Dans la jungle (urbaine) ... paisible jungle


Rédigé par Christophe CADIOU - Angers, le Mercredi 26 Janvier 2011 à 10:48


Avec sa soirée "URBAN JUNGLE 2", organisée samedi dernier au Chabada à Angers, l'association Kapsule voulait plonger les spectateurs dans une ambiance végétale mais citadine, le temps de quelques heures. Pari à moitié réussi.



Dans la jungle (urbaine) ... paisible jungle
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Pour sa seconde édition, "URBAN JUNGLE avait lieu dans les locaux du CHABADA, la salle locale de musiques actuelles gérée par l'ADRAMA (Association de Développement du Rock et Autres Musiques Amplifiées), située Boulevard du Doyenné à Angers. Celles et ceux qui ne connaissent pas encore les lieux seront ravis d'apprendre qu'il existe deux salles à l'intérieur du complexe musical : la salle principale et ce que les initiés appellent affectueusement "le Club", où se situent une plus petite scène, le bar, le vestiaire, les toilettes.

Grâce aux efforts de l'association KAPSULE et au soutien matériel des services municipaux, de très nombreuses plantes garnissaient tout le devant d'un rideau rouge sur la scène du Club, ainsi que la partie avant de la scène de la grande salle, ce qui enthousiasmait les DJs ayant découvert le dispositif dès les répétitions l'après-midi.

L'alternance des plantes et de panneaux de signalisation, siglés aux noms de chacun des artistes, aurait pu se poursuire jusque dans la grande salle, comme confiaient Sylvain, 20 ans, d'Angers : "J'aurais adoré voir des lianes tomber du plafond, et pourquoi pas des plantes grimpantes sur les murs ? Mais c'est déjà énorme le travail qu'ils ont fait dans le timing qu'ils avaient !" ou Sophie, 22 ans, venue exprès de Rennes avec des amis de Saint-Malo : "Cette verdure, c'est un peu la ville à la campagne, ou l'inverse. Ca change quand même du Chabada de d'habitude."

Pour ce qui est de l'ambiance, le public composé de néophytes, de professionnels et même de "légendes" du spectacle vivant, de l'événementiel et du secteur culturel, mais principalement d'habitués de scènes en pleins champs ou festivals réguliers, a pu voir une palette riche de talents.

Sept heures de musique non stop

Dans la jungle (urbaine) ... paisible jungle
Sur le plan musical, entre les têtes d'affiches et les artistes locaux, ce ne sont pas moins de sept heures de show ininterrompu qui étaient proposées ! Il y en avait donc pour tous les goûts. Encore fallait-il être là à la bonne heure pour tout apprécier à sa juste valeur. En effet, Jacques, 42 ans, de Nantes, avouait être arrivé tard et ne pas trouver son compte.

Il faut donc noter que comme souvent, le premier à se présenter sur scène est un peu sacrifié sur l'autel de l'horaire, et du chauffage d'ambiance. Ce samedi soir, c'est Lisa MOON qui jouait son set devant un nombre très, trop faible de personnes. Heureusement pour le plaisir de tous, elle put faire un deuxième passage sur scène vers minuit, minuit et demi.

C'est donc avec toute la grâce et la prestance qu'on lui connaît qu'elle faisait évoluer ses platines ainsi que les contrôleurs et autres potards de la table de mixage. Psiko, du collectif RADIATION, imposait ensuite un style plus direct, plus ancré dans les basses dès les premières minutes, un style décrit comme "électroclash/breakbeat".

Quant à Piktogram, du label Angevin TOBOGGAN RECORDS, c'est un live plus lent, plus calme qu'il offrait aux spectateurs alors déjà plus nombreux qu'au début de soirée. Julie, la trentaine, d'Avrillé : "Je suis fan de ce qu'il fait depuis le début, j'essaie d'aller à chacune des soirées où il joue. Je suis un peu déçue car l'ambiance aurait été plus crescendo si son set avait été placé avant. Il aurait été mieux placé avant."

Vers une heure et jusqu'à la fin de la soirée, c'étaient en permanence quatre à cinq cents danseurs qui se pressaient devant la scène de la grande salle ou dans les gradins. Ce qui profita à Adam F, Laodstar et DJ Panik qui conclurent la soirée durant les trois dernières heures, dans un mélange de mélodies pop/rock, ragga/reggaeton et de rythmes électroniques aux basses parfois assommantes et hypnotiques.

Le charme fonctionna aussi grandement de par la présence régulière de MC Youthstar (un MC est un maître de cérémonie, ndlr) qui sut créer un vrai lien de complicité avec le public : beaucoup de mains levées, de têtes secouées en rythme avec le tempo, de cris et sifflets d'encouragement, et même quelques "slams" (ici, un "slam" consiste à se faire porter par sur quelques mètres par les rangées de spectateurs).

Mais ça ne convenait pas à tous. Vieux briscard à qui on le fait plus depuis longtemps, le même Jacques, d'Angers, déplorait "cette nouvelle mode d'utiliser à tout-va un MC. Avec un bon "toaster", c'est sûr que c'est facile de faire jumper la foule." (un "toaster" est donc une femme ou, en l'occurrence ici, un homme qui harangue, interpelle la foule pour la faire réagir sous différentes formes comme le saut en l'air à la manière d'un toast de pain grillé, ndlr).

Le royaume des plasticiens

Dans la jungle (urbaine) ... paisible jungle
Sur le plan visuel, la partie "club" du Chabada a accueilli toute la soirée une dizaine de jongleurs de balles, cerceaux, massues, tandis qu'un écran géant diffusait sur la grande scène, derrière les DJs, un véritable spectacle permanent basé sur des images d'architecture urbaine, de portraits individuels ou de groupes, de signes ésotériques en tout genre, de bâtiments patrimoniaux ou de vortex et autres ambiances spectrales, réalisé par l'artiste vidéo-plasticien VJ Henri.

Celle qui s'est faite connaître sous le pseudonyme de Mistypaint était accompagnée de son amie Clém. A elles deux, elles ont permis à une petite quinzaine de participantes et participants de cette soirée de s'immerger encore plus dans le style jungle, grâce à un maquillage du visage révélant leur côté bestial et animal, comme partageait l'une d'entre elles : "J'ai adoré qu'on prenne le temps de s'occuper de moi. Je leur ai fait totalement confiance et je repars maquillée en tigresse. Génial. Mais, si j'avais su qu'il y avait ce stand, je me serais habillée en conséquence !"

Spécialité de KAPSULE lors de ses différents événements passés, un stand de prévention, à l'entrée ou à la sortie, comme on veut, mettait à disposition différents documents d'information ainsi que des supports multiples sur les risques auditifs, ou bien encore du matériel de type gels lubrifiants et préservatifs ou éthylotests. Peut-être aurait-il fallu que des membres de l'association puisse être physiquement présents sur le stand afin de répondre aux questions sur la composition du gel, ou bien afin de mieux répartir la gestion d'éthylotests pour que les derniers chauffeurs puissent aussi tester leur niveau alcoolisé.

Une partie de l'équipe administrative du Chabada, présente ce samedi soir, a pu constater de visu le sérieux de l'organisation de cette soirée URBAN JUNGLE. A ne pas douter que cela les aura rassurés et aidera à confirmer une deuxième édition dans ces mêmes locaux ... à condition que les horaires de fermeture de la salle évoluent.

Pour garder un souvenir de cette soirée et soutenir l'association, KAPSULE a édité des T-shirts spéciaux. Toutes les tailles sont encore en stock à ce jour, ce qui ne devrait pas durer longtemps.












Angers Mag