode 2. Crédit Pierre Jeanneau.
​Le résultat d’un travail collectif de longue haleine, entre le service de médiation culturelle des Musées d’Angers, des collégiens et lycéens d’établissements locaux, un scénariste (Romain Bonnin), des partenaires « numériques » (agence Mosquito, le cluster Nova Child et la plateforme régionale d’innovation iDEV), et un dessinateur, Pierre Jeanneau.
« Héritier assumé à 300 % de (l’auteur angevin NDLR) Marc-Antoine Mathieu, de la maison d’édition L’Association, ou du mouvement OuBaPo (Ouvroir de bande dessinée potentielle) », l’auteur désormais nantais offre toute sa singularité à l’histoire dans l’Histoire d’Iris et de sa grand-mère Esther. « Ce qui est très intéressant dans ce projet, c’est qu’il s’agit d’une médiation culturelle qui est aussi une proposition artistique forte », résume Emmanuel Rouillier, de l’agence Mosquito, qui s’est occupé de la recherche et du développement autour de l’aspect numérique.

Une proposition artistique qui s’est déroulée en deux temps. « Il y a eu d’abord l’approche globale du sujet, avec le ton qui était attendu sur le projet. C’est le temps d’un travail de recherche de lieux, d’illustration, qui ont évolué au fur et à mesure », explique Pierre Jeanneau.
Lui n’a pas participé à la « cuisine interne » du scénario, l’affaire du scénariste Romain Bonnin, de Julie Guillemant, pour les Musées d’Angers, et des imposantes cautions scientifiques du projet. « Je suis revenu une fois le scénario ficelé, pour travailler sur le storyboard, des dessins très rapides qui correspondent vraiment à l’application du scénario en images. Cest le moment où l’on règle les questions de rythme, de cadrage… voit alors ce qui fonctionne ou pas. Il y a par exemple eu pas mal d’adaptation du scénario après la réalisation du storyboard », raconte Pierre Jeanneau, qui a découvert plus avant lors de ces dernier mois les potentialités de l’outil numérique.
« Le gros atout, sur la forme, c’est la diffusion. Sur le fond, c’est une autre manière d’écrire, par rythme plus que par composition d’ensemble. C’est assez stimulant »

« Le gros atout, sur la forme, c’est la diffusion. Sur le fond, c’est une autre manière d’écrire, par rythme plus que par composition d’ensemble. C’est assez stimulant ».
Une expérience « cohérente » au regard de son parcours artistique. « Mon travail est empreint, à la base, de pas mal de contraintes de lecture, notamment avec les éditions Polystyrène , qui font des livres objets », complète-t-il.
Bref, le bonhomme s’est nourri du projet comme le projet s’est nourri du bonhomme. Et le résultat collectif est à la hauteur du sujet.

La preuve sur la toile, avec la diffusion des trois premiers épisodes -les 4 et 5e seront disponibles le 24 février- et, jusqu'au 17 avril, dans les murs du musée des Beaux-Arts, où l'exposition sur le Portrait d'Esther présente plusieurs dizaines des quelque 500 planches réalisées par Pierre Jeanneau.

Le volet numérique

par Emmanuel Rouillier, de l'agence Mosquito : "Je cherchais depuis longtemps un sujet qui allait nous permettre de faire une production pour les adolescents avec un ton différent, décalé. La thématique des MNR, et plus largement de la Seconde guerre mondiale, calait bien, car elle se voit en fin de collège et terminale.
 
C'est une fiction interactive, numérique : on veut aller dans une histoire qui va être très sensible, avec l’idée d'un roman graphique, une œuvre d’auteur, artistique.
Techniquement, nous avons créer une boîte à outils spécifique. Sur internet, on utilise le content managment system (CMS), pour créer des sites internet. On a donc utilisé ce moteur standard, fait pour gérer des pages de texte, pour fabriquer une interface BD pour qu’on puisse la regarder sur son ordinateur et sur son smartphone. L'idée est celle d'un outil qui va porter une narration numérique et qui va se construire facilement ; et donc fonctionner en drag and drop.

J’installe mon site, je crée mon chapitre, dans lequel je crée une case, puis une seconde, reliée avec la première. Ensuite, je construis les cases d’autant de couches que je veux. C’est un principe de calque. Et chacun de ces calques peut être timé ou animé, avec tout une série de réglages traditionnels issus de l’animation. Il faut en fait trouver un équilibre pour rester dans le roman graphique, et pas le dessin animé.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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