Date limite : La route sera longue


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Mercredi 24 Novembre 2010 à 18:15


Pour la première fois de sa vie, Peter Highman, architecte, va devenir papa. Rien ne pourrait altérer son bonheur. Mais lorsqu’il se dépêche pour prendre l’avion afin d’être au côté de son épouse pour la naissance de leur enfant, il se retrouve interdit de vol à cause d’un malentendu. Le destin va alors mettre sur sa route Ethan Tremblay, acteur rêvant de gloire. Ce film déjanté nous plonge dans une importante réflexion sur la patience de l’homme et ses limites.



Peter Highman (Robert Downey Jr), son “ami” Ethan Tremblay (Zach Galifianakis) et le chien Sonny
Peter Highman (Robert Downey Jr), son “ami” Ethan Tremblay (Zach Galifianakis) et le chien Sonny
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Alors qu’il s’apprête à prendre l’avion pour retrouver sa femme enceinte, dont l’arrivée du bébé est prévue cinq jour plus tard, Peter Highman, architecte au comportement très vif, se retrouve interdit d’avion à la suite d’un échange de valise avec un passager. Ayant perdu toutes ses affaires ainsi que ses papiers, carte de crédit, permis de conduire, bref, tout ce qu’il faut pour voyager, il fait la rencontre d’Ethan Trembley, comédien raté en quête de gloire, qui ayant une voiture de location, lui propose de faire le voyage avec lui. L’espoir renait chez ce futur papa qui pense bien arriver à temps pour la naissance de son fils.

Le problème, c’est que le voyage va se révéler bien plus pénible que Peter n’aurait pu l’imaginer. Ethan, en plus d’être un drogué notoire, se trouve être aussi un irresponsable dont la bêtise, qui n’a d’égale que sa gentillesse, va leur faire vivre des situations inimaginables et extrêmement dangereuses. Peter va devoir ravaler de nombreuses fois sa fierté, ainsi que faire preuve d’une patience à toute épreuve pour arriver à temps à l’accouchement de sa femme.

Le réalisateur Todd Phillips nous plonge dans un univers déjanté qui, n’est pas sans rappeler « Very Bad Trip », mais qui nous fait l’agréable surprise d’une histoire pleine de rebondissements. Il fait ressortir une amitié sincère entre deux personnages de milieu social, de classe et de cultures différentes qui, dans un but commun, se supportent pour finir par s’apprécier.

Soyons franc, sur le plan esthétique du cadre et de l’image, le film est loin d’être un chef d’œuvre. L’originalité des cadrages, des travellings, des panoramiques ou même des lieux de tournages, n’est pas extraordinaire (excepté le Grand Canyon qui, filmé de façon à ne pas tout voir, comme si l’on était présent au-dessus des acteurs en étant par ailleurs fixé sur eux, nous fait vraiment vivre la scène).

Ce qui est en revanche intéressant à regarder, c’est les rapports entre les personnages, leur but et ce qui s’oppose à eux, en constante évolution, à chaque moment du film.
A première vue le schéma est classique : Peter veut aller retrouver sa femme et Ethan l’en empêche. Pourtant si l’on va chercher un peu plus loin, on se rend compte qu’Ethan n’est pas l’opposant de Peter, mais bien son allié, il l’aide à faire en sorte qu’il rejoigne sa femme.
Quand je dis que le schéma change à chaque instant, il y a une cause à cela. L’univers, tellement « instable », permet à la situation de s’inverser d’un seul coup : Peter est sur le point de frapper Ethan, lorsqu’une action vient perturber cette haine et la transformer en tendresse, tendresse qui va de nouveau se retransformer en haine encore plus violente quelques secondes plus tard. Cette instabilité est le support de toute l’histoire.

Mais la réussite réside en majeure partie dans la manière qu’a le réalisateur de mettre en scène la dramatisation de la situation initiale. Cette concentration d’événements absolument incroyables, eux-mêmes intensifiés par des situations extrêmes, nous permet de voir l’évolution de la situation et de nous rendre compte à chaque nouvel évènement que c’est encore pire que la fois précédente. On laisse les émotions nous envahir et nous contrôler, ce sont d’ailleurs ces excès de colère qui donnent le charme du film puisque ce sont eux qui vont en conséquence faire vivre aux personnages des situations dantesques.

Un casting de choc, pour une comédie décalée : Todd Phillips nous amène encore une fois dans un univers où il n’y a ni barrière éthique, ni retenue, « Date limite » se présente à nous comme étant l’annonciateur d’un torrent de rires. Parfois émouvant, tout le temps drôle, le film est une vraie mine d’or dont on ne se lasse pas.

A voir absolument.

Rémi












Angers Mag