Dark Shadows, un film qui a du mordant !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Samedi 26 Mai 2012 à 10:08


En 1752, une famille atteinte d’une terrible malédiction décide de partir pour l’Amérique et s’installe dans une petite ville portuaire. Deux décennies plus tard, elle prend le pouvoir sur Collinsport (dans le Maine) et Barnabas, fils prodige de la famille et grand séducteur, en est à la tête. Jusqu’au jour où il brise le cœur d’Angélique, une sorcière qui le transformera en vampire et l’enterrera vivant. Mais sa tombe sera rouverte, le libérant… en 1972 !



Angélique (Eva Green) enferme pour la deuxième fois Barnabas (Johnny Depp).
Angélique (Eva Green) enferme pour la deuxième fois Barnabas (Johnny Depp).
la rédaction vous conseille
Après avoir tué sa femme par jalousie, l’avoir empêché de se suicider en le transformant en vampire, et en l’enterrant vivant, Angélique (la sorcière) ne pensait pas revoir ce Barnabas de si tôt ! Quelle surprise pour ce vampire du XVIIIème siècle de débarquer en plein flower power des années 70 ! Anéanti deux siècles auparavant, c’est maintenant qu’il refait surface pour affronter la femme qui l’a fait tant souffrir. Redécouvrant son manoir en charpie et son ancienne ville à présent sous le pouvoir d’Angélique, Barnabas se jure de faire tout son possible pour rétablir la situation. La tâche semble facile avec ce vampire au sens des affaires aiguisé… et aux talents d’hypnose ! Mais Angélique a plus d’un tour dans son sac et va tout faire pour empêcher la famille Collins de reprendre le dessus, en partie grâce à sa popularité. Car c’est de cette manière qu’elle l’avait fait enterrer, en rassemblant tous les villageois autour d’elle et contre lui. Néanmoins cette fois-ci, la sorcière devra faire face à un « revenant » qui ne la laissera pas ensorceler et tuer la femme qu’il aimait jadis et qui semble s’être réincarnée en la nouvelle jeune fille au pair du manoir.

Deux ans après la sortie d’ "Alice Au Pays Des Merveilles", Tim Burton nous présente ici "Dark Shadows", sur fond de sorcellerie, d’histoire d’amour et de vengeance. Ce géant du cinéma reprend ici l’idée originale d’un vieux feuilleton de genre gothique du même nom dont la Warner a récemment acquis les droits. Une nouvelle fois on se retrouve dans le traditionnel univers « burtonien », sombre mais attirant, inquiétant mais plein d’humour. Des contrastes dont le réalisateur sait jouer avec brio, ayant lui seul le secret de ces associations magiques qui happent le spectateur dans son monde. Sans difficulté, Burton ouvre cette fois les portes sur un bestiaire peu original (vampire, sorcière mais aussi loup garou et fantôme) auquel il a pourtant su redonner quelque peu d’éclat : les implanter dans une époque qui n’est pas la leur, où l’on ne croit plus en l’existence de ces monstres. Le film en tire une grande source d’humour, l’histoire est jalonnée de gags sur l’insertion de Barnabas dans cette époque en pleine évolution (frayeurs face aux voitures, aux enseignes de fastfood…). Une manière également pour le réalisateur de se rappeler cette époque et de souligner une légère nostalgie en s’en moquant gentiment, comme la rencontre avec plusieurs hippies utopistes, stéréotypes de ces années 70.

Toujours avec ses deux acteurs favoris, Johnny Depp et Helena Bonham Carter, le casting comprenant également d’autres acteurs connus comme Eva Green caractérise bien le tournant que semble prendre Tim Burton depuis "Alice Aux Pays Des Merveilles". Au grand regret des puristes, les effets spéciaux semblent dorénavant primer sur la poésie sobre de ses premiers films : les plans sont parfaitement maîtrisés, les décors très réalistes (effort par rapport au précédant métrage où le fond vert était utilisé à outrance), les costumes cohérents. On peut remarquer que malgré tous ces bons ingrédients réunis, c’est un film marqué par des lenteurs, ne nous emportant pas comme nous l’aurions espéré. Certaines scènes stylisées redonnent du rythme comme cette scène d’amour entre Barnabas et Angélique où les plans audacieux s’enchainent sans trêve. Le principal défaut du film est sans doute son scénario trop chargé obligeant certains passages à n’être qu’effleurés, certaines histoires placées au rang de détails.

La musique du film est cependant un sans faute, confiée à son ami de longue date Danny Elfman, elle donne le la à l’ambiance générale. Des morceaux d’époques ont également été sélectionnés, ceux de The Carpenters et d’Alice Cooper, recréant parfaitement le climat de ces années 70 baignées dans le rock. Ce dernier chanteur fera même une apparition dans le film, sur scène. En dehors des habitudes de Burton, ce clin d’œil ne manquera pourtant pas de faire son effet auprès de sa génération.

Après avoir parfois déçu avec "Alice Au Pays Des Merveilles", Tim Burton ne semble pas aussi bien se rattraper qu’espéré. S’il est facile d’être exigeant avec un aussi grand réalisateur, il ne sera néanmoins pas difficile d’affirmer qu’il ne signe pas là l’un de ses plus beaux films. Mais Burton is Burton et "Dark Shadows" réussit donc tout de même à emballer le public. C’est là un très bon film qui a sa place parmi la longue filmographie du réalisateur et l’une des sorties 2012 à ne pas rater ! Quant aux inconditionnels, attendre fin octobre la sortie de sa prochaine animation "Frankenweenie" !

Pierre.












Angers Mag